‹ L'Europe et la Russie remarques sur le siège de Sébastopol et sur la paix de Paris, conséquences probables H. LamarcheChapitre 68 sur 179 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

des armées alliées en Grimée ait jamais été de 200,000 hommes. L'effectif réellement disponible ne s'est pas élevé au-dessus dç 110 à 120,000 soldats de toutes armes, y compris le corps d'Eupatoria.

Ët ceci n'est point dit pour amoindrir aux yeux du monde l'effort immense qui a été accompli en Crimée par les puissances alliées. Ce qu'il a fallu d'énergie à la France pour entretenir, à 7 ou 800 lieues de chez elle, une armée pouvant fournir 65 à 70,000 combattants, toujours remplacés à mesure qu'ils tombaient, est digne au moins d'étonnement pour ceux qui n'y veulent pas accorder leur admiration. Et quand l'on pense à ce qu'il en a coûté à l'Angleterre, nation brave mais peu militaire, pour ne pas rester en Crimée au-dessous de son rôle de grande puissauce, on s'incline de respect devant les sacrifices que la civilisation peut et sait obtenir. L'auteur veut seulement rectifier, autant qu'il dépend de lui, les idées fausses ou exagérées que le public se laisse imposer sur l'effectif disponible des armées, et en général sur tout ce qui touche à la guerre. 11 veut aussi établir, d'après des chiffres ayant une certitude morale, valant bien la certitude officielle,

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que, vaincus chez eux dans le genre de guerre où ils sont le plus redoutables, les Russes, qui avaient la supériorité du nombre au 25 octobre, à Balaklava, et au 5 novembreàlnkerman, l'ont conservée jusqu'à la fin, ou du moins n'ont jamais été en nombre inférieur aux alliés.

Le gouvernement du czar a enflé le chiffre de ses forces en Crimée, puis voyant son impuissance à nous obliger de lever le siège de Sébastopol, il s'est tu sur l'effectif de l'armée russe, placée depuis les derniers jours de février sous les ordres du prince Gortschakoff, qui ne s'est montré en rien supérieur au prince Menschikoff. Mais si l'on défalque de ses troupes disponibles celles qui sont demeurées en Pologne et sur les rives de la Baltique, on voit clairement que la Russie, qui avait 800,000 hommes sous les armes, dont 500,000 en mesure de faire la guerre, en a dirigé la moitié sur la Crimée. Sans doute la longueur des routes à parcourir, les privations résultant d'une mauvaise administration, ont couché par terre bien des soldats de l'autocrate avant qu'ils eussent atteint le but, mais on ne saurait admettre que, sur 250,000, il n'en soit pas ar-

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