CHAPITRE XCVII
NOTES ARCHÉOLOGIQUES
ET EXÉGÉTIQUES
Sur l’enfant prodigue, il faut voir la lettre de saint Jérôme au pape Damase, qui lui avait demandé un commentaire de cette parabole.
f. 8. — Dix drachmes : Drachmas decern. - La drachme, principale monnaie d’argent chez les Grecs, valait, d’après Rich, environ 97 centimes de notre monnaie, et d’après M. d’Ailly, 0 fr. 722. Quand Pline parle de la drachme attiquc et du denier romain, comme étant du même poids , ce dernier n’avait plus ses proportions primitives. La drachme éginète, d’un module plus grand que la drachme attique, valail à peu près 1 fr. 42 de notre monnaie '.
16. — Des siliques : De siliquis. — Les siliques n’étaient pas des cosses de légumes , comme quelques personnes l’ont cru à tort, mais un fruit du siliquifère , arbre nommé hharouba par les Hébreux et par les traducteurs arabes et syriens. Pline dit qu’il en croît en Syrie. Ce n’était pas étrange de s’en nourrir; car Horace dit : Vieil siliquis et pane secundo. Le carouba, car tel est le nom du fruit dont se nourrissait l’enfant prodigue, naît sur un arbre appelé caroubier ( ceratonia siliqua) , à feuilles persis-
1 Rich.
' tantes, qui croît en Orient et dans le midi de l’Europe, surtout dans le voisinage de la Méditerranée. Sa hauteur est de huit à dix mètres ; i son aspect offre quelque analogie avec celui de nos pommiers; ses feuilles coriaces et luisantes sont d’un vert bleuâtre; les fleurs, disposées en grappes, ont la couleur d’un pourpre foncé; le fruit est une gousse, longue de plus de vingt centimètres. Il renferme une pulpe rougeâtre et sucrée. En Espagne et en Italie on donne cette pulpeauxbestiaux,qu’elleengraisse rapidement’.
f. 18. — * Résolution sincère du pécheur qui veut confesser ses fautes et en obtenir l’absolution *.
jr. 22. — Apportez vite sa première robe... : Cito pro/'erte slolam primam... — Slola, vêtement dont il se servait dans la maison de son père , robe précieuse descendant jusqu’aux talons, cl d’une grande valeur. En s’en allant, il l’avait laissée pour prendre un habit de voyage. Annulum, anneau d’or, signe de l’homme libre, riche ou noble. Il en est de même de la chaussure; car les esclaves marchaient nu-pieds, et les hommes libres étaient chaussés2.
i Lamy, Darras. — 2 Cornélius a Lapide.