PARABOLE DES OUVRIERS ENVOYÉS A LA VIGNE
16. Ainsi les derniers seront les premiers, et les premiers seront les derniers; car il y aura beaucoup d’appelés, mais peu d’élus.
ET EXÉGÉTIQUES
f. 2. — D’un denier par jour : Denario diurno. — D’après Cornélius a Lapide, le mol. denier ne spécifierait pas ici la somme convenue avec les ouvriers, car il y en avait de cuivre, d’argent et d’or; un simple, un autre double. Ce serait donc ici un terme général de monnaie. Malgré cette grande autorité , la précision que l’on trouve constamment dans l’Évangile ne semble-t-elle pas autoriser à prendre le mot denier dans son sens spécial? La valeur du denier était d’un franc environ'. Or, il y a peu d’années, tel était en France le prix de la journée d’un ouvrier de la campagne. Nous avons vu i 2, à l’occasion de la multiplication des pains , que le pain blanc valait de 30 à 40 centimes le kilogramme. Le pain d’orge , dont se nourrissaient les ouvriers , valait la moitié de ce prix. On lit, en effet, au IVe livre des Rois 3 , qu’un muid de farine vaut un statère, et que c’est également le prix de deux muids d’orge. Le pain d’orge aurait donc valu de la à 20 centimes le kilogramme, et à ce prix, un homme gagnant un franc pouvait se nourrir, ainsi que sa famille, surtout si l’on songe à la sobriété des Orientaux.
j. 3. — Vers la troisième heure : Circa horam tertiam. — Les Romains, puis les Juifs, soumis par Pompée, partageaient de même le jour et la nuit en douze heures et quatre parties. Ils appelaient veilles dans les camps 4 celles de la nuit, parce qu’ils changeaient au commencement de chacune les veilleurs ou factionnaires. La première heure du jour commençait au lever du soleil; la troisième, ou tierce, trois heures
i Voir ch. xlv. — - Ch. lnxviii.
;; IV Rois, vu, t. — 4 Virjilias in caslris.
après; sexte, six heures après le lever du soleil , c’est-à-dire à midi ; noue, trois heures après midi, et la douzième heure, ou vêpres, au coucher du soleil. Dans l’hiver, les heures du jour étaient plus courtes, celles de la nuit plus longues, et vice versa dans l’été '.
^.4. — Allez a ma vigne : Ile in vineam meam. — La vigne paraît originaire de l’Asie tempérée; mais on la rencontre souvent dans les bois de toutes les contrées où elle se cultive depuis longtemps en grand. Il nous faut remonter jusqu’aux temps des patriarches, jusqu’à Noé, pour trouver les premières notions sur la culture de la vigne.
Raisin de Kérac , Arabie Pétrèe , d'après Léon de la Borde.
Pline et Virgile regardaient comme infini le nombre des variétés de la vigne; mais on pense que toutes ces prétendues variétés proviennent d’une seule et même espèce. On conçoit combien
i Cornélius a Lapide.