‹ L'Europe et la Russie remarques sur le siège de Sébastopol et sur la paix de Paris, conséquences probables H. LamarcheChapitre 105 sur 179 · G8 L* EUROPE ET IA RUSSIE · texte numérisé non relu

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lie qu'ils ne voulaient pas lui accorder chez eux. De là les défiances qu'inspiraient de l'autre côté du détroit les relations d'amitié et de consanguinité existant entre les familles royales de France et d'Angleterre. Le dissentiment religieux aigrissait ces défiances. C'eût donc été merveille que, ne se battant pas à coups de canon, on ne se fût pas battu à coups de prohibitions et de prhiléges douaniers.

La France a le droit de dire que l'initiative n'est pas venue d'elle dans cette espèce de guerre. Sous Henri IV, qui, tout en proclamant que pâturage et labourage sont les deux mamelles de l'Etat, donna un essor magnifique à nos manufactures; sous Richelieu, qui, s'il négligea trop peut-être le côté économique des questions gouvernementales, comprit toujours si bien que la puissance politique appuyée sur le développement des intelligences est la source de la richesse nationale, la France pratiqua le système dont on a de nos jours attribué l'invention à sir Robert Peei. Elle traita les produits étrangers comme ils lui parurent devoir être traités, dans l'intérêt de l'approvisionnement des manufactures et de la consommation intérieure sans s'abandonner à la mauvaise pensée de nuire aux autres nations.

Le système de prohibitions et de représailles date chez nous de 1644. Il naquit sous Mazarin et eut

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pour marraines l'avidité du premier ministre, l'improbité des financiers et la rancune qu'inspirait à notre royauté unitaire la lutte parlementaire soutenue contre Charles 1 er , luîlc dont la Fronde fut la parodie. C'est Colbert qui régularisa ce système et posa la France en antagoniste déclarée de l'Angleterre et de la Hollande comme puissances industrielles, commerciales, maritimes et coloniales.

Un patriotisme qui n'est pas le mien consiste à compter les torts graves que l'Angleterre a eus envers nous, les dommages qu'elle nous a causés, les blessures qu'elle nous a faites, et à oublier que nous n'avons pas eu toujours raison contre l'Angleterre, — qui a toujours raison en ce monde? — - que nous lui avons fait beaucoup de mal, causé des perles immenses, et qu'en définitive nous l'avons amenée à introduire dans ses propres institutions notre principe démocratique et à devenir sur le continent, où elle l'a tant combattu, l'alliée de ce même principe. Torts, grandeurs, gloires, succès, ont été partagés entre les deux grandes nations, dont on voudrait réveiller l'ancienne rivalité,quand il n'existe plus

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entre elles que des causes d'émulation et d'amitié.

La France a eu ses grands jours de gloire navale. En 1673, nous avions une magnifique flotte militaire et pour la commander le plus grand homme de mer qu'ait produit la France, et probablement l'Europe. Duquesne battit Ruyter devant Messine, et nous donna pour au moins quinze ans la royauté maritime.

La situation était des plus graves pour la Grande- Bretagne. Louis XIV, par l'élan de ses troupes, la savante organisation des armes spéciales, le talent de ses généraux et sa propre aptitude stratégique, exerçait sur le continent une influence prépondérante. Il avait reconquis une notable partie des possessions apportées en dot par Marguerite à Philippe de Bourgogne, possessions qui, par le fait de la naissance de Charles le Téméraire, avaient passé, — on pouvait le prétendre, — sous l'empire de la loi salique. Louis XIV ne faisait même pas difficulté de dire que le royaume de France devait comprendre la rive gauche du Rhin, c'est-à-dire être tel à peu près que fut faite territorialement la République française par le traité de 1801. L'Angleterre se prit à crier à la monarchie universelle. C'était tout au moins une exagération.

Cependant il faut le reconnaître, si Louis XIV eût

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