Plein de joie Anâthapindika commença à
répandre son or; mais Djêta dit : « Épargnez-vous cette peine, car je ne veux pas vendre ». Mais Anâlhapindika insista. De sorte qu'ils discutèrent et se querellèrent et enfin s'adressèrent au magistrat.
4. — Cependant le peuple commmença à parler de ce procédé inusité et le prince ayant appris plus de détails et sachant qu'Anâthapindika était non-seulement riche, mais droit et sincère, s'informa de ses desseins. En entendant le nom du Bouddha, le prince voulut à toute force avoir sa part dans la fondation et n'accepta que la moitié de la somme, disant : « La terre est à vous, mais les arbres sont à moi. Je donnerai les arbres comme ma part d'offrande au Bouddha ».
5. — Alors Anâthapindika prit la terre et Djêta les arbres et ils les donnèrent en garde à Çâripoutra.
6. — Ayant fait les fondations; ils commencèrent à construire l'édifice qui s'éleva fièrement dans de justes proportions suivant les instructions données par le Bouddha; et il était magnifiquement décoré de sculptures appropriées.
7. — Ce vihâra fut nommé Djêtavana^*^ et l'ami des orphelins invita le Seigneur à venir à Çrâvaslî et à prendre possession de la donation. Et le Bienheureux quittant Kapilavaslou vint à Çrâvastî.
8. — Gomme Bhagavat entrait à Çrâvastî, Anâthapindika répandit des fleurs et brûla de l'encens, et en signe de donation versa Teau d'une aiguière d'or en forme de dragon en disant : « Ce vihâra de Dèjtavana
je le donne pour servir à la confrérie pendant toute la durée du monde ».
9. — Le Bienhenreux accepta le don et répondit : « Puissent toutes les influences malfaisantes être vaincues; puisse cette offrande établir le royaume de vérité et être une bénédiction perpétuelle pour l'humanité en général et en particulier aussi pour le donateur! »
10. — Alors le roi Prasênadjit apprenant que le Seigneur était arrivé^ vint avec sa pompe royale au vihâra de Djêtavana, et, les mains jointes, salua le Bienheureux, en disant :
11. — « Heureux mon indigne et humble royaume d'avoir obtenu une semblable faveur. Car, quelles calamités et quels dangers pourraient le menacer en la présence du Seigneur du monde^ du Roi de la Loi, du Roi de vérité!
12. — « Maintenant que j'ai contemplé vos traits sacrés, puissè-je avoir ma part des eaux rafraîchissantes de votre enseignement.
\3. — « Les avantages mondains sont passagers et périssables; mais les bénéfices religieux sont éternels et inépuisables. L'homme du monde, fut-il roi, est plein de soucis ; mais l'homme le plus vulgaire possède, s'il est saint, la paix de Tesprit ».
14. — Connaissant la tendance du cœur du roi esclave de l'avarice et de l'amour du plaisir, le Bouddha saisit l'occasion et dit :