V. ci-dessus, p
5. Ce dédoublement du duché de Spolète semble avoir été opéré par Charlemagne, après son couronnement impérial, durant le séjour qu'il fit à Spolète en mai 801 (Bôluner-Mulbacher, n» 3l)3<). Dès lors, en effet, le duc \Vinigise ne prend plus, comme auparavant, le titre de sitninius diix (comparez, dans // Regesto di Farfa, les n°s 172, 163, 168 avec les n»» 214, 222, 224, 231, 282), et l'on voit, qu'en 814, Accideus est duc en môme temps que lui ( ihid., n° 224). Le dépouillement minulieiix du môme registre de Farfa ne prouve
L'EMPIRE CAROLINGIEN 29t;
la cité de Spolèle avec toute la partie occidentale jusqu'au Sangro, Guy II, le jeune frère de Lambert, était installé à Fermo, à Gamerino, et sur tout le littoral de l'Adrialique ^ jusqu'à et y compris la Pescara et Ghieti^. L'unité, si dangereuse autrefois, de la puissance spolétaine, n'existait plus, sauf peut-être la reprise, en certains cas, d'une sorte de séniorat supérieur à exercer par Lambert, en vue d'une action commune, à l'extérieur, de tout le marquisat^.
Si donc on veut bien se souvenir de ce que nous avons démontré précédemment*, à savoir que rien d'essentiel n'avait été changé par le nouvel empereur dans la condition du pouvoir temporel des papes, qu'il n'y avait eu, au profit du Saint-Siège, ni cession nouvelle de territoires, ni relâchement des droits traditionnels de l'Empire, on devra reconnaître que Gharles le Ghauve n'avait pas précisément inauguré en Italie une politique brouillonne et sans précédents. Tout restait, en somme, dans les cadres tracés depuis la restauration de l'Empire ; et, à supposer qu'on eût mieux
pas seulement la continuité de ce dualisme à travers la première moitié du neuvième siècle ; il fournirait encore des renseignements nouveaux sur la série des ducs, comtes et gastalds de cette région, si c'était ici le lieu de s'arrêter sur une matière demeurée confuse jusqu'à présent.
1. Il ressort des documents qu'à partir de 875, Guy II, frère de Lambert, eut un gouvernement qui comprenait Fermo (Muratori, Script, ver. liai., t. IP, p. 948), Chieti [ihid.) et le comitatus Pinnensis [ibid., et p. 947-978). Que Gamerino fût aussi dans sa part, c'est ce qui semble résulter d'un passage d'Erchempert, dans son Hist. Lang. Beneveiit., ch. lxxix, [Script, rer, Laiig.^ p. 263). Aussi bien, lorsque le pape Jean YIII, en 880, veut désigner les deux gouvernements spolétains, il appelle l'un <.< dueatus Spoletanus » , et l'autre « dueatus Gamerinensis ». (Migne, t. GXXVI, ep. CGC, p. 913. )
2. L'atlas de Spruner-Menke est manifestenient fautif dans sa vingt et unième carte, cartouche de droite, où Gliieti (Teatc) est indiquée comme faisant partie de la principauté de Bcnévent durant le neuvième siècle. Erchempert, qui écrivait vers l'an 887, dit expressément : « Tellures Teatensium et urbes a dominio Beneventanorura tune (a. 802 j substractae sunt usque in prîesens. » Hist. Lang. Benevent., cli. v [Script, ver. Langoh., p. 236.)
3. Je m'explique ainsi pourquoi, dans les documents, le titre de duc est donné à Lambert, jamais à Guy, si ce n'est, lorsqu'à son tour il deviendra maître de Spolète.