‹ L'Europe et la révolution française (volume 4)Chapitre 33 sur 128 · PREMIÈRES CONFERENCES A BALE. — AN III · texte numérisé non relu

PREMIÈRES CONFERENCES A BALE. — AN III

ses co-États; d'ailleurs, le désir de la paix est si vif et si déclaré en Allemagne, qu'une guerre nationale ne pourrait être allumée contre la France. » Un autre membre ajouta : u La République ne s'opposera pas à ce que la Prusse et les princes d'Allemagne auxquels cette cession doit enlever des provinces ou des portions de territoire, cherchent les moyens de s'indemniser, soit aux dépens de la maison d'Autriche, soit par des sécularisations de biens ecclésiastiques : le traité de Westphalie en a déjà donné l'exemple, n Le Comité, ajouta-t-il, aurait même été disposé à offrir à la Prusse le Hanovre, pour prix d'une alliance * ; mais comme l'idée de l'alliance est écartée par le roi, le Comité retient ses largesses. Harnier se convainquit que, sur cet article du Rhin, ses interlocuteurs ne fléchiraient point; il prit alors ses précautions, u Je doute fort, dit-il, que mon gouvernement consente à renoncer à la rive gauche du Rhin ; mais ce qui est certain pour moi, c'est que la guerre serait inévitable si, en ce cas, une ample compensation n'était pas accordée à la Prusse. » Le Comité n'y contredit pas, et les deux parties arrivèrent, sinon à concilier leurs vues, du moins à les fixer.

Harnier prit acte, par écrit, des déclarations qui lui avaient été faites, et s'en alla les porter à Berlin. Le Comité rassembla ces mêmes déclarations, les développa et en fit le fond des instructions qui furent dressées pour BaiiJiélemy, discutées le 12 et le 15, et adoptées définitivement le 26 janvier. Ce travail parait avoir été exécuté par Reinhard, sous la direction de Cambacérès. Le contraste qui se marquera de plus en plus entre les apostrophes, 1 emphase, les métaphores des manifestes publics du Comité, et la précision directe, souvent brutale, de son stvle d'affaires, se signale dans ce document. Les manifestes étaient des compositions d'école, destinées au public, écrites en un langage convenu ; le style des dépêches était la langue naturelle des commissaires, le style de la raison d'État.

' C'est ce même Hanovre que Napoléon offrit et donna en 1805 et en 1806 pour pri\ de la niènic alliance, destinée aux mêmes effets : soumettre 1 Angleterre et subjuguer 1 Autriche.

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