‹ L'Évangile et les ÉvangilesChapitre 88 sur 177 · Mare, VIII · texte numérisé non relu

Mare, VIII

Le: Pol

réprimée sur le moment, cette détestable superstition perçait de nouveau, non pas seulement en Judée, où le mal avait pris naissance, mais encore dans Rome, où tout ce qu'il y a d’affreux ou de honteux dans le monde afflue et trouve une nombreuse chentèle, On commença done par se saisir de ceux qui confessaient leur foi, puis sur leurs révélations, d’une multitude d’autres, qui furent convaincus moins du erime d'incendie que de

“haine contre le genre humain. On ne se con-

tenta pas de les faire périr : on se fit un jeu de les revêtir de peaux de bêtes pour qu'ils fussent déchirés par la dent des chiens; ou bien ils étaient attachés à des croix (ou enduits de matières inflammables), et, quand le jour avait fini, ils éclairaient les ténèbres comme des torches. Néron avait offert ses jardins pour ce spectacle, et donnait des jeux au Cirque, où tantôt en habit de cocher il se mêlait à la populace et tantôt prenait part à la course debout sur son char. Aussi, quoique ces gens fussent coupables et dignes des dernières rigueurs, on se mettait à les prendre en pitié, car on se disait que ce n’était pas en vue de l'intérêt public, mais pour la cruauté d’un seul qu’on les faisait disparaître 1. »

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