CHAPITRE LXXXIX
NOTES ARCHÉOLOGIQUES
ET EXÉGÉTIQUES
■f . 2. — Le jour de la fête des Tabernacles : Dies festus Judœorum. — Le huitième jour de la solennité des Tabernacles, tous les Hébreux quittaient les tentes de feuillage à l’ombre desquelles ils venaient de passer une semaine, en souvenir du séjour de leurs aïeux au désert, sous les pavillons de Moïse. La multitude tout entière, réunie sous les portiques du temple, assistait au sacrifice du matin. Ce jour-là, nul autre qu’un Juif ne pouvait prendre part à la solennité ; et le parvis des gentils restait vide. Après l’immolation des victimes sur l’autel, un prêtre désigné pour cet office se rendait à la source de Siloé, où il puisait trois mesures d’eau vive dans une coupe d’or. Précédé des lévites, il revenait au temple par la porte de l’Eau, la même par laquelle Notre-Seigneur fit son entrée triomphale.
Il était reçu au son des trompettes sacrées et montait à l’autel. Aux deux angles étaient disposées deux coupes d’argent, l’une vide, l’autre remplie de vin. L’eau de la coupe d’or était transvasée dans la coupe vide, puis mêlée avec le vin delà troisième. Cependant le peuple, portant à la main des palmes, des branches de myrte et de figuier, défilait processionnellement autour de l’autel , en chantant les hymnes de délivrance. Quand l 'alléluia qui terminait chacune des strophes alternées par deux chœurs de musiciens se faisait entendre, tous les rameaux étaient agités etélevésen l’air, avec des acclamations joyeuses. Après le défilé, le prêtre offrait une libation, sur l’autel du Seigneur, avec l’eau de Siloé mêlée de vin, et le peuple assemblé chantait d’une seule voix ces paroles du prophète Isaïe : « Vous puiserez avec allégresse aux sources du Sauveur1. » Les petits enfants eux- mêmes faisaient partie de la procession. Cet usage se retrouve chez nous au dimanche des Rameaux ; et de même que nous conservons toute l’année les palmes qui ont été hénies en ce jour, ainsi les Juifs gardaient les loulabim ou branches d’arbres de la fête des Tabernacles. Ils les attachaient avec des fils d’or ou d’argent , et les prenaient quand ils !
« Darras. II, 229.
visitaient les malades et quand ils allaient au temple R
Ce huitième jour de la fête des Tabernacles se terminait par une illumination dans le temple, dont les reflets éclairaient les cours et le devant des maisons de la partie occidentale de la ville où étaient dressées les tentes, ce qui ajoutait à la solennité2.
Les Juifs font encore aujourd’hui la mémoire de la fête des Tabernacles, en dressant chez eux, en un lieu découvert , une cabane tapissée el couverte de verdure 3.
y. 5. — Ses frères * : Fratres ejus. — Ce n’étaient pas les fils de Joseph, comme le veulent Cyrille et d’autres ; car Joseph resta vierge. Ce n’étaient pas non plus Jacques et Jude, comme le croit saint Chrysostome; car ils étaient déjà parmi les apôtres qui croyaient au Christ, et qui le suivaient. Ces frères étaient les cousins de la sainte Vierge, ou même de saint Joseph, comme le dit saint Augustin5.
Ne croyaient pas en lui : Ncque... credcbant in eum. — * C’est-à-dire que ses proches ne croyaient pas qu’il fût le Messie. Aveuglés parles préjugés de leurs compatriotes, ils attendaient comme Messie un prince grand et puissant selon le monde *.
y. 10. — * Jésus n’avait pas l’intention d’aller à Jérusalem au commencement de la fête, voulant ainsi éviter l’éclat et ne pas exciter la jalousie des pharisiens*. Voy. le vers. 14.
Il alla aussi lui-même : Ipse ascendit. — Jésus va, ou, pour être plus exact, monte à Jérusalem. La ville sainte, en effet, s’élève au-dessus de toutes les villes de la Judée; c’est une des plus hautes de l'univers : Nazareth n’est élevée que de 250 mètres au-dessus du niveau de la mer; Jérusalem est de 500 mètres encore plus élevée G.
i Sepp. II, 165. — - ld., II, 174.— ;i De Ligny, 1,404. — 4 Voir, pour le sens de ce mot, les notes du chapitre vu. — 5 Cornélius a Lapide. — (> Sepp, II, 160.