‹ L'EuropeChapitre 48 sur 93 · I II · texte numérisé non relu

I II

contre les Maures sur la côte occidentale de la Péninsule, et conquit sur les deux rives du Douro un territoire que le roi de Castille, Alphonse VI, érigea en comté (1095). Ce petit état, nommé Portugal , du nom de sa capitale Porto, longtemps appelée Portus Calle, fut érigé en royaume quelques années plus tard, lorsqu’ Alphonse, fils d’Henri, ayant vaincu les Maures à Ourique, fut proclamé roi par ses soldats sur le champ de bataille (1139). En 1147, Lisbonne fut conquise sur les Maures ; la conquête des Algarves (1249-1253) porta jusqu’à la mer la frontière du Portugal et lui donna à peu près ses limites actuelles. Le Portugal se tourna alors vers les découvertes maritimes et acquit un vaste empire aux Indes et dans l’Amérique méridionale, au Brésil. Pendant soixante ans (1580-1040), le Portugal fut soumis à l'Espagne ; mais, à la faveur de la guerre de Trente ans, la maison de Bragance remonta sur le trône. Chassée par les Français (1807), elle alla régner pendant quelques années au Brésil. Son retour fut signalé par des troubles, et, en 1820, le roi, abandonnant le Portugal à sa fille, se contenta du Brésil, qui forme, depuis ce temps, un empire séparé. Avant de partir, il octroj'a au Portugal une charte qui, objet de longues discordes, a été révisée, en 1852, et est aujourd’hui la loi fondamentale du royaume.

Les divisions politiques. — Le royaume de Portugal, capitale Lisbonne, comprend 8 provinces , subdivisées en 21 districts. Ces provinces sont :

Minho, cap. Braga (3 dist. : Viana, Braga, Porto) ;

Tr as-os- Montés, cap. Bragance (2 d. : Bragance, Villaréal) ;

Beira , cap. Coïmbre (5 dist. : Aveiro, Coïmbre, Viseu, Guarda, Castello-Branco) ;

Estramadure, cap. Lisbonne (3 dist.: Leiria, Santarem, Lisbonne)

Alemtcjo , cap. Evora (3 dist. : Portalègre, Evora, Béja);

Algarves, cap. Faro (2 dist. : Faro, Tavira) ;

Iles Açores , cap. Angra (3 dist. : Angra, Horta, Ponta- Delgado) ;

Iles de Madère , cap. Funchal.

Le Portugal possède des colonies : 1° en Afrique, les îles du Cap-Vert (dont 7 sur 14 sont habitées); les îles Bissagos, etc. ; en Sénégambie, les îles Saint-Thomas et du Prince ; sur la côte de Guinée, Angola, le Benguela et dépendances ; Mozambique et dépendances ;

2° En Asie et Océanie, Goa, etc., dans les Indes; Macao, en Chine ; quelques îles de l’Archipel indien.

(Voir la carte n° 21.)

239. Les régions agricoles. — Le Portugal se divise en quatre régions agricoles :

1° La région montagneuse ou terrasse portugaise , qui confine au plateau castillan, et s’étend sur \e,Tras-os-Montès et le Beira oriental , de la Tameja, affluent du Douro, jusqu’au delà du Tage : les pâturages y dominent ; mais les vignobles couvrent les coteaux, et, dans le fond des vallées, on cultive Y olivier , le seigle et le maïs.

2° La région du nord, du Minho au Mondégo, sablonneuse et stérile au bord de la mer, est traversée de montagnes couvertes de châtaigniers et dont les pentes (rive gauche du Douro et du Mondégo) portent la vigne ; entre ces montagnes, des plaines fertiles bien cultivées donnent en abondance les céréales, surtout le maïs , la pomme de terre, les haricots, etc., et nourrissent un beau bétail ; les exploitations appartiennent pour la plupart à la petite culture.

