DU JARDIN DES OLIVES AU PRÉTOIRE
Essayons de suivre Notre- Seigneur parcourant la ville, aux derniers moments de sa vie. Le cénacle, d’où il est parti, pour aller au jardin des Oliviers, étant voisin de la maison de Caïphe, il dut prendre la route que nous allons le voir suivre après son arrestation.
Il part de la grotte de l’Agonie, longe le jardin des Oliviers, suit la vallée du Cédron, passe sur un pont qui existait encore il y a peu d’années ; montant alors la côte exposée à l’est et dominée par le temple, il longe au midi l’enceinte d’Ophel, au-dessus de la piscine de la Vierge ; entre dans la ville par la porte Sterquilinaire ; prend une rue à gauche, jusqu’à la maison d’Anne, où il s’arrête quelques instants ; et, se dirigeant vers l’ouest-sud-ouest, arrive à la maison de Caïphe, qui est actuellement hors la ville près la porte de Sion. Une église bâtie sur l’emplacement de cette maison la désigne à la piété des pèlerins. On y voit contre le mur de l’église, au côté droit, une colonne debout, sur
laquelle, dit-on, le coq chanta deux l'ois >. De nombreux fragments de pierres antiques, la petite cour , l’atrium , subsistent encore. Une petite galerie haute représente assez bien la disposition première de la maison juive.
En quittant la maison de Caïphe le vendredi matin pour aller au sanhédrin, le cortège du Sauveur dut repasser devant la maison d’Anne, suivre une longue rue qui existe encore au centre de Sion, qui se prolonge par l’enceinte à l’ouesl d’Acra, et retourne à angle droit en continuation de l’enceinte au nord de Sion, pour aboutir au temple, où se tenait le grand sanhédrin, devant lequel Jésus dut comparaître.
On ignore la voie qu’il suivit pour aller du sanhédrin au prétoire ; ce fut peut-être par une porte nécessairement ouverte de la tour Antonia sur le parvis du temple , et destinée au passage des troupes romaines que le gouverneur faisait sortir pour maintenir dans le peuple la tranquillité souvent compromise par des émeutes.
Au chap. cliii, nous suivrons la voie douloureuse du prétoire au Calvaire.
i Doubdan, p. 174.