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mgile réalise déjà le royaume, dont l'avène I définitif ne fera, pour ainsi dira, qu'assurer le bonheur et l'immortalité des hommes charitable*. Mais le royaume est proprement ce bonheur immortel. Sa racine est intérieure : il est déposé comme- un garnie précieux Jans de chaque croyant; dans cet état, néanmoins, il esl caché, ruclinieiilnirc. impartait, i'l
il attend n perfection de l'avenir
Pour établir ei) quoi consiste l'essence ilu royaume, de l'Evangile et du christianisme, M Harnack est parti d'an principe qui n'est rien moins qu'évident par lui-même et que contredit l'attitude générale de Jésus à l'égard di la religion mosaïque et de la tradition Israélite, i Certes, écrit-il, c'est une lâche difficile et d< grave responsabilité que celle de l'historien distinguant ce qui est traditionnel de oe qui est per: mnel, le noyau île l'< l.i j .i« -. 1 î
cation de Jésus sur le royaume de Dieu '. n Ainsi ce qui esl traditionnel estl'écon
est personnel est le noyau. Et parce qui- In
ROti -schatologique du royaume appartient à
la tradition israélite. M. llarnack trouve tout naturel de la considérer comme étant seulement l'éeorce de l'Evangile; la foi au Die miséricordieux en serait le noyau, en tant qu'élément original dans l'enseignement du Sauveur.
Une telle conception de l'essentiel et île l'.i. aessoîre en matière de croyance évnngélique
n est pas acceptable pour le philosophe ni pour L historien, qui ne peuvent se croire en droit de décider que t'élémeiiLtraditionne] de l'Evangile est suspect ou garanti par le seul fait qu'il est traditionnel, main qui doivent seulement examiner l'importance que Jésus lui-même a ttachoajix différents Objets nu aux dill'ereuts aspects de -.; doctrine. Or le Christ n'a jamais dit ni laisse entendre que l'ancienne révélation lui moins autorisée que celle dont lui-même était I on An contraire, il n'avait pas d'autre prétention que d'accomplir la Loi et les Prophètes; il u voulu sans doute élargir et perfectionner; mais. en élargissent et perfectionnant, il entendait conserver ; il ne s'est pas présenté comme le
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lateur d'un principe nouveau ; s'il ne donne jamais sa définition do royaume de Dieu, c'est que Le royaume dont il es! te messagère! l'Agent
s'identifie, dans su pi n mie dans col le
de ses auditeurs, a celui que le* prophèti »
nvaienl annoncé; il tient à l'espérance du
ame comme il tient au précepte de l'amour
i-t .1 la lui de Dieu.
(1rs trois éléments de son K\:m^ik' .-.oui oui nexes, inséparables, essentiels, quoique, ou ■•.. parce que traditionnels; lia sont l'essence de l'Evangile, parce qu'ils étaient l'es H. la révélation biblique. Que sa façon d'entendre el de sentir Dieu, l'amour et le royaume, boï! plus pure, plus intime, plus vivante que celle de l'Aucien Testament, elle parlait ce qui la précède et ne le détruit pas. Chercher dans l'Evangile un élément tout à fait
nouveau par rapport ■> la relia, le Moïse el
des prnphi les est j chercher rc que Jésus n'y a pas voulu mettre, et ce qui, de son propre aveu, n'y est pas.