3° La région du centre comprend Y Estramadure , également sablonneuse sur la plus grande partie du littoral, coupée de montagnes calcaires, âpres et sauvages (Sierra d’Estrella, etc.), et de sables ferrugineux. Par suite elle est peu cultivée, et présente au S. du Tage de vastes

landes, mais elle possède dans les alluvions du fleuve de bonnes terres, qui donnent en abondance non-seulement le riz, culture malsaine, mais le maïs, le blc et les fruits.

4° La région nu sud, chaude et scche, comprend deux provinces : V Alcmtéjo, tantôt sablonneux, tantôt hérissé de roches ferrugineuses et improductives, fertile seulement sur quelques points généralement accidentés , comme les environs d’Evoraet dePortalègre, où le terrain devient argilo-siliceux, mais occupé en général par des landes immenses couvertes de cistes et d’asphodèles ; VA lgarve , plateau en partie calcaire, élevé de 200 mètres en moyenne au-dessus du niveau de la mer, et où l’on voit de belles forcis de chênes et des champs de froment .

240. Les produits végétaux. — La ‘production totale des céréales , fort médiocre, relativement à la population et à l’étendue du pays, peut être évaluée à 11 millions d’ hectolitres (1), dont près de 5 millions pour le maïs, cultivé surtout dans la région du nord; de 3 millions pour le froment , cultivé dans le centre (blé tendre) et surtout dans le sud (blé dur); plus de 2 millions pour le seigle, cultivé dans le nord et dans la région montagneuse; le reste pour l’orge (centre et sud), l’avoine (sud) et le riz (centre).

La pomme de terre, l’oignon, le lupin, la châtaigne contribuent à l’alimentation publique.

Les arbres fruitiers ont plus d'importance au point de vue du commerce extérieur. Ce sont : l’ oranger , cultivé surtout dans les environs de Lisbonne et de Sétubal, dans Y Algarve et donnant, année moyenne. plus de 500 millions de fruits ; le citronnier ; V olivier de Saniarem, etc., donnant environ 200,000 hectolitres d’huile médiocre ; le liguier de r Algarve, l’amandier, le noyer.

1. Les chiffres de la statistique portugaise ne fournissent que des approximations vagues.

Les forêts s’occupent guère plus de 20,000 hectares. La plus importante est celle de Leiria, forêt de pins créée sur une lande autrefois stérile ; dans le nord dominent 1 o pin maritime et le pin pignon ; dans le sud, le chêne , favorable à l’élevage des porcs, et particulièrement le chêne-liège .

241. La vigne. — La vigne est au premier rang parmi les produits du sol, et le vin est la principale richesse du pays. La récolte, très-variable, dépasse 3 millions et demi d’ hectolitres', elle se compose de vins ordinaires, que produisent toutes les provinces, et qui sont généralement consommés dans le pays, et de vins lins dont la majeure partie est exportée. Les principaux centres de production sont :

La province de Minho , qui cultive la vigne mariée à l'olivier sur la lisière des champs, et récolte des vins ordinaires ;

La région du haut Douro et de scs affluents s’étend dans le Tras-os-Montès et le Beira oriental, sur les pentes des montagnes schisteuses qui bordent les étroites vallées du pays (communes d’Alijo, de Régna, de Sabrosa, de Villa-Réal, de Murça, etc.), et produisent les vins lins connus sous le nom de vins de Porto, qui est le centre • de l’exportation ; tout le district de Bragance fournit beaucoup de vins , assez semblables à ceux du Douro ;

Le bas Beira et l’Estramadure donnent d’assez bons vins, vins blancs et vins légers, pour la consommation intérieure et quelque peu pour l’exportation, surtout dans le canton de la Bairrada , entre Coïmbre et Aveiro; dans le district de Santarem, sur les bords du T âge (Gartaxo, etc.); dans les environs de Torrès-Vedras, de Golarès, et de Lisbonne, dans le Lavradio, aux environs de Setubal renommé pour ses muscats.

