‹ L'Europe et la révolution françaiseChapitre 27 sur 93 · LB COMITÉ DE DÉFENSE GÉNÉRALE. S · texte numérisé non relu

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plans sur la Hollande , d'obtenir les moyens de les accomplir, •nfin de déterminer la Convention à suspendre le procès de Louis XVI, « le hideux procès » , comme il le qualifiait. Il était humain : il avait vu Louis XYI de près. Cette immense infb^tune, si noblement portée, le touchait; il redoutait pour la France, pour la République, pour lui-même, les conséquences du procès ; enfin il avait du courage ^

Arrivé le 1*' janvier, il constata, dès le premier abord, qu'en le mêlant du procès du roi, il se perdrait lui-même sans sauver Louis XVI. Il ne s'occupa plus que du sort de la Belgique et des préparatifs de Texpédition de Hollande, deux affaires sur lesquelles désormais reposait tout son avenir. Il cherchait à Paris des partisans ou des complices, il y trouva à peine quelques amis. Venu pour observer et se faire voir, il fut contraint de se renfermer, à Clichy, dans une petite maison de campagne, ne recevant que ses intimes, composant des plans de campagne qu'il adressait à T Assemblée, avec des doléances sur Tabandon où on laissait son armée et des menaces de démission. On l'appela au Comité de défense générale et dans le Conseil exécutif; on Técouta, on approuva plusieurs de ses propositions, il ne domina nulle part. Il essaya de démontrer à Cambon le danger du décret de décembre ; il ne parvint qu*à se brouiller avec ce conventionnel.

U avait été suivi de près à Paris par Maulde, le ministre de la liépublique à la Haye. Maulde avait vu lord Auckland et revu le grand pensionnaire van Spiegel. L'un et Tautre avaient assuré qu'ils désiraient la paix, et qu'elle était possible si la France renonçait à s'incorporer la Belgique : autrement ce serait la guerre. Ces déclarations commandaient la réflexion au Conseil exécutif. Saisi, le 3 janvier, d'une lettre de Custine qui proposait de négocier un armistice avec les Prussiens, il se réserva d'en délibérer lorsqu'il serait mieux informé des dispositions de l'Angleterre. Le même jour, une lettre de Kellermann

* CwQiTST, Jémmppety p. 144; ch. ▼ et vi ; id,, La trahison de Dumourîexy cb. L ; IHunoories à Miranda, Rojas, p. Si-S2. — Convocation de la Convention belgique, MoHiieur, t. XV, p. 57. — Aulaed, t. 1, p. 317, 321, 347.

Î5» LA GUERRE DE RÉVOLUTION. — iT93.

annonça que Genève avait consommé sa révolution et appelé les démocrates au pouvoir ^ Le Conseil se contenta d*envoyer à Kellermann des exemplaires du décret du 19 novembre et d'inviter ce général à notifier, le cas échéant, qu'il avait ordre d'occuper Genève si une intervention étrangère y menaçait le nouveau gouvernement*. Les esprits semblaient incliner, au moins momentanément, à la prudence, quand une nouvelle inattendue vint provoquer un incident de séance et rejeter les passions du côté des aventures. Le 6 janvier, le secrétaire de Sémonville, que le Conseil avait, le 24 octobre, chargé de porteries ordres relatifs à l'expédition de Naples, arriva à Paris avec des dépêches de l'amiral Latouche*. Monge, qui les reçut, ne se donna pas le temps de les ouvrir ; il se rendit à la Convention et demanda que Belleville fût admis à la barre. Belleville suivait Monge , le président le fit introduire et lui donna la parole. Voici les faits que Belleville exposa, dans un style fort apprêté, qui trahissait beaucoup plus le nouvelliste et l'intrigant de lettres que le a grenadier » et le diplomate. L'amiral Truguet avait confié à Latouche * l'exécution des instructions du Conseil. Cet amiral se présenta devant Naples, le 16 décembre, avec quatorze vaisseaux. Un parlementaire l'invita à s'arrêter à l'entrée du port ; il répondit que si Ton osait tirer un seul coup de canon, il détruirait la ville. On le laissa se mettre à quai, et les démocrates napolitains vinrent embrasser les Français sous les fenêtres du palais du roi. Le 17, Belleville débarqua. Latouche avait tenu à choisir pour porte* parole de la République un «i grenadier » de la garde nationale de Paris. Mackau se fit l'introducteur de cet ambassadeurcitoyen, et tous deux remirent à Acton une missive de l'amiral au roi. Latouche réclamait, dans le délai d'une heure, le désaveu du ministre des Deux-Siciles à Constantinople, le

' 28-30 septembre 1792. Moniteur, t. XV, p. 270.

* AuLÀRo, t. I, p. 387-388.

' Cf. ci-tlestua, p. 157.

* Diacoura de Belleville, séance du 6 janvier 1793. Rapport dm Latondie, 25 décembre 1792. MonUeur, t. XV, p. 82, 310.

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