V. Bellarmin, De Romano pontifice, 1. III, c. XXIV
APPENDICE
moi, sans influence sur^ la production de certaines circonstances accessoires du récit.
Au début, durant la période rudimentaire de la fable, la papesse ne portait pas de nom propre, et son pontificat n'avait pas de date marquée i. Jean de Mailly et Etienne de Bourbon la font vivre au commencement du douzième siècle 2. Elle aurait siégé entre Léon IV et Benoit III, d'après la chronique interpolée de Martin de Troppau (Martinus Polonus)^. Dollinger pensait que l'interpolateur avait été amené à choisir cette place par la comparaison d'un passage de la notice de Léon ÏV, telle qu'elle se trouve dans Martin de Troppau, avec certain trait de la légende, Léon IV et la papesse étant loués tous deux pour leur science. J'inclinerais plutôt à croire qu'il a agi sous l'influence de la chronique de Benoît de Saint-André au Mont Soracte, très répandue au moyen âge et qui avait fourni des matériaux à Martin de Troppau lui-même^.
11 y a en effet dans cette curieuse chronique un passage qui se prête merveilleusement à un rapprochement avec la fable de la papesse. Benoît raconte là, dans son style barbare, qu'à l'avènement de Jean XI, Rome tomba au pouvoir d'une femme (la célèbre Marozie), et fut gouvernée par elle : (( Domna senatrix unde superius diximus, ordinavit Johannes consanguineum ejus in sedem sanctissimus, pro quo undecimus est appellatits, subjugatus est Romam potestative in manu femine sicut in propheta : Feminini clominahunt Hierusalem ^ ^>.
A lui seul, un pareil document eût peut-être suffi à faire naître l'idée d'une femme ayant réellement occupé le siège du Saint-Siège, à créer la légende. Il a du moins servi à fixer approximativement^ l'époque où la papesse aurait vécu,