épiître de Jean, I
2. Saint Augustin, In loannis nn tr. XXXVI, 1 (Migne, P. L., t. XXXV, c. 1663).
pement de l'argument, l'affirmation décisive.
Cette « économie » convient aux apologistes
qui s'adressent à ceux du dehors, juifs ou païens ignorants du Christ, pour les préparer graduellement à la révélation de la divinité. Saint Jean, lui, vise directement des chrétiens: : ; , I
Le quatrième évangile, avant d’être rédigé
ss ? | et publié, a été parlé par son auteur à un
cercle immédiat de disciples !. Il n’y faut pas,
voir, comme c'était la tendance de l’école de Baur, un chef-d'œuvre jailli tout d’une pièce, dans un éclair de gémie, du cerveau d’un grand écrivain. L'ouvrage a été longuement préparé, pensé, prêché par fragments,
avant de prendre sa forme littéraire défim-.
tive. L’unité de pensée et de sentiment mettait un lien entre ces expositions orales, car toutes se rapportaient aux grandes vérités sur lesquelles s'était arrêté de préférence
l'esprit de lévangéliste : divinité du Christ
avec les signes que la manifestaient, réponses
diverses des âmes, opposition de la lumière
et des ténèbres, de la foi et de l’incréduhité. Quand il a mis par écrit son enseignement, l'apôtre a continué à supposer des lecteurs qui avaient déjà quelque connaissance du
4. Cf. J.B. Lightfoot, Biblical Essays, Londres, 1893, p. 197; et surtout V. H. Stanton, The Gospels as historical documents, t. II], Cambridge, 1920, p.178 sqq.
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Christ. C’étaient les mêmes fidèles auxquels il adressait sa première épître et dont :l disait avec éloge : « Vous avez l’onction du Saint-Esprit et vous savez toutes choses. Je ne vous écris pas comme à des gens ignorants de la vérité, mais comme à ceux qui la connaissent !. » Saint Jean se propose de parfaire cette connaissance religieuse, surtout en tant qu'elle est connaissance du Christ toujours vivant et présent, de faire pénétrer ses lecteurs dans l’intime du Maître, de leur révéler ses pensées et ses intentions profondes, telles que les ont manifestées ses paroles et ses actes les plus significatifs.
Dès le début de son évangile, il livre à ses lecteurs la clef qui leur donnera l'intelligence de la vie du Christ et de son action continue dans l'Église : c’est le dogme du Verbe incarné. « Au commencement était le Verbe
ét le Verbe auprès de Dieu ete Verbe était Dieu. Il était au commencement auprès de Dieu... Et le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous et nous avons contemplé
. sa gloire, gloire qu’iltient du Père en qualité
de Fils unique, plein de grâce et de vérité 2.» De nos jours encore, cette vive clarté, pro-
- 4. Fe épître de Jean, 1, 20-21.