‹ L'Europe et la Russie remarques sur le siège de Sébastopol et sur la paix de Paris, conséquences probables H. LamarcheChapitre 7 sur 179 · L'EUROPE ET LA IUSSIB · texte numérisé non relu

L'EUROPE ET LA IUSSIB

le rendre accessible à la civilisation, tout prétexte chrétien manque à la conquête de Constantinople. Contre la réforme musulmane toute seule, la Russie se sentait assez forte par l'intrigue et la corruption ; contre la réforme musulmane appuyée par les puissances occidentales, la Russie a senti qu'il fallait immédiatement avoir recours aux armes, l'ennemi qu'elle voulait abattre, c'est-à-dire la tolérance, devant nécessairement grandir en marchant comme tout ce qui émane de la raison.

A côté de ce motif parfaitement exact au point de vue russe, il s'en rencontrait d'autres fondés sur une appréciation erronée de la révolution de 1848, de ses échecs en Allemagne , en Hongrie , en Italie, et de la transformation qui lui a été imposée à son propre foyer.

L'empereur Nicolas, dont le jugement déjà troublé par une espèce de pontificat autocratique exercé durant vingt-huit ans sur l'Europe, était jeté hors des voies de la réalité par les hallucinations de ses ambassadeurs, imagina que toutes les passions entreraient en branle au premier coup de canon sérieux, et que tous les gouvernements se mettraient à genoux devant la Russie pour obtenir qu'elle daignât rétablir chez eux l'ordre matériel. Partant de là, le czar n'admettait ni comme" sincère, ni comme durable

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