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LE CRUCIFIEMENT

Notre -Seigneur paraît avoir été crucifié nu, comme les criminels : cette représentation a toujours répugné aux chrétiens , qui l’ont d’abord revêtu du colobium, espèce de longue tunique sans manches; puis d’une jaquette courte descendant de la ceinture jusqu’aux genoux; puis, comme aujourd’hui , d’un simple linge tourné au tour des reins 1 .

VU SIÈCLE

La Bible syriaque de la bibliothèque de San- Lorenzo à Florence 2 nous offre une des plus anciennes représentations du crucifiement , que nous avons copiée d’après l’original. Notre-Seigneur, attaché à une croix un peu plus élevée que les deux autres , est vêtu d’un long colobium violet avec des bandes d’or ; sa tête, entourée d’un nimbe bleu et or; ses pieds, séparés, ne reposent pas sur un suppedaneum; ils sont, comme ceux des larrons , percés dans le cou-depied. Deux globes, l’un rouge, et l’autre violet dans le ciel. Un soldat, en tunique rouge, audessus de la tête duquel on lit : AOEINOC, perce de sa lance le côté droit, sous le colobium ouvert à cette place. Un autre soldat, en tunique blanche , lui présente une éponge au bout d’un bâton, et tient un seau en bois jaune rempli d’un liquide rouge.

Les deux larrons, à droite et à gauche de Notre- Seigneur, sont couverts d’une jaquette très-courte qui s’arrête au-dessus des genoux. A droite du Sauveur, au-dessus de la croix du larron, la sainte Vierge en robe violette et nimbe d’or serti d’un cercle bleu foncé. Saint Jean, sans nimbe, à côté d’elle. Sous la croix de l’autre larron, trois saintes femmes, sans nimbes, vêtues, la première, d’un manteau bleu et d’une robe couleur d’ocre; la seconde, d’un manteau couleur d’ocre, et la troisième, d’un manteau violet. Trois soldats, assis au pied de la croix, semblent se partager un manteau violet.

La seconde plaque d'ivoire du musée du Vatican, dont nous venons de parler 3 au Portement de croix, comprend un des plus anciens Crucifiements. Noire-Seigneur, ressemblant à un enfant, est attaché sur la croix, les reins en-

1 Pour les détails du crucifiement, voir le Mém. sur les inslr. de la Pass ., p. 39.

2 PI. LXXXVII, fig. 1. — 3 Ibid., fig. 2.

tourés d'un linge extrêmement étroit, et la tête d’un nimbe simple et surmonté de l’inscription Rex Jud. On voit seulement les clous des mains. Les pieds sont séparés. Un Juif, coiffé du même bonnet que sur les sarcophages, le menace du poing, comme dans le graphite du Palatin. A sa droite, la sainte Vierge, entièrement enveloppée dans son manteau , et saint Jean. A gauche, Judas pendu à un chêne. Un sac de monnaie ouvert se vide à ses pieds. Sur une branche de l’arbre, un oiseau donne la becquée à deux oisillons placés dans un nid.

VIIU SIÈCLE

Ciampini reproduit, à une échelle trop petite pour qu’on la rapporte ici, une mosaïque de l'ancien Saint-Pierre (an 703) , où le Crucifié est également vêtu d’une longue robe, les mains et les pieds percés de quatre clous , le côté percé ; puis, des deux côtés de la croix, le soleil et la lune.

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