Pièce de bois ou de fer, percée, à des intervalles
miraculeuse, le tremblement de terre qui ouvre les portes du cachot, l’effroi du geôlier et sa conversion avec toute sa maison. Luc et Timothée ne semblent pas avoir été
“inquiétés, comme étant moins en vue que
Paul et Silas, mais pour eux qui appréhen-
-daient mieux que nous l'horreur de la « prison . intérieure » dans une petite ville de province, comme les souffrances de leurs compagnons
ont dû les faire douloureusement frissonner!
La persécution finit par un triomphe, au moins relatif. Apprenant que Paul et Silas étaient citoyens romains, les magistrats les relâchèrent, non sans avoir fait amende hono-
. rable, et pour s’éviter de désagréables his-
toires s1 le bruit se répandait dans la colonie que, comme des Verrès au petit pied, ils avaient odieusement flagellé des citoyens de Rome, ils prièrent les deux missionnaires de
“quitter la ville. Après avoir-dit adieu à la
bonne Lydia et aux frères réunis dans sa maison, Paul et Silas s’éloignèrent dans la
direction de Thessalonique.
À ce point du récit, l’auteur reprend le mode impersonnel. C’est que Paul et Silas sont parts seuls vers les plaines où coule le
réguliers, de trous où s’emboîtaient les pieds des captifs.
Vardar; Luc et Timothée sont restés à Phi-
hppes. Le séjour de Timothée fut de courte “durée; après quelques semaines, le jeune catéchiste rejoignait Paul et Silas à Bérée. Pour
saint Luc, au contraire, la séparation serait
beaucoup plus longue, environ dix ans. Pendant ce temps, il s’échipse; on devine qu'il passa une partie, sinon la totalité de linter- -valle, à Phihppes, car c’est là qu’il se joindra de nouveau à saint Paul, lorsqu’au cours de son troisième grand voyage apostolique (printemps de 57), lApôtre visitera ses chers Philippiens 1. Quelle raison décida saint Luc à rester à Phihppes, affaires à régler ou apos-
tolat à exercer? Ce dernier motif n’est pas le
moins vraisemblable. Paul et Silas avaient
fondé la chrétienté dans la souffrance; leur
sang avait coulé sous les verges. Eux parts, il restait à bâtir sur ce fondement, à instruire les néophytes, à en recruter de nouveaux. Il
n’est pas téméraire de penser que saint Luc a
travaillé à cette œuvre de consohdation. Sa
qualité de médecin lui facihitait, comme aux
missionnaires de nos jours, l'entrée dans les
maisons païennes, son expérience de la vie
chrétienne lui donnait autorité sur les convertis d'hier. Dans une communauté jeune, à