LE DANEMARK
Gascogne, de tourbières et de marécages et très-médiocrement productive, excepté sur les dunes de la côte et dans les prairies qui bordent les rivières ; mais sa partie orientale, coupée de bords, bien arrosée, semée de petits lacs, est formée d’un sol crayeux ou argileux, riche et bien cultivé.
2° Les îles, surtout Seeland et les îles du sud, sont très-fertiles : elles présentent généralement une surface
ondulée, formée de terrains d’alluvion en argile caillouteuse mêlée de blocs erratiques, ou enterres sablonneuses qui se prêtent bien à la culture ; dans Seeland apparaissent quelques collines crayeuses, dont la plus élevée (Moensklint) ne dépasse pas 130 mètres.
Plus du quart du territoire (1 million d’hectares) est occupé par la culture des céréales , dont le produit moyen, estimé à 30 millions d’hectolitres, est supérieur à la consommation des habitants : P avoine et l’orge occupent le premier rang, comme sous tous les climats septentrionaux ; le seigle est au second rang, et le froment, dont la culture d’ailleurs est en progrès, vient au quatrième (73,000 hectares). Laland est renommé pour son blé dur; la culture du sarrasin est peu importante.
Il faut ajouter, comme productions des terres arables, la pomme de terre et le lin, qu’on rencontre assez communément, ainsi que le colza, les navets, le houblon de Fionie, le tabac de Fredericia, les pois de Falster et de Laland.
Un million et demi d’hectares sont consacrés aux prairies naturelles ou artificielles.
Les forets, relativement peu nombreuses, formées de hêtres, et belles surtout dans File de Seeland, occupent environ 200,000 hectares. Les îles donnent des poires et des pommes estimées.
L’élevage du bétail, favorisé par l’humidité du climat, occupe une grande place dans l’agriculture danoise. On
compte environ 350,000 chevaux de la forte race du Jutîand, de la grande et belle race de Laland et Fionie, de la petite race de Seeland et de la race élégante de Roeskilde. Les 1,200,000 hôtes d cornes , appartiennent à la race de boucherie du Jutland ou à la race laitière d’Angeln, qui domine dans les îles. On compte enfin 1,900,000 moutons à laine commune et 380,000 porcs. Relativement à la population , le nombre clos hôtes à cornes est considérable.
La pêche des morues et des merluches dans les parages desFeroë et de l’Islande est importante.
358. L’industrie. — Le Danemark, grâce à la nature de son sol, ne peut pas être riche en minéraux : Bornholm seul offre un peu de houille ; mais on trouve presque partout la tourbe , combustible ordinaire des habitants.
Copenhague a des fonderies de fer ; elle fabrique des machines, de la quincaillerie , des articles pour la pêche, de la soude avec la cryolithe du Groenland, des bougies, etc. ; le Jutland prépare des cuirs.
Le fromage et surtout le beurre sont deux fabrications agricoles, qui doivent être florissantes dans un pays où le gros bétail abonde. Le Jutland a des jambons renommés; Copenhague a des raffiner ies de sucre, des brasseries ; la même ville et les districts ruraux possède de nombreuses distilleries.
Les industries textiles (laine, lin) y sont encore presqu3 toutes rurales ; cependant, il y a quelques fabriques de tissus de lin à Copenhague, à Vintersboelle ; de drap, à Copenhague, à Brede, à Usseroed, à Odense ; de tissus de coton à Copenhague ; on fait des cordages à Copenhague ; de la dentelle dans le district de Ribe ; de la bonneterie dans diverses campagnes ; des gants, dans le genre de ceux qui sont connus sous le nom de gants de Suède, à Randers et Odense ; des chapeaux à Copenhague, à Odense.
Les tuileries et les briqueteries sont forcément nombreuses dans un pays qui a peu de pierre de taille ; celles des environs d'Elseneur sont renommées.
Copenhague jouit d’une certaine réputation pour les meubles, la porcelaine (manufacture royale), l’horlogerie, les constructions navales.
359. Les voies de communication. — Composé d’une presqu’île et d’îles, le Danemark a ses principales communications par mer. Cependant il possède plus de 6,000 kilom. de routes (ou chemins cantonnaux); quelques canaux, entre autres celui qui rend le Lym- fiord navigable; et environ 700 kil. de chemins de fer: une ligne traverse le Jutland dans sa partie la plus fertile, d’Aarhuus à Aalborg, et rejoint la bouche orientale du Lym-fiord ; une autre, partant d'Allemagne, aboutit à Freclericia et, au moyen de deux tronçons qui traversent Fionie et Seeland, dessert Copenhague et Elseneur; et, par trois courtes traversées en bateau dont le total n’atteint pas 20 kilomètres (1), met en communication l’Europe centrale et la Suède.
Divers services de bateaux à vapeur relient Copenhague et quelques autres villes à la Scandinavie, à la Prusse et à l’Europe occidentale.
360. Les monnaies et mesures. — L’unité monétaire est le rigsdaler qui vaut 2 fr. 85 ; l’unité de poids, la livre ( pund ) de 500 grammes ; l’unité de longueur, le pied (fod) de 31 centimètres; l’unité de volume, le po t presque égal au litre (0 lit. 966), et le tonneau.
361. La marine. — La marine marchande est d’environ 180,000 tonneaux , et le mouvement général de la navigation dans les ports, entrée, sortie et cabotage compris, est d’environ 3 millions de tonneaux . Copen-
!. G50 mètres pour le petit Bel t, 10 kilomètres pour le grand Bell, et 3 kilomètres pour le Su ntl.
l’edrope.
hague , Aalborg , Elseneur, Aarhuus sont les ports principaux.
362. Le commerce. — Le commerce, qui est d’environ 200 millions de francs, consiste :
A Y importation, en sucre , houille, fer et autres métaux, sel, café, huile, riz, vins et spiritueux, tabac, tissus de coton et tissus de laine, bois, etc.
A Y exportation, en céréales et farines pour l’Angleterre, la Suède, l’Allemagne et l’Islande; en colza et tourteaux, en beurre, peaux pour l’Angleterre et l’Allemage ; en briques pour la Suède, etc.
Le Danemark ne fait que peu d’affaires avec ses deux possessions européennes: les îles Fèroë , dont les habitants élèvent des moutons, pêchent et chassent les oiseaux de passage; et l’Islande, où l’élevage des moutons, la pêche de la morue et la fabrication de l’huile de poisson sont les principales industries. Il en fait moins encore avec le Groenland, où les phoques et la cryolithe sont les seuls objets d’échange.
L e commerce du Danemark avec la France est peu important (2 millions 1/2 de francs environ) et consiste surtout en importations de vins et eaux-de-vie.
363. Les grandes villes. — Le Danemark n’a qu’une seule ville au-dessus de 100,000 âmes (voir le carton de la carte n° 30): c’est Copenhague, capitale du royaume, laquelle compte 170,000 habitants et fait à elle seule plus de la moitié du commerce danois. C’est aussi la ville des lettres, l’arsenal militaire et la seule place où l’industrie ait quelque activité. Elle est située sur le Sund, la grande route maritime entre la mer du Nord et la Baltique ; le * détroit qui sépare Seeland de la petite île d’Amager lui sert de port et est défendu par des ouvrages avancés : Copenhague est sur la côle de Seeland ; Frederikshaw, son faubourg, sur lacé Le d’Amager.