L’Alemlejo possède les vins d’Évora, et ceux des coteaux

qui s’étendent vers Extremoz, Borba et Yillaviçosa, etc.; VAlgarve , ceux de Tavira, etc.;

Madère produit, quoiqu’en moindre quantité qu’autrefois, un vin de liqueur des plus renommés.

242. Les produits animaux. — Le Portugal n’est pas riche en bétail , surtout en bêtes de somme (130,000 ânes, 40,000 mulets, 75,000 chevaux) ; mais la race des chevaux d’Alter, dans l’Alemtéjo, est estimée. Un demimillion de bœufs , dont la moitié à peu près dans la seule région du nord (race de Barroza et race d’Arrouqueza) servent surtout au labourage et aux charrois. On compte enfin 2 millions et demi de moutons dont plus de la moitié dans la région montagneuse et dans le sud, et dont la laine, blanche ou noire, est de qualité médiocre; plus d’un million de chèvres et près d’un million de porcs.

L’éducation des vers à soie qui était 'en pleine dé cadence, reprend une certaine activité, surtout dans le voisinage de Porto.

243. Les produits minéraux. — Le Portugal est également pauvre en produits minéraux. Cependant, les matériaux de construction abonderaient s’ils étaient bien exploités. Citons, entre autres, le granit gris et rose de la province de Minho ; Y ardoise de Yallongo, près Porto ; le calcaire siliceux de Condeixa, propre à faire des meules; le grès rouge et la pierre de taille de la prov. de Coïmbre; les marbres de Figuiera, de Cintra, d’Arribida (connu sous le nom de brèche de Portugal) , d’Extremoz etMontes- Glaros, etc.; le kaolin de Feira; Yargile réfractaire du district de Leiria ; la chaux phosphatée de Portalôgre ; la terre de Bucaros, près d’Extremoz, propre à la fabrication des alcarazas, etc. 11 faut citer aussi la pouzzolane des Açores.

Le Portugal possède peu de houille (mines de San Pedro da Cova, du cap Mondégo, de Chao Preto au sud de Leiria), et l’exploitation est très-bornée. Il possède des

minerais de fer dans toutes ses provinces, principalement

aux environs d ’Evora, d’Elvas, de Leiria ; du 'minerai de cuivre pyrites de cuivre et de fer) en abondance dans YAlemtéjo , au milieu des terrains granitiques et porphyriques du district d’Évora (mines de Peccena, de Sobral, d’Alcala, etc.), au milieu des schistes cristallins voisins d’Extremoz et d’Alandroal, et des terrains paléozoïques (mine de San Domingo, etc.), et dans le district d’Aveiro au milieu des schistes cristallins (mines de Palhac, etc.); du minerai de plomb à Varsea, dans le district d ’Aveiro (mines de Garvathal, de JBraçal, etc.); de l’antimoine a Yallongo, un peu d’étain à Robordosa ; du manganèse dans le sud-est de l’Alemtéjo.

L’exploitation de beaucoup de mines, commencée dans l’antiquité, a été reprise dans le cours de ces vingt der-

nié res années.

Le sel du Portugal est de qualité supérieure, surtout celui des salines de Sétubal , très -recherche pour saler les morues, celui d’Aveiro, de Figuiera, de Tavira, etc.; il fournit environ 3 millions et demi d’hectolitres par an.

Les eaux minérales sulfureuses de Galdas da Reinlia, dans PEstramadure, sont les jhus renommées.

244. Les produits manufacturés. — L’industrie, malgré l’activité déployée depuis quelques années, n’a encore que très-peu de développement.

On compte, près des lieux de production, 12 fonderies de métaux, à Porto , à Lisbonne , etc.; 4 manufactures de liège, 6 fabriques de chandelles, 4 tanneries (Béja, etc.); des fabriques de produits chimiques à Lisbonne, etc.

