‹ L'Évangile et les ÉvangilesChapitre 167 sur 177 · LS MP · texte numérisé non relu

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composition !, il est facile de découvrir une histoire d’un dramatique intense. Une action

se prépare, puis sé noue, des passions se heurtent, une crise éclate dont le pathétique est inégalé : qu'y a-t-1l de plus profondément émouvant que le drame des âmes qui prennent parti pour ou contre la Vérité incarnée?

Dans les quatre premiers chapitres de lévangile, avec le commencement de la

mission publique de Jésus, la lumière se

lève sur le monde comme une aube mys-

térieuse, et les hommes, touchés de la douceur

de ses premuers rayons, semblent disposés à lui faire bon accueil. L’enseignement de Jésus se précise, la lumière monte dans le

ciel et, à mesure qu’elle brille avec plus de

clarté, les âmes commencent à se discerner, les sympathies et les antipathies se dessinent : période de tendances, d’inchinations ou méfiances, plutôt que de partis arrêtés (chap. V et VI). Puis les antagonismes s’accusent : les disciples se serrent autour du Maître avec une foi plus ferme et plus lucide; les

4. Uniformité d’ailleurs exagérée par la plupart des critiques radicaux. Nous l’avons déjà fait observer, un récit comme la guérison de l’aveugle-né au chapitre IX est un petit chef-d'œuvre de vérité psychologique; on peut en dire autant de la rencontre avec la Samaritaine ou du récit de la résurrection de Lazare,

ennemis forment bloc (chap. VIL XII). dé

avoir été témoins de «tant et de si grands miracles », les chefs juifs en sont venus à ce point d’endurcissement que, suivant la forte | parole de l’évangéliste, «ils ne peuvent plus croire ! ». À la fin Jésus reste seul avec un petit groupe de fidèles, auxquels dans lintimité d’une salle close et d’un repas d'adieu, il révèle les ultimes secrets de son cœur (chap. XIII-XVIT). Au dehors, la haine.

atteint son paroxÿsme et pour un temps les puissances des ténèbres triomphent (chap. XVIIT-XIX). Mais la lumière sort du tombeau et l’évangile s'achève dans la séré-. nité d’une apparition du Christ ressuscité, par un clair matin d'Orient, sur les bords

{. Jean, XII, 39. — On 2 plus d’une fois cru Voir

dans ce texte : «Les Juifs ne pouvaient pas croire, parce : qu'Isaïe a dit : Il a aveuglé leurs yeux », la preuve que

Dieu a voulu positivement l’incrédulité des Juifs, C'était le mal interpréter. Cè qui apparaît en fait, dans le quatrième évangile, c’est que les chefs juifs, —1l s'agit

principalement d’eux, — par leur endurcissement pro-

gressif, «après tant et ‘de si grands miracles » (Jean, XII, 37) avaient perdu le pouvoir prochain de croire en Jésus, de passer facilement de l’incrédulité à la foi. Get endurcissement était œuvre de leur mauvaise volonté, non . forcé par Dieu, et il n’était pas impuissance totale. Il. leur restait le pouvoir éloigné de croire, c’est-à-dire le pouvoir de poser des actes qui les eussent graduellement: libérés de leurs préjugés et les eussent progressivement préparés à la foi au Christ.

enchanteurs du lac de Galilée (chap. XX- À de

Dans les évangiles synoptiques, L parousie | apparaissait eu fond de tableau, à la fin des - emps, comme le dernier acte de l’histoire + dé l'humanité. Cette doctrine n’est pas ab- … sente du quatrième évangile, — saint Jean … né répudie aucune des espérances chré- - “tiennes !, — mais à cette perspective mystérieuse 1l ajoute l'intérêt dramatique d’un 6 : jugement qui se fait sous nos yeux. Par .… leur attitude vis-à-vis de la lumière, les | âmes se discernent, le jugement s'opère qui ne Lo le « monde » et les anus du Christ.

ne incessamment, par nes des He

R met la conversion des autres ?. » La sentence solennelle que prononcera le Fils de V homme,

entière, ne fera que RE une séparation déjà Éfféchuée dans l'intimé des âmes. Tout Vintérêt qui s'attache à la fixation d’une des- ‘tinée, se trouve ainsi ramené vers la vie pré-

La vie est un perpétuel drame en action; st F “24 us V,.22, 27-29.

2. Dans Christus, 5e éd. ; (Paris, 1928), la Religion chrécienne P 1053.

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à chaque instant, l'homme se discerne, à chaque instant le jugement s'opère, et cette doctrine du jugement devenu une réalité actuelle met dans le récit un pathétique qui va -croissant comme dans la tragédie la mieux conduite. HR

« Celui qui ne croit pas est déjà jugé, du moment qu'il n’a pas eru au nom du Fils unique de Dieu. Or, voici le jugement :.

c’est que la lumière est venue dans le monde et que les hommes ont mieux aimé lesténèbres que la lumière, parce que leurs œuvres étaient mauvaises. Car quiconque fait le mal, hait la lumière et ne vient pas à la litre. de peur que ses œuvres n'apparaissent dignes de condamnation; mais celui qui pratique la vérité, vient à la lumière, de façon que ses œuvres soient Inotifontées comme ayant été faites en Dieu !. »

Cette compénétration du spirituel et du sensible, de l'humain et du divin, ce réalisme chrétien vraiment intégral expliquent lharmonieuseé rencontre en saint Jean dé traits qu'une critique superficielle juge incompatibles. Le quatrième évangile est assurément l'évangile de la grâce, de la vie divine en

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