‹ L'Évangile et l'église [microform]Chapitre 31 sur 55 · I Cor. XV · texte numérisé non relu

I Cor. XV

2. Saint Paul dit : « selon les Écritures », ce qui montre bien qu'il ne faut pas exaj,-érer le caractère historique de la tradition dont il parle.

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LE FILS DE DIEU

videntielle de la résurrection, condition voulue de Dieu, acceptée par Jésus. Il ne faut pas trop insister sur ce que la mort du Christ a mis fin aux sacrifices sanglants ^ ; car l'idée de la mort expiatrice n'a pas contribué seule ni principalement à ce résultat. Les Juifs n'offraient de sacrifices qu'à Jérusalem, et les disciples de l'Evangile n auraient pu songer à en offrir ailleurs; leur séparation d'avec les Juifs, et la destruction du temple ont eu pour eux une conséquence qui est acquise aussi bien pour les Israélites. On peut penser que l'idée morale du sacrifice devait en éliminer finalement la réalité physique; mais les faits y ont contribué d'abord plus que ridée, et il n'est pas rigoureusement vrai dédire que l'une a remplacé l'autre. C'est aussi jouant quelque peu sur le double sens du mot « sacrifice », que l'on parle, à ce propos, de la loi qui veut que le progrès, dans l'humanité, s'achète par la souffrance et souvent la mort de ceux qui y contril)uent le plus efficacement -. Entre l'homme qui meurt victime de sa destinée,

ou plutôt de la résistance que la force d'mertie oppose à la force de mouvement, et l'agneau, le bouc, ou même l'être humain, victimes immolées à une divinité pour mériter sa faveur, il n'y a qu'une analogie qui explique l'emploi du même vocabulaire, mais dont l'historien ne doit pas être dupe. Quant à l'idée que, le mal et le péché réclamant un châtiment, il y a dans la sou rance du juste une expiation qui purifie \ elle est comme intermédiaire entre la notion materielle du sacrifice et sa notion purement spirituelle, conforme à la première par l'idée de satisfaction expiatoire, touchant à la seconde par rélément moral qu'elle contient ; c'est une conception symbolique où il ne faut pas trop se presser de voir l'expression d'une vérité absolue indestructible, sous cette forme particulière, dans la conscience des hommes. Cette conception mixte est dans le second Isaïe ; il n'est ^ pas autrement prouvé qu'elle appartienne a l'enseignement de Jésus et à la foi de la première communauté. Le passage de Marc^^ ou

LE FILS DE DIEU

on lit que le Christ est venu « donner sa vie en rançon pour beaucoup » a toute chance ^ d'avoir été influencé par la théologie de Paul, et Ton peut en dire autant des récits de la dernière cène. Il semble que, selon le texte primitif de saint Luc ^, Jésus présente le calice et le pain à ses disciples, en envisageant la perspective de sa mort imminente et de sa réunion future avec les siens dans le royaume de Dieu, mais sans faire ressortir le caractère expiatoire et l'intention rédemptrice de sa mort. Le récit de Marc paraît fondé sur une relation toute semblable à celle de Luc, où ce qui est dit du « sang de Falliance » aurait été ajouté d'après l'enseignement de Paul : u Et prenant le calice, après avoir rendu grâces, il le leur donna, et ils en burent tous. Et il leur dit : Ceci est mon sang de ValUance, répandu pour plusieurs. En vérité je vous dis que je ne boirai plus du produit de la vigne, avant le jour où je le boirai nouveau dans le royaume de Dieu 2. »

^ 1. XXII, 18-19, jusqu'aux mots : « Ceci est mon corps »; la suite du v. 19 er le v. 20 ont été pris de la première Épître aux Corinthiens (xi, 24-25), et semblent avoir été ajoutés après coup.

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