‹ L'Europe et le Saint-Siège a l'époque carolingienneChapitre 76 sur 147 · V. Jaffé-Ewald, p · texte numérisé non relu

V. Jaffé-Ewald, p

été empoisonné par un de ses parents, par Grégoire, siiperista du palais pontifical. Il y aurait même eu là une scène atroce. Impatienté de ce que le poison ne faisait pas son œuvre assez vite, Grégoire se serait jeté sur le vieux pape et l'aurait achevé à coups de marteau ^ Mais quoique cette version, recueillie par le chroniqueur de Ratisbonne, ait généralement trouvé créance parmi les historiens, elle n'est pas digne, ce me semble, de servir de base à un jugement solide. Dans mon opinion, elle n'a été imaginée que pour excuser le meurtre de ce même parent de Jean VIII, assassiné quelques jours après, sur le parvis de Saint-Pierre, par le superista du nouveau pape, Marin I" ^.

Ce qui est bien certain, par contre, c'est que la mort de Jean VIII avait été le signal d'une réaction contre certaines parties de sa politique intérieure et extérieure. Marin P"" (882-884) avait signalé son court pontificat en rompant ouvertement avec Photius ^ et en rappelant avec éclat Formose et tous les anciens proscrits*. Après lui était venu un pontife, Hadrien III (884-885), qui avait cru pouvoir concilier des politiques opposées et tenir la balance égale entre les partis, laissante leur poste les Formosiens^ et se remettant

1. V. Annal. Fiild., contin. Ratish., a. 883, éd. Kurze, p. 102. Le nom du parent de Jean VIII est fourni par Meginhard [Ann. Fuld., contin. Meginhardif ihid., p. 99) ; car il est bien évident que les deux chroniqueurs racontent le même fait, quoique avec des détails et dans un esprit différents.

2. V. Ann. Fuld,, contin. Meginhardi, a. 882, p. 99. L'intention et le manque de sincérité de cette version se trahissent par cette autre invention invraisemblable, à savoir que le parent de Jean VIII serait tombé mort sans que personne le touchât, uniquement par peur de la foule : « Concrepante turba stupefactus a nullo lesus nec vulneratus. » Annal. Fuld., contin. Ratish., a. 883, p. 109.

3. Cela résulte clairement d'une' lettre d'Etienne V à l'empereur Basilej où le pontife prend à ce propos la défense de son prédécesseur Marin. V. Lettre d'Etienne Va Basile (Mansi, Concilia, t. XVIII, p. 12). D'ailleurs, Marin avait de quoi n'être pas très satisfait des Byzantins, qui l'avaient fort maltraité l'année précédente, pendant qu'il accomplissait une mission à Constantiuople. V. ihid., p. 13 c.

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