Et le Bienheureux leur parla et dit
3. — « EverUie/-vous à chercher la vérité et efforcezvous avec ardeur. Ce n'est point assez de m'avoir vu I Marchez ainsi que je vous l'ai commandé ; délivrezvous du filet inextricable de la douleur. Marchez dans le chemin avec une résolution ferme.
4. — « Un malade peut être guéri parla puissance curativedu remède et se débarrasser de ses maux sans voir le médecin.
5. — (c Celui qui ne fait point ce que je commande me voit en vain. Cela ne lui procure aucun profit. Tandis que celui qui demeure loin du lieu où je suis et qui cependant marche droit, est toujours près de moi.
6. — « Un homme peut habiter auprès de moi, et cependant, s'il ne m'obéit point, être bien loin de moi. Au contraire, celui qui obéit au Dharma jouira toujours de la félicité de la présence du Talhâgata. »
7. — Alors le mendiant Soubhadra vint au bois de çâlas des Mallas et dit au vénérable Ananda : (( J'ai entendu dire à des mendiants de ma sorte qui étaient fort chargés d'années et maîtres de grande expérience : — Quelquefois, et très rarement des Tathâgatas apparaissent dans le monde, des Saints Bouddhas. — Maintenant on dit qu'aujourd'hui dans la dernière veille de la nuit le çramana Gautama doit sortir pour toujours de la vie. Mon esprit est plein d'incertitude; cependant j'ai foi dans le çramana Gautama et je crois qu'il sera capable de m'exposer la vérité de sorte que je puisse me débarrasser do mes doutes.
Oh ! qu'il me soit permis de voir le çramana Gautamal »
8. — Quand il eut ainsi parlé, le vénérable Ananda dit au mendiant Soubhadra : « Assez ! ami Soubhadra. N'importune point le Tathâgata. Le Bienheureux est fatigué. »
9. — Or le Bienheureux avait entendu cette conversation du vénérable Ananda et du mendiant Soubhadra, et le Bienheureux appelant le vénérable Ananda lui dit : « Ananda, n'empêche pas Soubhadra d'entrer. Il peut être permis à Soubhadra de voir le Tathâgata. Quoi que me demande Soubhadra, ses questions seront dictées par le désir d'apprendre et non par le dessein de me tourmenter, et quoi que je lui dise en réponse à ses questions, il le comprendra promptement. »
10. — Alors le vénérable Ananda dit à Soubhadra, le mendiant : « Entre, ami Soubhadra; carie Bienheureux te le permet. »
11. — Quand le Bienheureux eut instruit Soubhadra, l'eut éveillé et réjoui par des paroles de sagesse et d'encouragement, Soubhadra dit au Bienheureux :
12. — « Glorieux Seigneur! glorieux seigneur! Très excellentes sont les paroles de ta bouche, très excellentes! Elles remettent à sa place ce qui a été retourné, elles révèlent ce qui a été caché. Elles montrent le droit chemin au voyageur qui s'est égaré. Elles apportent une lampe dans les ténèbres
de sorte que ceux qui ont des yeux pour voir peuvent voir. Ainsi, Seigneur, le Bienheureux m'a fait connaître la vérité, et je prends refuge dans le Bienheureux, dans la Vérité et dans l'Ordre. Que le Bienheureux daigae m'accepter pour disciple et vrai croyant, à partir de ce jour tant quc^ ma vie durera. »
13. — Et le mendiant Soubhadra dit au vénérable Ananda : « Grand est ton profit, ami Ananda, grande est ta- bonne fortune d'avoir pendant lant d'années été aspergé avec les aspersions de la science dans cette confrérie dirigée par le Maître lui-même*. »
14. — Alors le Bienheureux parla au vénérable Ananda et dit : « Il se peut, Ananda, que chez quelques-uns de vous cette pensée nai^sse : — La parole de notre Maîtreestfinie, nous n'avons plus de Maître! — Mais ce n'est point ainsi, Ananda, qu'il faut raisonner. Il est vrai que je ne prendrai plus de corps, car toute douleur à venir est pour toujours détruite pour moi; mais si Gautama Siddhârtha est mort, le Bouddha reste. Que la vérité et les règles de Tordre, instituées et établies par moi pour vous tous, soient votre maître quand je serai parti. Quand je serai mort, Ananda, que Tordre, s'il le juge à propos, abolisse tous les préceptes de peu d'importance. »
13. — Alors le Bienheureux s'adressa aux frères et dit : « Il peut y avoir quelque doute ou quelque malentendu dans Tesprit d'un frère en ce qui concerne le Bouddha, ou la vérité, ou le chemin. N'ayez pas à vous repentir plus tard à cette pensée : — Nous
n'avons pas interrogé le Bienheureux quand nous étions face à face avec lui. — C'est pourquoi, interrogez-moi maintenant, ô frères, interrogez-moi librement. ))