XLII. — Défense de faire des miracles
1. — Djyotichka **S fils de Soubhadra, était un maître de maison habitant à Râdjagrihâ. Comme on
lui avait donné un bol précieux en bois de santal orné de pierreries, il dressa devant sa maison un long poteau et plaça le bol à son sommet avec celte inscription : « Si un çramana peut prendre ce bol sans se servir d'une échelle ou d'un bâton à crochet, mais par son pouvoir magique, je lui donnerai tout ce qu'il demandera. »
2. — Et le peuple vint vers Bhagavat, plein d'admiration et toutes les bouches débordant de louanges, disant : « Grand est le Tathâgata. Ses disciples font des miracles. Kâçyapa, le disciple du Bouddha, a vu le bol sur le poteau de Djyotichka et, joignant les mains, il Fa fait descendre et l'a emporté triomphalement au vihâra. »
3. — Quand le Bienheureux eut appris ce qui se passait, il vint vers Kâçyapa, et brisant le bol en morceaux, défendit à ses disciples de faire des miracles d'aucun genre.
4. — Peu de temps après cela, il arriva que pendant la saison des pluies beaucoup de bhikchous se fixèrent sur le territoire de Vridji*^^, qui était désolé par la famine. Et l'un des bhikchous proposa à ses frères de se vanter les uns les autres aux habitants du village, en disant : « Ce bhikchou est un saint; il a eu des visions célestes ; ce bhikchou possède une puissance surnaturelle; il peut faire des miracles ». Et les villageois dirent : « C'est heureux, très heureux pour nous que de tels saints passent chez nous la saison des pluies. » Ils donnaient de bon cœur
l'évangile du bouddea 131
et en abondance, et les bhikchous prospérèrent et ne souffrirent pas de la famine.
||. 5. — Quand le Bienheureux apprit cela, il ordonna ■ à Anandade réunir les bhikchous et leur dit : « Ditesmoi, ô bhikchous, quand un bhikchou cesse d'être un bhikchou ? »