III. La paix avec le prochain
Le sentiment de la paix céleste qui règne dans notre coeur nous engage, 1 ) à vivre en paix avec les autres hommes, qui sont nos frères en Jésus-Christ ; — 2) à supporter avec patience les offenses et les mauvais traitements; — 3) a rendre le bien pour le mal, et à nous efforcer de répandre la paix et le bonheur autour de nous.
§ CXIII
SUITE DU DISCOURS DE JÉSUS APRÈS LA CÈNE. DEUXIÈME PARTIE : EXHORTATIONS ET DERNIÈRES RECOM- MANDATIONS DE JÉSUS-CHRIST A SES APOTRES.
(Jo. xv. 1-25.)
Jésus termine l'entretien qui précède par ces paroles : « Levez-vous, sortons d'ici. » Quelques commentateurs en ont conclu que le reste du discours avait été prononcé, non dans le cénacle, mais dans le chemin du cénacle au jardin de Gethsémani. Mais, un semblable discours n'a guère pu être tenu en marchant, et puis, l'Evangéliste dit, au commencement du XVIIe chapitre, immédiatement après la fin du discours qui suit la cène : « Lorsque Jésus-Christ eut dit ces choses, il s'en alla, avec ses disciples, au-delà du torrent de Cédron. » Ces paroles : « Levez-vous, sortons d'ici, » furent donc seulement le signal donné par Jésus-Christ pour qu'on se levât de table, et qu'on se préparât pour le voyage au jardin des Olives. La solennité de ce moment dut faire une profonde impression sur le cœur des Apôtres. Ils se trouvaient encore réunis; ils jouissaient encore de la présence de leur Maître bien-aimé. Quel changement i devait s'opérer dans quelques heures! Cette pensée enchaîne leurs pas; ils se lèvent, mais comme aucun ne se sent le courage de sortir, tous environnent leur ;Maître, immobiles et silencieux. C'est alors que Jésus, / ouvrit de nouveau la bouche, et prononça les paroles suivantes, qui se gravèrent, d'une manière ineffaçable, dans le cœur des Apôtres. Avant de leur faire un dernier adieu, il veut leur adresser encore quelques recommandations. Son cœur déborde, en quelque sorte, et ne peut
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contenir le feu de l'amour dont il est dévoré. C'est l'amour qu'il demande à son tour ; c'est parce lien sacré de l'amour, qu'il veut rester uni avec ses Apôtres, malgré son absence corporelle. Afin de rendre sa pensée plus sensible, il a recours à une belle et touchante comparaison, tirée du spectacle journalier que la nature nous met sous les yeux, et inspirée, peut-être, par le souvenir du vin eucharistique.
« Je suis la vraie vigne, » dit-il, dans un sens élevé et spirituel; l'Eglise, que je viens fonder sur la terre, peut être comparée àun orgnanisme vivant, dont je suis le centre et l'âme, à un corps., dont je suis le chef, ou plutôt, à une vigne, dont je suis le cep, et dont les fidèles forment les branches; « et mon Père est le vigneron; » c'est lui qui m'a envoyé dans le monde, c'est à lui que la vigne appartient, c'est lui qui doit en recueillir le fruit. Les fonctions ordinaires du vigneron sont de retrancher de la vigne les branches mortes, ou qui ne doivent porter aucun fruit, qui ne font qu'épuiser la sève en pure perte, et d'émonder les sarments fructueux afin qu'ils produisent davantage. C'est aussi ce que fera le Père céleste. « Toute tranche qui ne f met i fiera pas en moi, il la retranchera ; » il la rejettera loin de lui. et privée de la