CHAPITRE XX
l'Anjou, le Maine, la Touraine, et malgré la dépossession méritée et subie par Jean sans Terre, ils se considéraient toujours comme les seigneurs légitimes de la Normandie, berceau de leur puissance. Voilà où en était sur notre sol la situation territoriale entre les deux peuples rivaux au moment où commença cette célèbre guerre dite de cent ans, d'où Ton part toujours quand on veut raviver la haine qui s'éteint de la France contre l'Angleterre.
Cette guerre que, sans sortir de la vérité, on peut qualifier de guerre civile, fut en effet, malgré tout ce qu'on en a dit, une guerre de principe plus encore que de territoires.
Édouard III, petit-fils de Philippe le Bel par sa mère, prétendait, en vertu de la loi gothe-normande, à la couronne de France, qui venait de passer, en vertu de la loi salique, à une branche collatérale de la famille capétienne. Là était la cause de la guerre entre les deux maisons royales, et si les deux peuples s'y associèrent avec une sorte de fureur, c'est que les deux lois d'hérédité de la couronne partaient de deux principes opposés de gouvernement : le
principe féodal et le principe de la monarchie uni-