On fait et on exporte, surtout dans la région du nord , des fromages de brebis et de chèvre.

On tisse le coton dans les districts de Lisbonne , de Porto, d’Aveiro, etc.; le chanvre et la laine peignée dans le district de Coïmbre, etc.; la laine cardée à Portalègre, Guarda, Lisbonne, etc.; la soie à Lisbonne. On fabrique,

308 l’euiiope.

à Péniche el à Yianna do Castello, de la dentelle commune; à Lisbonne, de la bonneterie ; à Lisbonne, à Porto, des chapeaux et des chaussures.

Lisbonne fabrique delà faïence ; Yista-Alegre (district d’Aveiro), de la porcelaine ; Lciria, de la verrerie.

Les constructions navales ont une certaine activité à villa de Coude au N. de Porto, à Espozende et au Faro.

A ve ii'o, Penella, etc., fabriquent du papier ; Lisbonne imprime.

245. Les voies de communication. — Quoiqu’il soit lié au reste delà péninsule par une longue frontière de terre, le Portugal, bordé par des montagnes et des plateaux déserts, ne communique avec l’Espagne que par une seule grande route, celle de Badajoz àElvas , par où passe aujourd’hui le chemin de fer. Trois autres communications, moins fréquentées, existent entre Ciudad-Rodrigo et Almeïda, Braga et Saint-Jacques de Coin ] vos telle, Bragance et Zamora; aussi les relations avec l’Espagne ont-elles toujours eu peu d’importance.

Pour les communications intérieures, le Portugal n’a pas 3,000 kil. de routes (encore datent-elles de vingt ans au plus) ; il a 800 kilomètres de Chemins de fer reliant Lisbonne a lEspagne par Badajoz , et rayonnant au N. jusqu’à Porto par Coïmbre, au S. jusqu’à Evora et Béja.

246. Les monnaies et mesures. — La monnaie de compte est le reis, et les monnaies réelles le teston , monnaie d’appoint en argent, valant 100 reis ou 5 neuvièmes de franc, et la couronne , monnaie d’or valant 10,000 reis ou 55 fr. 55 cent. Les poids et mesures sont ceux du système métrique français.

247. Le commerce. — La navigation totale, entrée et sortie, représente un mouvement d’environ 2 millions et demi de tonnea ux ; l’effectif de la marine marchande du Portugal est inférieur à 100.000 tonneaux . Porto et Lisbonne sont les deux principaux ports.

Le commerce extérieur,- qui, comme celui de tous les pays de l’Europe, s’est beaucoup accru depuis vingt ans, atteint presque 300 millions de francs. Il consiste :

A l’importation, en coton, métaux , denrées coloniales, farineux, animaux, morues, dépouilles d’animaux, lainages, soieries, etc.

Et à V exportation, en vins, coton, minerai, fruits, liège, laine, huile, sel, etc.

248. Le commerce avec la France. — Dans le commerce du Portugal, le premier rang est à Y Angleterre, qui figure à elle seule pour plus de la moitié des échanges; le second au. Brésil. Le troisième est à la France qui -envoie des soieries, des lainages, des outils, de la mercerie, des modes, des .machines, etc., et qui achète des matières premières (graines oléagineuses, peaux brutes, etc.), des fruits secs, de l'huile, etc.

249. Le résumé des forces productives. — Le Portugal est un pays presque exclusivement agricole , dont la vigne, sur le haut Douro et dans YEstramadure , et les fruits, olives, oranges , etc., sont les principales productions au point de vue commercial ; dans le nord, la terre y est cultivée avec soin ; dans le centre et dans le sud, où les forets sont une des richesses principales, s’étendent de vastes espaces stériles. Porto et Lisbonne , qui sont les deux grands ports, sont aussi les seules villes où l’industrie ait une véritable activité.

250. Les grandes villes. — Le Portugal possède une ville de 90,000 cimes (Porto) et une ville de plus de

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