‹ L'Europe et le Saint-SiègeChapitre 15 sur 148 · Migne, ep. 118, p 771. Reg. mscr., n · texte numérisé non relu

Migne, ep. 118, p 771. Reg. mscr., n

2. Comme dans les lettres au roi de Bulgarie et au prince Branimir. V. Migne, ep. 307 et 808. p. 918-919.

3. La suscription de la lettre 72 (Migne, ep. 107) est ainsi conçue, dans le Reg. mscr. « Ad archiepiscopo de mediolaiio, ad patriarcha de foro jiili, ad Johannis de papia. » Dans une autre, la 281° du mscr. (Migne, ep 321), on lit: Ad omnibus episcopis cajetam neapolini^ etc., a parisius.

quand il pouvait, de détailler les suscriplions. Là aussi, les adresses sommaires étant moins des formules à transcrire que des indications pour les scribes, on devait plus facilement se mettre à l'aise sur la qualité de la langue.

Voilà donc un point acquis. Le recueil modèle du Mont- Cassin était composé d'éléments empruntés à la chancellerie pontificale. Mais ses emprunts ne s'arrêtaient pas là. Ce ne sont pas seulement ses éléments, c'est sa disposition générale, la façon dont les pièces y sont distribuées et classées, qui trahit les habitudes des registrateurs pontificaux.

A vrai dire, on sait peu de chose sur les règles qui présidaient à la confection des registres des papes, antérieurement au treizième siècle. A part l'emploi des minutes, qui est maintenant hors de conteste, à part aussi, du moins jusqu'au onzième siècle, l'habitude de les transcrire sur papier et non sur parchemin, on sait seulement avec certitude que les pièces y étaient disposées chronologiquement, indiction par indiction, sans que toutefois on s'astreignît, dans le corps de la môme indiction, à une chronologie rigoureuse, suivant les lettres jour par jour, ou même mois par mois'. Le trouble s'accentuait d'ordinaire dans la dernière indiction^, par la raison sans doute qu'on y recueillait les quelques lettres oubliées ou dont la date n'avait pas été retenue. Or, tous ces caractères se retrouvent fidèlement dans le registre copié au Mont-Gassin.

1. Le passage de Jean Diacre est célèbre: « Ad plenitudinem scrinii vestri tôt charticios libros epistolarum Palris, quot annos probatur vixisse, revolvat, » dit-il en parlant du registre de saint Grégoire, dans sa Vita Gregorii M. (Migne, P. L., t. LXXV, p. 62). Et défait, encore que le registre que nous avons de ce pape ne soit qu'un recueil formé très postérieurement, il reproduit les lettres par indictions, mais sans ordre rigoureux à l'intérieur de chacune d'elles. V. Ewald, Studien zur Ausgahe des Registers Gregor /, dans Neues Ârc/iiv, t. III p. 433-625. Ainsi en est-il du registre de Grégoire VII qui est arrivé jusqu'à nous. V. Jaffé-Lœwenfeld, Beg., p. 597. Cette habitude, du reste, a persisté au-delà du douzième siècle. V. E. Berger, Registres d'Innocent IV, p. xvii;

y Rodenberg, Epistolœ sœculi XIII roman, pontif. t. I, p. viii. [Monuni.

> Gerin. hist ). Quanta l'emploi du papier, il persista jusqu'au commencement du onzième siècle. V. de Rossi, De origine bihl. sed. apost., p. xcvii.

/ 2. Sur le trouble des dernières lettres du registre de Grégoire VII,

/ V. Jaffé-Lœwenfeld Reg., p. 597.

Sur Ta matière dont il était fait, on ne peut raisonner que, par conjecture, mais il faut avouer cjue son mauvais état de conservation, au onzième siècle, rend l'hypothèse du papier beaucoup plus vraisemblable. Les autres rapports sont manifestes. Classification par indictions, pele-méle relatif dans chacune d'elles, confusion plus grande dans la dernière, rien n'y manque ^ Il n'est pas jusqu'aux courts sommaires dont deux lettres au moins y sont accompagnées, qui ne rappellent les habitudes d'autres registres-. La formule data ut supra^ qui termine un grand nombre de pièces, ouvre le champ à plus d'une conjecture. M. Jaffé y voyait la déformation, par un copiste, des mots data et cetera. C'est sûrement une erreur. Mais Ewald en a commis une, à mon sens, bien autrement funeste, lorsqu'il a pris cette formule pour une référence aux lettres antérieures consignée et contrôlée par les copistes du Mont-Cassin^. De là, dans la récente édition du Regesta de Jaffé, un ordre chronologique nouveau qui s'écarte beaucoup plus de la réalité que l'ancien, et constitue môme pour l'historien de Jean VIII un véritable danger. La solution exacte du problème est peut-être encore à trouver. Ce qui n'est plus à trouver et ce qui nous suffit pour le moment, c'est que là encore on est en présence d'une formule autrefois familière à la registrature pontificale^.

Arrivé à ce terme, il faut bien reconnaître que le vieux recueil échoué l'on ne sait encore comment, à l'abbaye du Mont- Cassin, s'il n'était pas le registre original sorti du Latran, ni môme sa reproduction complète et adéquate, en constituait tout au moins un extrait abondant, formé de longue date, à une époque très rapprochée de Jean VIII.

Au point de vue du service qu'il doit rendre à l'histoire, la différence est peu sensible, ce que nous avons constaté de son étroite filiation au registre de la chancellerie romaine, comme aussi du soin scrupuleux des copistes bénédictins à

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