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CHAPITRE CXXXI1I

NOTES ARCHÉOLOGIQUES

ET EXÉGÉTIQUES

jr. 2. — L’abomination de la désolation... dans le lieu saint : Abominalionem clesolationis... in loco sancto. — Nous avons déjà fait remarquer que le texte grec désigne plutôt le parvis du temple que le temple. Ce parvis était entouré de hautes murailles et de portiques. D’après la loi, le toit de ces portiques avait des ailes ou un faîtage que l’Évangile appelle pinnciculum templi. Peu de temps avant le siège de la ville, une guerre civile s’étant élevée entre les Juifs, les zélateurs s’emparèrent du temple, placèrent sur le faîte des machines de guerre ; et le sol sacré fut pollué. Ainsi il faut reprendre j les choses de plus haut pour expliquer plus clairement le passage de l’Évangile qui nous occupe.

Les dissensions des Juifs qui commencèrent quelques mois avant que les Romains songeassent à assiéger Jérusalem furent cause de sa ruine. Nous le répétons, les Juifs qui se disaient les zélateurs s’emparèrent du temple et de son faîte. Ils combattirent de là ceux qui les attaquaient. 11 en résulta que la maison de Dieu , que le temple était profané de toutes parts et rendu impur par les corps morts dans ces combats *.

Jésus-Christ annonçait ces abominations qui devaient précéder le siège de la ville ; elles furent pour les chrétiens le signal de la quitter, avant qu’elle fût entourée de circonvallations, car ensuite les Romains ne laissèrent sortir personne. Il en résulta que les chrétiens ne soutinrent pas avec les Juifs les calamités d’un siège si rigoureux. Tout le peuple des fidèles de l’Église de Jérusalem2 avait, d’après l’oracle divin, reçu l’ordre, intimé aux plus saints d’entre eux, de quitter la ville avant le commencement de la guerre, et d’aller habiter un bourg nommé Pella, de l’autre côté du Jourdain.

Dans aucun siège les assiégés ne furent ré-

1 Joseph. De Bell. IV, iii et vi.

2 Eusèbe, Ilist. ccclès., III, v.

duits à de tels malheurs; car non -seulement ils mouraient de faim, mais ils se battaient entre eux. Ces faits ne seraient pas croyables, s’ils n’avaient eu pour témoin oculaire et pour historien un homme qui ne peut être soupçonné de les avoir aggravés pour servir la cause des chrétiens 1 .

Pella, où ils se réfugièrent, n’est pas trèséloignée de Jérusalem, à la limite nord de la Pérée. Cette ville, étant habitée par des Grecs, n’était pas exposée aux exactions que les Romains exerçaient partout sur les Juifs2.

■jL 7. — A cause de la difficulté qu’elles auront à fuir.

y. 11. — Ils tomberont sous le glaive: El codent in ore glctdii. — Josèphe prétend qu’il en périt ainsi pendant le siège onze cent mille, et que ceux qui restaient et qui avaient échappé au fer furent conduits en captivité dans toutes les provinces, au nombre de quatrevingt-dix-sept mille3. Titus réserva pour son triomphe les plus beaux jeunes gens ; il en envoya d’autres en Égypte, condamnés aux travaux ; en distribua d’autres aux diverses provinces pour les combats avec les bêtes féroces; vendit le reste, etc. Il faut lire les détails de ce siège dans Josèphe lui -même. Rien n’est plus émouvant.

Le Seigneur ajoute : Jérusalem sera foulée aux pieds par les gentils. Le peuple juif sera toujours opprimé par la tyrannie des nations chez lesquelles il a été conduit en captivité; les calamités qui fondent sur la ville et la nation, et qui sont la peine de sa faute, ne cesseront pas avant l’accomplissement des temps marquant la fin de la domination des gentils sur lui, et l’époque de leur jugement 4.

i Lamy. — 2 Jd.

3 Joseph. De Bell. VII, xvn. — 4 Lamy.

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