‹ L'Évangile et l'église [microform]Chapitre 36 sur 55 · P. il · texte numérisé non relu

P. il

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ecclésiastique s'est établie, rejetant en dehors d'elle quantité de sectes qui se disent aussi chrétiennes ; elle est constituée par les diverses Eglises répandues dans l'empire romain et qui, bien que mutuellement indépendantes, sont en rapport constant et régulier, organisées intérieurement de la même manière, et professent une doctrine commune où les règles de la discipline se distinguent des règles de la foi. Chaque Eglise se considère comme l'organe d'un culte qui a ses rites solennels, et dont les actes principaux ne peuvent être accomplis que par les prêtres. C'est que le formalisme s'introduit fatalement dans les religions qui durent, après que la ferveur d'enthousiasme qui leur a donné naissance est passée ; c'est aussi que « la lutte contre le gnosticisme a forcé l'Eglise à exprimer sa doctrine, son culte et sa discipline, dans des formes et des lois fixes, et à exclure quiconque ne s'y soumettait pas ^ ». Grand dommage pour la liberté î Mais la vie primitive avait disparu. « La médiocrité fonda l'autorité -. » Cependant on peut voir par les Actes

l'église

des martyrs, les écrits de Clément d'Alexandrie et de Tertullien, que l'Église (c n'avait pas étouffé l'Évangile ^ ». /

L'Église, en Orient comme en Occident, s'est ,

organisée en institution juridique et en administration politique. Toutefois en Orient, le développement hiérarchique n'aboutit qu'à la constitution d'Églises nationales, fortement dépendantes du pouvoir civil. Les choses se passèrent tout autrement en Occident, où l'empire s'était écroulé dès le v^ siècle. « Sous main, l'Eglise romaine se substitua à l'empire romain, qui, en réalité, se survécut en elle ; l'empire n'a pas péri; il s'est seulement transformé.... L'Eglise romaine gouverne toujours les peuples; ses papes régnent comme Trajan et Marc-Aurèle ; à la place de Romulus et de Rémus sont venus Pierre et Paul; à la place des proconsuls, les archevêques et les évêques ; aux légions correspondent les troupes de prêtres et de moines ; à la garde impériale, les Jésuites. Jusque dans les détails, jusque dans les particularités de droit, et même jusque dans les habits , on peut suivre

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