CHAPITRE XXYUL
qui touche au temporel. Depuis lors tout règne a été affaibli, sinon même déshonoré par des complaisances envers le saint-siége.
Je ne connais ni ne cherche à connaître la pensée définitive au sujet du clergé français de celui qui a relevé les aigles impériales. Ma confiance est dans la logique des événements. La guerre d'Orient, en consacrant l'alliance occidentale, a donné à l'empereur la force de séculariser l'État romain de concert avec l'Angleterre, d'interpréter l'article 9 du traité de Paris dans le sens de l'abolition des anciennes capitulations qui sont une restriction à la souveraineté du sultan, souveraineté qu'il convient d'élargirautant que le permet le droit européen ; puis, se repliant sur la France, d'y faire exécuter le concordat de 1801 et même celui de 1813 qui nous est moralement acquis. Si le neveu de Napoléon qui se fait gloire de suivre les traditions religieuses de son oncle usera de cette force que lui donnent et la raison et les événements, encore une fois je l'ignore. Ce que je sais, c'est qu'il dépend, pour un temps limité seulement, d'une influence personnelle, si haute qu'elle soit,
d'empêcher en France la disparition des couvents, la suppression des fraudes au moyen desquelles des congrégations d'hommes et de femmes rétablissent une véritable main-morte, et l'abolition de cette soidisant liberté dont s'arme le clergé, qui se prétend lié par des devoirs supérieurs à ses devoirs envers l'État, pour contester à l'Etat, qui est un et laïque, sa souveraineté en matière d'instruction laïque. Ii n'y aurait ici à discuter que sur une date, et l'auteur ne veut que constater des principes. Ces principes disent :
Premièrement, que l'Europe n'a pas le droit de demander au sultan de séparer pour tous ses sujets, autant qu'il dépend de la loi, le spirituel du temporel, si elle ne pratique pas chez elle ce principe d'une manière absolue et rationnelle;
Secondement, que le sang et l'or répandus par la France, en Orient pour une guerre dont le but expressément déclaré a été la séparation du droit civil et politique du droit religieux et dogmatique, exigent que le parti ultramontain soit ramené au devoir envers les lois de l'État, non-seulement parce qu'il poursuit la domination par l'anéantisssement de la raison dans les choses mêmes qui sont du domaine de la raison, mais parce que, ne vivant pas d'idées françaises, il expose la religion à une évidente cata-