grâce, elle tombera dans la mort spirituelle; « et toutes celles qui promettent du fruit, il les émondera, » il les purifiera de leurs penchants dépravés, « afin qu'elles en portent davantage. Quant à vous, vous êtes déjà » émondés et « purifiés par les instructions que je vous ai données; » mais, afin que cette purification devienne de plus en plus parfaite, unissez-vous toujours plus intimement à moi, « demeurez en moi, et mol, » à mon tour, « je demeurerai en vous. Comme le sarment ne peut porter de fruit de lui-même s'il ne demeure dans la vigne, » s'il n'est adhérent au cep de la
Jo. XV. \ . Ego sum vitis vera, et Pater meus agricola est. — 2. Omnem palmitem in me non ferentem fructum, to'.Iet eum ; et omnem qui fert fructum, purgabit eum, ut fructum phi altérât. — 9. Jam vos mundi estis propter sermonom quem locutus sum vobis. — 4. Manete in me : et ego in vobis. Sieut palmes non putest ferro fructum a semetipso, nisi manscrit in vite,
vigne, d'où il puise toute la sève qui le nourrit, « ainsi vous ne le pouvez si nous ne demeurez en moi; » si je ne vous vivifie par l'Esprit-Saint que je vous communique, comme la sève de votre âme, et qui, étant l'esprit d'amour, vous unit à moi et moi à vous. « Je suis » le cep de « la vigne, vous êtes les sarments; quiconque demeure en moi, et moi en lui, il porter abeoucoup de fruits; mais, sans moi, » séparés de moi, privés de ma. grâce, « vous ne pouvez rien faire. Celui qui ne demeurera pas en moi, » qui cessera de m' être uni par la charité, « sera jeté dehors , comme un sarment » inutile; privé de la sève qui le vivifiait « il séchera, et on le ramassera pour le jeter au feu » réservé pour les réprouvés, et où « il brûlera » éternellement. Mais, « si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, » que vous les méditiez constamment, et que vous les observiez avec fidélité, vous n'aurez rien à craindre des hommes ni de l'enfer, car je vous communiquerai toute ma puissance, et je ne vous refuserai rien de ce que vous me demanderez : « Vous me demanderez tout ce que vous voudrez, et il vous sera fait. C'est la gloire de mon Père, que vous portiez beaucoup de fruits, et que vous deveniez » véritablement « mes disciples, » en vous conduisant d'après mon esprit, en persévérant dans mon amour, et dans la propagation de la foi évangélique. Et comment ne vous dévoueriez-vous pas à mon service, après ce que j'ai fait pour vous? « Comme mon Père m' a aimé, » comme de toute éternité, il a mis en moi toutes ses complaisances, de même qu'il m'a aimé, comme homme, jusqu'à me communiquer sa divinité et sa puissance, « moi » aussi, je vous ai aimés » d'un amour ineffable, jusqu'à mourir pour vous, jusqu'à vous élever à une
sic nec vos, nisi in me manseritis. — 5. Ego sum vitis, vos palmites; qui manet in me et ego in eo, hic fert fruetum multum ; quia sine me nihil potestis facere. — 6. Si quis in me non manserit, mittetur foras sicut palmes, et arescet, et colligent eum, et in ignem mittent, et ardet. — 7. Si manseritis in me, et verba mea in vobis manserint, quodcumque volueritis petctis, et fiet vobis. — 8. In hoc clarificatus est Pater meus, ut fruetum plurimum afferatis, et efficiamini mei discipuli. — 9. Sicut dilexit me Pater, et ego dilexi vos. Manete in dilectione meâ.
