‹ L'évangile du Bouddha, raconté d'après les anciens documents; traduit de l'anglais avec autorisation de l'auteurChapitre 140 sur 204 · LXXXVI. — Le Bhikchou malade · texte numérisé non relu

LXXXVI. — Le Bhikchou malade

1. — Un vieux bhikchou, de nature orgueilleuse, était affligé d'une maladie répugnante dont la vue et l'odeur étaient si dégoûtantes que personne ne voulait l'approcher ou l'assister dans sa détresse. Or, il arriva que Celui que le monde adore vint dans le vihâra où ce pauvre homme se trouvait; là ayant appris ce qu'il en était, il ordonna de préparer de l'eau chaude et alla dans la chambre du malade soigner de ses propres mains les plaies du patient, en disant à ses disciples :

2. — « Le Tathâgata est venu dans le monde afin d'assister les pauvres, de secourir les abandonnés, de nourrir ceux dont le corps est malade — qu'ils soient fidèles auDharma ou incroyants — , de donner la vue aux aveugles et d'éclairer les esprits de ceux qui sont dans l'erreur, de soutenir les droits des orphelins et des vieillards, et en agissant ainsi de servir d'exemple aux autres. Ceci est la consomma;tion de son œuvre, et ainsi il atteint le grand but de la vie, comme la rivière qui se perd dans l'Océan ».

3. — Celui que le monde adore assista chaque jour le bhikchou malade tant qu'il demeura en ce lieu. Or le gouverneur de la cité vint vers le Bouddha pour lui rendre honneur, et ayant entendu parler de l'œuvre que faisait le Seigneur dans le vihâra, il interrogea le Bienheureuxsur les existences antérieures du moine malade» Le Bouddha dit :

4. — « Jadis vivait un méchant roi qui avait coutume d'extorquer tout ce qu'il pouvait à ses sujets; un jour il ordonna à l'un de ses officiers d'appliquer le fouet à un homme de rang élevé. Peu soucieux de la peine qu'il infligeait à autrui, l'officier obéit; mais comme la victime de la colère du roi demandait grâce, il sentit de la compassion et frappa légèrement. Or le roi renaquit dans la personne de Dêvadatta qui fut abandonné par tous ses adhérents parce qu'ils ne voulaient plus supporter sa sévérité et mourut misérable et plein de remords. L'officier est le bhikchou malade qui, ayant souvent offensé ses frères dans le

vihâra fut laissé sans assistance dans sa détresse. L'homme de haut rang, cependant, qui- demanda grâce était le Bodhisattva; il est rené dans la personne du Tathâgata. C'est maintenant mon tour d'assister ce malheureux puisqu^il eut pitié de moi ».

5. — Alors Celui que le monde adore prononça ces gâthas : « Celui qui fait du mal au faible ou accuse faussement l'innocent sera frappé des dix grandes calamités. Mais celui qui a appris à souiïrir- avec patience sera purifié et sera Tinstrument choisi pour l'allégement de la souffrance ».

6. — Le bhikchou malade ayant entendu ces paroles se tourna vers le Bouddha, confessa la mauvaise nature de son caractère, se repentit et le cœur purifié du péché rendit hommage au Seigneur.

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