V. Migne, p, 52 c> 54 c, 56 b
2. V. llRegestodi Farfa, t. I1I> doc. 323, 326, 327, 335, 336. 340, etc.
3. V. Hugues de Farfa, Opuscula (Pertz^ SS., t. XI, p: 533). 4i Migne^ p. 51 b.
Nicolas P**, le personnage qu'il met au premier plan, dont il fait — non sans raison — le premier moteur de toute l'entreprise, est encore une femme, l'impératrice Engelberge^. Tant il est vrai que l'écrivain compose sous l'impression d'une querelle récente, qu'une femme a remplie de son nom ! Tant cet homme est préoccupé de justifier, par des précédents pires encore, les agissements dans Rome de sa souveraine et instigatrice, Ageltrude !
On n'en finirait pas du reste à relever tous les endroits du Libelle qui perdent leur insignifiance ou leur obscurité par suite de la restitution de l'ouvrage à sa vraie date et à son milieu naturel. Pour nous borner à un dernier exemple, on peut juger maintenante quel point l'auteur était précis, lorsqu'il déclarait que ce qui avait rendu impuissants les efforts de l'Empire pour regagner sa situation d'avant Jean VIIT, c'était les divisions dont souffrait alors le royaume 2. Jamais le mot n'a été plus vrai qu'à l'époque des empereurs spolétains, où, sans compter les invasions germaniques, on vit à la fois deux rois d'Italie, Guy puis Lambert d'une part, de l'autre Bérenger de Frioul, reconnu par les Italiens du nordest. Jamais non plus l'Italie ne répondit mieux au sombre tableau du Libelle^ que durant ces sanglantes compétitions dont l'horreur fut telle dès le début, que l'assemblée de Pavie, en 889, la déclarait impossible à exprimer ^.
Voilà donc un résultat parfaitement acquis, à ce qu'il semble. Ce qu'on appelait le Libellas de imperatoria potestate in Urbe Roma est une œuvre de l'année 897 ou du commencement de l'année 898, composée par un Lombard très probablement originaire de Rieti, sous l'inspiration de l'impératrice Ageltrude et au profit de la maison impériale, royale et ducale de Spolète. Quinze années seulement en séparent la rédaction de la mort de Jean VIII; et l'auteur est un contemporain qui s'adresse à des contemporains.