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union intime avec moi, et vous traiter comme mes amis les pins chers. Répondez donc à mon amour par le vôtre ; « demeurez, » persévérez « dans cet amour, » comme je demeure moi-même dans l'amour de mon Père. Or, le moyen infaillible d'assurer cette persévérance, c'est l'obéissance à mes préceptes : « Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mou amour; comme, moi-même, j'ai gardé les commandements de mou Père, et je demeure dans sou amour. » L'amour, sans les œuvres, n'est qu'une illusion et un mensonge. « Je tous ai dit toutes ces choses, afin que ma joie soit eu tous, » non la fausse joie du monde, mais la joie pure, céleste., ineffable, que je fais goûter à toute àme qui m'est intimement unie par l'amour, et « qu'ainsi votre joie soit complète. »
Mais, parmi les préceptes de ma loi nouvelle dont je vous demande l'accomplissement, il en est un que je vous recommande par-dessus tous les autres, parce qu'il renferme, en quelque sorte, tous les autres, et que j'appelle, par excellence, « mou commandement; c'est que vous votes aimiez les uns les autres comme je vous ai aimés, » jusqu'à donner votre vie pour le salut des âmes. « Nul ne peut avoir un plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis, » et voilà ce que je ferai demain pour vous. Oui, je vais mourir demain pour vous, qui êtes mes amis, et c'est avec réflexion que je prononce ce mot. « Vous êtes mes amis, si vous faites ce que je vous ai commandé. » Vous m'appelez votre Maître ; je ne veux plus de ce titre ; l'amour vous élève, en quelque sorte, jusqu'à moi : « Je ne vous appellerai [Jus servi te mrs, parce que le serviteur ne sait pas ce que fait son maître, » il n'est pas appelé dans les conseils de son maître; il se contente d'exécuter ses ordres, à me-
10. Si prfecopta mea servaveritis, manebitis in dilectione mea, sicut et ego Patns moi praecepta servavi, et maneo in ejus dilectione. — 11. Ha?c locutus sum vobis, ut gaudium meum in vobis sit, et gaudium vestrum impleatur. — 12. Hoc est praeceptum meum ut diligatis invicem, sicut dilexi vos. — 13. Majorem hàc dilectioncm nemo habet, ut animant suam ponat quispro amieis suis. — 14. Vos amici mei estis, si feceritis quae ego prœcipio vobis. — 45. Jam non dicam vos servos; quia servus nescit quid faciat dominus ejus.
Dehaut. L'Evang. — T. IV. 16
sure qu'on les lui donne, sans en connaître les motifs ; ce n'est qu'à ses amis, que le maître communique ses desseins. « Mais, je tous ai appelés mes amis, » et je vous ai traités comme tels, « car, tout ce que j'ai entendu du Père, je vous l'ai fait connaître; » je vous ai dévoilé les mystères du royaume de Dieu, je vous ai fait connaître les desseins éternels du Père céleste pour la rédemption du genre humain, dont vous êtes appelés à être les coopérateurs. « Ce n'est pas vous qui m'avez choisi, mais c'est moi qui vous ai choisis, » et appelés à la dignité de l'apostolat, et « je vous ai établis, pour que alliez » annoncer l'Evangile par toute la terre, « que tous rapportiez du fruit, » par la conversion des âmes « et que voire fruit demeure » pour la vie éternelle, « afin que tout ce que tous demanderez à mon Père en mon nom, il vous le donne. Ce que je tous recommande de nouveau, c'est que tous tous aimiez les uns les autres. »
Jésus prémunit ensuite ses Apôtres contre les persécutions qui les attendent dans leur ministère apostolique : Je vous ai choisis, leur dit-il, pour appeler à la lumière, aux bienfaits du christianisme toutes les nations du monde, pour fonder sur la terre le royaume de Dieu; mais, en prêchant la sainteté, en attaquant un monde corrompu, il faut vous attendre à voir cette corruption s'élever contre vous; et cette haine ne doit pas vous surprendre, car il est naturel, il est juste que les disciples ne soient pas mieux traités que leur Maître. « Si le monde tous hait, sachez qu'il m'a haï le premier. » Et comment ne vous haïrait-il pas ? « iSi tous étiez du monde, » si vous aviez les sentiments, les passions des hommes corrompus et dominés par la triple concupiscence, « le monde aimerait ce qui est à lui,. » ce qui a son esprit, ce qui lui ressemble; mais, « parce que tous
