‹ L'évangile du Bouddha, raconté d'après les anciens documents; traduit de l'anglais avec autorisation de l'auteurChapitre 145 sur 204 · Elle est quintuple, ô maîtres de maisoni · texte numérisé non relu

Elle est quintuple, ô maîtres de maisoni

la perte que supporte le mécréant par son manque de droiture. En premier lieu, le mécréant, dépourvu de droiture, tombe par paresse dans une grande pauvreté ; en second lieu, sa mauvaise réputation s'ébruite au dehors; en troisième lieu, en quelque société qu'il se présente, compagnie de brahmanes, de nobles,, de chefs de maison, ou de çramanas, il entre timidement et avec confusion; en quatrième lieu, il est plein d'angoisse quand il meurt ; et enfin, lorsque son corps se dissout après la mort, son esprit reste dans une condition malheureuse. En quelque lieu que son karma continue, il y trouvera la souffrance et le malheur. Telle est ô maîtres de maison, la quintuple perle de celui qui fait le mal !

4. — « Il est quintuple, ô maîtres de maison, le gain que fait l'homme de bien en observant la droiture. En premier lieu, l'homme de bien, ferme dans la droiture, acquiert la richesse par son industrie; de bons renseignements sur lui se répandent au dehors; en troisième lieu, dans quelque société qu'il se présente, compagnie de brahmanes, de nobles, de chefs de maison, ou de membres de l'ordre, il entre avec confiance et sûr de lui ; en quatrième lieu, il meurt sans inquiétude; et, enfin, lors de la dissolution du corps, après la mort, 'son esprit demeure dans un état heureux. En quelque lieu que son karma continue, il y trouvera une félicité céleste et la paix. Tel est, ô maîtres de maison, le quintuple gain de l'homme de bien »,

5. — Lorsque le Bienheureux eut instruit, excité,! exalté et réjoui ses disciples très avant dans la nuit] par l'édification religieuse, il les renvoya en disant

« La nuit est presque finie^ ô maîtres de maison ; il] est temps que vous fassiez ce que vous jugerez le plusj convenable.

6. — a Ainsi soit-il, Seigneur! » répondirent les^ disciples de Pâtalipoulra, et se levant de leurs sièges! ils s^inclinèrent devant le Béni; puis le tenant à leui droite ils défilèrent devant lui et ensuite se retirèrent.

7. — Dans le temps oii le Bienheureux demeurait! à Pâtalipoutra, le roi de Magadha envoya un mes-| sager au gouverneur de cette ville lui ordonnant d'élever des fortifications pour la sécurité de la cité^

8. — Et le Bienheureux, voyant les travailleurs à] l'ouvrage prédit la grandeur future delà ville, disant :! « Les hommes qui construisent la forteresse agissent] comme s'ils étaient conseillés par les puissances su-j prèmes. Car cette cité de Pâtalipoutra sera la résidence d'hommes actifs et un centre d'échange pour] toutes sortes de marchandises. Mais trois dangers laf menacent, le danger de l'incendie, le danger de Ti-j nondation et celui de la dissension ».

9. — Quand le gouverneur entendit parler de la^ prophétie concernant l'avenir de Pâtalipoutra, il en eut une grande joie, et donna le nom de « Porte de Gautama » à la porte de la cité par laquelle le Bouddha avait passé pour aller au fleuve du Gange.

10. — Cependant les gens qui vivaient sur les bords du Gange arrivèrent en foule pour rendre hommage au Seigneur du monde, et beaucoup d'entre eux lui demandèrent de leur faire l'honneur de passer le fleuve sur leurs bateaux. Mais le Bienheureux, ayant observé le nombre des bateaux et leur beauté, ne voulut montrer aucune partialité et en acceptant l'invitation de l'un offenser tous les autres. C'est pourquoi il traversa le fleuve sans aucun bateau^ voulant exprimer par là que les radeaux de l'ascélisme et les fastueuses gondoles des cérémonies religieuses ne sont pas assez solides pour résister aux tempêtes de l'océan du Samsara^ tandis que la barque de la sagesse est le vaisseau le plus sûr pour atteindre le rivage du Nirvana.

11. — Et de même que la porte de la cité avait été" appelée du nom du Talhâgata, de même le peuple nomma ce point du fleuve « Gué de Gautama ».

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