Hincm. ann.^ a. 877, p
4. « Carlmannus vero cum manu valida Noricorum diversorumque Sclavorum Italiam ingreditur. » Fuld. ann.^ pars III, a. 877, p. 90. Cf. Hincm^ ann., a. 877, p. 503.
5. V. Wattenbach, Geschichtsquellen, 6*= édit., t. I, p. 295-296. La seule chose, au contraire, qu'on puisse reprocher à l'écrivain français, dans ses appréciations sur Charles de Chauve, c'est d'y avoir introduit les petites
Carloman qui aurait montré le moins de bravoure ; car, en dépit des forces considérables dont il disposait, il aurait suffi, pour le mettre en fuite, de lui raconter que son oncle se portait à sa rencontre avec le Pape et une nombreuse armée^. La vérité est que Charles le Chauve demeura encore plusieurs jours en Italie, qu'il fit même, à Tortone, procéder au sacre de l'impératrice Richilde par le pape Jean VIII, qui l'accompagnait depuis Verceil. Il fallut, pour le décider à abandonner la partie, la certitude que ses propres fidèles le trahissaient, que ni Boson, ni l'abbé Hugues, ni Bernard d'Auvergne, ni Bernard de Gothie ne lui amèneraient ses armées-. Naguère, pour vaincre ses dernières hésitations, le pape Jean VIII écrivait à Charles le Chauve : «Nous nous mettrons en prières, nous et toute l'Eglise romaine; nous demanderons instamment à Dieu de faire en sorte que rien ne porte atteinte à votre précieuse vie, ni la chaleur de la saison, ni le changement de climat, ni quelque accident fâcheux que ce soit. Ayez donc confiance dans la miséricorde divine, et vous mériterez d'obtenir, avec la conservation de la santé du corps, le salut et la gloire éternelle de l'âme ^. » Mais les prières de pape ne sont pas nécessairement exaucées, pas plus que leurs prophéties ne sont nécessairement infaillibles. L'empereur fugitif venait d'entrer dans les défilés du Mont- Cenis, et passait des chaleurs de la plaine lombarde à l'atmosphère trop vive de la montagne, lorsqu'il fut pris d'une fièvre
rancunes de l'archevêché de Reims. On s'en aperçoit, ici même, à la façon dont l'annaliste insiste sur les richesses que l'empereur aurait emportées avec lui en Italie, sur le magnifique cadeau qu'il réservait au Pape. Hincmar voyait partir toutes ces belles choses avec d'autant plus de regret, qu'il lui fallait pendant ce temps là délier les cordons de sa propre bourse, payer le tribut des Normands et faire en quelque manière les frais d'une expédition destinée à enrichir le Pape et les Italiens.
1. Hincm. ann.,A. 877, p. 504. Il est fort possible que les Annales d'Hincmar soient ici mal renseignées. Mais admirez la puissance du préjugé patriotique! Mûhlbacher, qui retrouve toute sa perspicacité lorsqu'il s'agit de voir des erreurs dans la source française, n'a jamais le moindre soupçon, lorsqu'il est en présence des Annales de Fulde, source allemande. V. Bœhmer-Mûhlbacher, n» 1480^.