CHAPITRE XXI
DES CAUSES DE L.' ANCIENNE RIVALITÉ DE LA FRANCE ET DE L'ANGLETERRE, ET DES CAUSES DE LEUR ALLIANCE ACTUELLE.
L'existence de la Russie, non pas telle que la nature Ta faite et veut qu'elle se développe, mais telle que Pierre I er Fa forgée de sa main cyclopéenne en opposition avec tous les iutérêts permanents de l'Europe, dépend absolument de la solidité du rapprochement qui s'est opéré entre la France et l'Angleterre. Il n'y a donc point à s'étonner si, malgré le succès de l'alliance où les deux grandes rivales se sont embrassées dans la civilisation, leur œuvre commune, le souvenir d'une longue
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et sanglante rivalité est méchamment ravivé et exploité au profit de la Russie au nom des idées des anciens jours.
Loin de moi la pensée de médire des passions, soit individuelles, soit nationales. Les passions sont les coursiers qui roulent la vie humaine. Les immoler ou les énerver, serait folie. Il faut s'appliquer au contraire h leur laisser toute leur force, toute leur élasticité, en leur donnant la raison pour frein et pour guide. Là est la question de la philosophie pratique.
Dire à l'Angleterre qu'elle aurait dû ne pas défendre à outrance son principe d'où elle a fait finalement sortir la liberté politique et la libarté commerciale; dire à la France qu'elle eût été sage de ne pas appliquer résolûment sur son territoire et de ne point porter, autant qu'il a dépendu d'elle, au dehors son esprit d'unité et d'égalité, qui a marqué pour les peuples une époque nouvelle, cela n'est pas sérieux. Chaque peuple a son génie, ses passions, ses aptitudes, et c'est là une preuve irréfragable que Dieu, en assignant un même but aux sociétés, n'a pas voulu leur assigner uuc même voie. Ce qu'il importe de dire, de mettre en lumière, c'est que les causes de la rivalité si terrible qui a armé l'une contre l'autre les deux plus grandes nations de l'Europe ne