la contradiction que l'on découvre antre I idée d'un royaume Avenir et celte d'un royaume ■ 1 • ■ i - ■ présent n'existe que si l'on attribue I la
l.'ÉVAMill.i: l i i l 0U8E
seconde idée un carai 1ère absolu qu'elle n'a dans l'Kvangile. On serait fort cm barrasse prouver, par des textes aulhenl npn -s et clairs. que le royaume, don surnaturel, est un bie purement religieux, l'union avec le Dieu vivan et l'expérience capitale d'un homme, dans I rémission de ses piVhés ' Ici encore la - r.nnl importance que la théologie protestante alla, h a la notion du péché et a la justification peul rendre compte de ce qui, au point de vue de la critique historique, ne serait qu'un parti pris d'apprécier seulement dans l'Kvangile ce dont on a fait soi-même le principal de la religion Nulle part le Chris! ne confond te royautn avec la rémission des péchés, qui est seulemoD la condition d'admissibilité au royaume. Nulle part il n'identifie le royaume avec Dieu même et sa force agissant dans le cœur des individus •' C'est par une exégèse très particulière que l'on trouve cette définition du royaume dans 1 paraboles s . La parabole du Semeur ne signili
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pu que le royaume soil lu parole de Dieu : la parole évangélique, non h- royaume, esl oom parée au grain que le semeur jette dans son champ, cl dont une partit seulement porte fruit. Une partie «le la semence est perdue, 'I
c'est M qui m- peul être dit du royaume. I.a partie de la semence qui profite correspond a la prédication utile, a celle qui suscite des candidats au royaume, mais elle nesi pas le royaume lui-même; elle fructifie pour le royaume, qui es! Le but en vue duquel la semence de la parole a été jetée-, Les paraboles de lu Perle et du Trésor caché ne tendent pas s prouver que le royaume soi) Dieu même, dans le secret du cœur, mais simplement que la félicité «lu royaume éternel
mérite d'être acquise par le sacrifice de loua
le-, biens el avantages terrestres, comme ta belle perle et le trésor enfoui dans le champ rnei ii i ni d'être achetés au pris de tout ce que possédaient ceux qui ont découver! cette perle et ce trésor. L'application de ces paraboles ii e i pus douteuse, et elle est en rapport
In conception esehatologique du royaume La semence ipii eroîl sans que le laboureui
. Ixttr. — L'BvtngiU ri l'ÊglUt, t
L 'ÉVANGILE Kl I.Ki.l.lsK
inquiète ' peut éveiller 1 * i < ï « - • - d'un progrès moral accompli dans les âmos : en réalilcomparaison porte sur te royaume prêché cl sut le royaume manifesté, le premier répondant aux semailles, et le second a la moisson; entre les deux se place le temps où la semence pousse et où l'Evangile grandit. Les paraboles du g <lc Sénevé et du Levain, qui f « » « « I valoir le contraste d'un début chétif et d'un grand résultat final, s'appliquent aussi à l'antithèse du royaume semé par la prédication évangélique.
et. du royaume développé d;uis sa manifestation définitive. Partout l'Evangile est subordonné au royaume proprement dit.
Il est besoin d'une certaine préparation pour trouver que celui qui récite l'Oraisoo dominicale prie uniquement afin de conserver la force i|u il possède déjà et d'affermir l'union dans laquelle il vit avec Dieu '-'. La première partie de ta prière concerne L'avènement du royaume, et le chrétien qui dit : ■■ Que ton règne arri' ne suppose pas que le royaume des cii
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réalise •-11 lui-même. La seconde partie est subordonnée à la première, contint L'Evangile csi subordonné au royaume ; car o'eal en vue du
royaume & venir et prochain que l temande
à ne pas manquer du pein quotidien, a être pardonné] a être préservé de la tentation. La
paternité de Dieu, l'adhésion intérieure à sa
volonté, la certitude d'être en possession de biens éternels et d'être protégé contre le mal n'excluent pas la conception esobatologique du royaume el n'ont même leur pleine signification que par rapport a cette idée. Il est évident que les termes de la prière sciaient tout autres .s'il ne s'agissait que de garantir l'union. déjà existante, de l'individu avec son Père céleste.
La parole : « Que sert a l'homme de gagner
l'univers s'il perd son àmc ' • *, ne signifie pas précisément « la valeur infinie de lame humaine m, abstraction laite de la destinée de l'homme dans le rovaume futur. Jésus dit qu'il faut perdre S« vie dans le temps pour la gagner