PÉLISSIER
Ce rapport habilement posé, non moins habilement écrit, atténue, excuse les fautes, il ne les dissimule pas. Les feux des vapeurs, se combinant avec ceux des ouvrages attaqués par la division de droite, accablèrent nos troupes. Le général Pélissier en convient en envoyant un éloge mérité à la marine russe. Mais vainement il revient toujours sur le manque d'ensemble dans les attaques, car c'est alors qu'elles étaient vivement appuyées que les troupes du général Failly, étaient couchées à terre par la mitraille du Wladimir. Quant à l'assertion que MalakofT eût peut-être été emporté si les Anglais eussent pu persister davantage dans leur attaque
CUAP1TKE XVII
sur le grand Redan, pour la qualifier en lermes polis, je dirai qu'elle n'est qu'une assertion de Bulletin. Au 18 juin ainsi que le prouve le passage du rapport que j'ai souligué page 117, l'ennemi possédait encore sur nous la supériorité de feux, et n'avait feint une certaine infériorité le 17, que pour nous engager dans la bagarre où nous nous sommes jetés le lendemain. Il y a simplement à dire, à l'honneur des généraux alliés, qu'ayant commis une faute ils l'ont comprise, et que, fermant l'oreille aux cris impatients de leurs soldats, ils n'ont pas reculé devant un délai de 82 jours pour préparer un assaut dont les dispositions pussent être avouées par les maîtres en l'art de la guerre.