V. Erchempert, Hist. Lang. Benev., ch. xlviii, p
4. « Guaiferius in cunctis obtemperans (papœ), et fœdus dirrupit etmultos ex eis (Sarracenis) peremit. » Erchempert, op. cit., ch. xxix, p. 249. •
5. En 875, Jean VIII l'avait frappé d'excommunication. V. Lettre de
l'évêque Landolf jouissait, auprès des moines de son voisinao-e, de la plus triste réputation. Tandis que le Pape n'avait pas assez d'éloges pour célébrer son dévouement, ses vertus, ses lumières, sa droiture *, on racontait de lui des horreurs dans les pieuses conversations du Mont-Gassin. C'était un ambitieux, un fourbe, un forban sans foi ni loi, qui poussait l'audace jusqu'à mettre la main sur les biens conventuels, jusqu'à déclarer que les moines sont des oiseaux de mauvais augure, dont la rencontre porte malheur ^. Aussi, quand il mourut, se fit-on un devoir religieux de l'envoyer dans les enfers. Et, comme le digne prélat aimait, paraît-il, beaucoup les chevaux, et tout spécialement les chevaux du Mont-Gassin, comme il arriva précisément que le jour de sa mort on lui expédiait de cet endroit toute une belle cavalerie, les gens d'esprit du monastère eurent la joie de pouvoir dire que le défunt s'en était allé bien équipé chez le diable ^. Quoi qu'il en soit de ces jugements contradictoires et plus ou moins intéressés, il reste vrai que Landolf était un fin politique, préoccupé surtout de grandir la fortune de son pays et de sa nombreuse parenté, et qui, pour y parvenir, se livrait à un jeu subtil d'oscillation entre ceux qui lui donnaient à craindre ou à espérer, allant successivement de Salerne à Rome et de Rome à Salerne'^. Pour le moment, Landolf vit son intérêt à se concilier les bonnes grâces du Pape. Vraisemblablement, il comptait sur l'appui de Jean YIll pour modifier les conditions du pacte qui le subordonnait au prince de Salerne, et arriver à plus d'indépendance sous le protectorat mitigé du Saint-Siège. Gapoue rompit donc, ainsi que Salerne et Amalfî ^, l'alliance conclue avec les Sarrasins deux ans auparavant*^.
Jean VIII aux évêques de Campante et d'Apulic {hœwevïÏQ\à, Epist. pontif. Rom. ineditsc, p. 34, n° 59.)
1. V. Lettre de Jean VIII à Landolf [aligne, cp. lvi, p. 709).