CHAPITRE VI
Lorsque la Convention résigna sa souveraineté, le 26 octobre 1795, tous les nœuds de 1 histoire de la Révolution étaient formés, toutes les voies de l'avenir tracées en Europe pour la République. Cet avenir, c'était la ^erre. La période très courte, et dans cette période les moments très fugitifs ou les peuples sont maîtres de leur destinée et la décident, étaient passés pour la République française. La Convention avait connu ces crises en 1792, lorsqu il s était agi de juger Louis XVI, et en 1795, lorsqu il s agit de fixer les limites de la République, Dans le premier cas, elle avait décidé que la République serait en guerre avec toute l'Europe, et, dans le second, que cette guerre ne s'arrêterait que le jour où l'Europe reconnaîtrait à la République la limite du Rhin.
J ai essayé de montrer comment ces avenues se sont ouvertes ; comment ces crises se sont résolues; en quoi les nécessités de l'existence nationale, la nature des choses en France et en Europe, les instincts héréditaires des Français, c est-à-dire les conditions permanentes de 1 histoire de France, ont poussé les hommes dans les voies où ils sont entrés ; en quoi les causes passagères ou fortuites les y ont entraînés, c'est-à-dire les passions, les calculs, les caractères, les préjugés, les svstèmes et la politique des révolutionnaires. Je voudrais, si je le puis, continuer cet ouvrage jusqu'à son terme, mais d'un pas plus large, par les sommets, car dorénavant, si tragique ou si gran-