LE FIGUIER DESSÉCHÉ
nésaretli, on cueillait des raisins et des figues pendant dix mois de l’année sans interruption , et même que le figuier égyptien donnait quelquefois jusqu’à sept récoltes dans l’année. La route de Béthanie à Jérusalem devait abonder en figuiers, car le nom du village de Bethphagé. situé entre ces deux villes, signifie village des figuiers. Il y en avait, dans le jardin des plantes de Jérusalem, une allée dont les fruits étaienl si délicieux, qu’ils se vendaient jusqu’à trois el quatre as la pièce '.
Ménochius explique que l’action de Jésus maudissant le figuier, alors même que ce n’était pas le temps des figues, était symbolique. Le figuier stérile, c’était la synagogue, de qui le Seigneur avait plus d’une fois attendu des fruits, mais en vain : or si les arbres ont une époque pour porter des fruits, les hommes doivent servir le Seigneur et faire le bien en tout temps.
Le figuier commun [ficus carica) atteint, dans le midi de l’Europe et dans les climats plus chauds, de six à dix mètres de haut, et de un mètre trente à deux mètres de circonférence. L’écorce, grisâtre, est assez unie. Les branches nombreuses, étalées, disposées en tête arrondie et touffue. Les jeunes pousses verdâtres, feuilles larges de vingt à quarante centimètres, d’un vert foncé en dessus , d’un vert pâle en dessous. Cette espèce est cultivée de temps immémorial dans toutes les contrées voisines de la Méditerranée. Les figues qui occupent le bas des ramifies sont plus précoces, et en général plus grosses. En Provence on les appelle figuesfleurs; celles qui naissent vers l’extrémité des ramules mûrissent deux à trois mois plus tard que les autres2.
Le figuier peut vivre très-longtemps. Celui de Romulus donnait encore des fruits la troisième année de Néron 3.
y. 6. — Ils vinrent à Jérusalem : Veniunt Hierosolymam. — Saint Matthieu et saint Luc pourraient sembler rapporter au même jour l’entrée à Jérusalem et l’expulsion des vendeurs du temple ; mais saint Marc, dit le P. Lamy, explique si clairement que les vendeurs n’ont été chassés que le lendemain, qu’il a cru devoir s’y con-
1 Sepp, II, 238. — 2 Spach. — 3 Michon . Il,
former. Le premier jour, lorsque Jésus entra à Jérusalem , il était déjà tard ; il examina toul ce qui se passait dans le temple et revint à Béthanie. Toute cette première journée avait été employée aux préparatifs du triomphe et au triomphe lui-même. Jésus avait envoyé ses disciples chercher l’ânesse et son à non. Lorsque le bruit se répandit à Jérusalem qu’il était allé à Béthanie, et qu’il se disposait à entrer dans la ville sainte , la foule vint au-devant de lui, et ce cortège ne pouvait aller vite, ainsi que c’est l’usage. Il entra donc tard à Jérusalem, et n’aurait pas eu le temps de chasser du temple ceux qui y vendaient et achetaient.
De même, lorsqu’il s’agit du figuier desséché, saint Matthieu abrège en racontant en même temps sa malédiction et sa dessiccation. Mais saint Marc distingue. Il dit qu’il a été maudit quand Jésus, retournant à Jérusalem, n’y trouva pas de fruits, mais il ne dit qu’il a été desséché qu’après que le Seigneur eut chassé les vendeurs du temple , quand il l’a été réellement ou quand les disciples le remarquèrent. Il faut donc croire que saint Marc a été plus précis , tandis que les autres évangélistes n’ont pas eu dessein de rapporter l’ordre exact de ces faits.
>. 7. — Les tables des changeurs : mensas nummulariorum. — Nous avons déjà dit1, en racontant comment une première fois le Seigneur avait chassé les vendeurs , que des changeurs étaient assis à des bureaux pour donner, moyennant un certain droit, des monnaies sacrées pour des monnaies profanes : les Juifs payaient au temple par tête un demi-sicle. Ce sont les tables de ces changeurs qui furent renversées par Jésus-Christ.
f. 8. — Qu’on transportât un vase par le temple : Quisquam transferret vas per lemplum. — Il ne permettait de porter aucun vase dans le temple. Le mot vase est pris ici dans un sens général pour exprimer toute vaisselle, ou tout objet servant à des usages profanes. Vas est un mot qui, dans le texLe sacré, s’applique à beaucoup de choses. Il y est dit que des flèches sont vas mords, le vase de la mort. Un
i Ch. lii.