V. Vie de Constantin^ c. v, p
2. V. Lettre de Léon VI à Omar (Migne, P. G., t. CVII, p. 316).
3. La Vie de Constantin ne nomme pas le calife, mais M. Dûmmler l'a «exactement précisé. Y. Vie de Constantin^ Préface, p. 9.
égal, la culture de l'Islam ne le codant guère alors, en plus d'un point, à la culture byzantine. Puis, après quelque temps de repos dans les vallées ombreuses de l'Olympe de Bythinie^ en la compagnie des saints solitaires, il lui avait fallu, sur un nouveau désir de l'empereur, se porter à la côte septentrionale de la mer Noire, et arracher les Khazars à la propagande juive. Car les juifs eux-mêmes, emportés dans ce grand mouvement religieux du neuvième siècle, retrouvaient les ardeurs d'un prosélytisme que le triomphe du christianisme semblait avoir éteint, et par un phénomène qui ne s'est pas souvent répété depuis, travaillaient à étendre leur culte autant que leur négoce^. La mission des Khazars avait été particulièrement glorieuse pour le jeune apôtre. Non seulement il avait gagné à la foi chrétienne et à l'alliance avec l'Empire, un peuple encore puissant, sur lequel on comptait pour arrêter les hordes barbares sans cesse en mouvement sur le Dnieper et le Volga, mais il ramenait avec lui les restes d'un martyr illustre, le corps du pape de Rome, saint Clément, que la persécution avait jadis exilé, puis noyé près de Cherson ^.
Tant de fatigues devaient pourtant à la fin avoir raison d'une nature délicate, où l'àme dépensait trop vite les forces du corps. Dans la studieuse retraite de l'église des Saints- Apôtres, où il était allé vivre et prier, à son retour du pays des Khazars, Cyrille sentait ses forces décliner peu à peu. Le mal qui devait le consumer lentement avait déjà commencé son œuvre, lorsque arrivèrent à Byzance les envoyés du prince morave. L'empereur et ses conseils n'en furent pas moins d'avis que c'était encore au brillant philosophe qu'il fallait confier cette entreprise d'une importance exceptionnelle ; et Cyrille ne se crut pas en droit de refuser ce nouveau fardeau^. L'unique condition qu'il mit à son consentement, c'est qu'on ne le séparerait pas du frère bien-aimé qui, dans la
1. Et non pas de l'Olympe de Thessalie. Y. Krumbacher, Geschichte der hyzantinischen Littérature p. 175.