V. 0/}, cit., p
3. Y. H. Bresslau, qui donne l'élat actuel des opinions dans son ré- Gcnl ouvrage : Handbuch der Urkundenlchre fiXr Deutschlaiid and Ilalicit , t. I, p. 99-100. Leipsig, 1889.
au registre du Saint-Siège des lettres ou privilèges qu'ils en avaient reçus. Se contenter, en pareil cas, d'enregistrer d'après les brouillons de la chancellerie eut été s'exposer aux soupçons des solliciteurs, naturellement portés à se demander si la pièce transcrite au registre était bien conforme à celle qu'on leur avait expédiée. Les intéressés avaient d'autant plus le droit de se montrer difficiles sur l'enregistrement, qu'ils le payaient à beaux deniers ^ Mais, dans des temps plus reculés, quand les registres n'avaient pas encore étendu leur objet aussi loin qu'ils le firent à partir du quatorzième siècle, quand ils semblaient surtout destinés aux besoins de la cour pontificale, il était naturel que l'on choisît, pour les confectionner, la méthode la plus commode. Or, l'emploi des minutes l'était infiniment plus. 11 permettait de composer le registre à loisir, sans trop gêner les scribes, qui, à Rome, comme ailleurs, ne sont pas infatigables. 11 permettait môme, au besoin, de faire un triage dans les pièces, et d'en former un recueil plus maniable, mieux approprié à un but déterminé.
Quoi qu'il en soit, ce qui nous reste du registre de Jean Vlll a gardé la trace visible des minutes de la chancellerie romaine. Ainsi les suscriptions y sont fréquemment accompagnées de la mention significative, que les présentes lettres doivent être faites en double, en triple et même davantage, à l'adresse de différents personnages. C'est manifestement un avis donné au scribe par le minuteur-. Une fois, au moins, à la suite d'une lettre destinée à plusieurs, on trouve une sorte d'appendice, avec cette injonction plus significative encore: « Ceci est à ajouter pour un tel » ^.
Souvent, c'est dans le texte môme que l'on rencontre les variantes appropriées aux divers destinataires d'une môme lettre, variantes qui, dans la minute, devaient se lire à la
1. V. Léopold Delisle, Mhnuire sur les actes d'Innocent ///, p. Il (Ex- U-ait de la Bibliothèque de l'Ecole des Chartes, 4° série, t. III cl^lV); Elle Berger, les Registres d'Innocent fV, t. I, p. xviii.