Vos autem dixi amicos ; quia omnia quaecumque audivi à Pâtre meo, nota feci vobis. — 46. Non vos ine elegistis : sed ego ciegi vos, et posui vos ut eatis, et fructum afferatis, et fructus vester maneat; ut quodcumque petieritis Patrem in Domine meo, det vobis. — 47. Haec mando vobis, ut diligatis invicem. — 4 8. Si mundus vos odit, seitole quia me priorem vobis odio habuit. — 49. Si de mundo fuissetis, mundus quod suum erat diligeret; quia vero de mundo non estis,
n'êtes pas du monde, » que vous aimez ce que hait le monde, et que vous haïssez ce qu'il aime, « et que je tous ai choisis » et retirés « du milieu du monde, c'est pour cela que le monde vous hait. » Gomment ne haïraitil pas ce qui lui est opposé, ce qui lui déclare la guerre, ce qui tend à le détrôner? Mais que cette haine du monde qui vous honore, ne vous attriste pas et ne vous décourage pas. « Souvenez-vous de la parole que je vous ai dite : Le serviteur n'est pas 'plus grand que son maître, » et ne doit pas se plaindre de ne pas être mieux traité que lui. « S'ils m'ont persécuté, » il faut vous attendre qu' « ils vous persécuteront aussi. S'ils ont gardé ma parole, ils garderont aussi la vôtre; » mais comme il n'en a rien été ; comme ils ont repoussé ma doctrine, ils ne supporteront pas non plus la vôtre, et se déclareront contre vous. « Mais ils feront tout cela à cause de mon nom, » par haine contre moi, dont vous êtes les Apôtres et les ministres, et ils me haïssent moi-même, « parce qu'ils oie connaissent pas, » qu'ils ne veulent pas reconnaître » celui qui m'a envoyé : » s'ils le connaissaient comment pourraient-ils me haïr ? Mais cette ignorance, cette incrédulité, volontaire de leur part, est inexcusable. « Si je n'étais pas venu » au milieu des Juifs, « et ne leur eusse pas parlé, » si je n'étais venu leur apporter la lumière de la révélation divine, « ils n'auraient point dépêché, » et leur ignorance pourrait être excusée; « mais ma intenant, ils n'ont point d'excuse de leur péché, » parce qu'ils ont fermé volontairement les yeux à la lumière. « Qui me hait, hait mon Père. » En me haïssant, c'est Dieu lui-même, c'est le Père éternel qu'ils haïssent; car c'est lui qui m'a envoyé, c'est sa parole que je prêche, c'est par sa puissance que j'opère des miracles, et je ne fais qu'un avec
sed ego elegi vos de mundo, proptereà odit vos mundus. — 20. Met naentote sermonis mei, quem ego dixi vobis : Non est sorvus major domino suo. Si me persecuti sunt, et vos persequentur ; si sermoneïn meum servaverunt, et vestçum sefvabunt. — 21. Scd hœc oainia faeient vobis propter nomen meum, quia nesciunt eum qui misit me. — 22. Si non venissem, et locutus l'uissem eis, peccatum non haberent; aune autem excusationem non habent de peccalo suo. — 23. Qui me odit, et Patrem meum odit.
lui. « Si je 'n'avais point fait parmi eux des œuvres que nul autre n'a fait, » les prodiges les plus inouïs, les plus éclatants de la puissance divine, « ils n'auraient -point de ■péché; mais maintenant, ils les ont vues, » ces oeuvres merveilleuses, et, malgré cela, persévérant dans leur incrédulité et dans leur haine, « ils ont haï et moi et mon Père, afin que la parole qui est écrite dans la loi (Ps. xxxiv, 9 ; lxviii, 5), ils m'ont Mi gratuitement, » accomplie déjà historiquement dans la personne de David, figure du Messie, « soit accomplie » typiquement dans ma propre personne.
ENSEIGNEMENTS PRATIQUES
v. 1-6. I. Rapports des chrétiens avec Jésus-Christ. — a) Ils sont unis aussi étroitement à Jésus-Christ, que les branches le sont au cep de vigne qui les supporte, b) C'est en Jésus- Christ qu'ils puisent la sève qui les nourrit, leur vie spirituelle... ; sans lui ils ne peuvent rien clans l'ordre de la grâce, c) Ils doivent être émondés, purifiés par le couteau du Père céleste, d) Ils peuvent, s'ils ne répondent pas aux grâces de Dieu, être retranchés de la vigne, et jetés au feu. e) Ils doivent se tenir unis à Jésus-Christ, et porter des fruits pour la vie éternelle. — II. Dignité dit chrétien, a) Il ne fait qu'un avec Jésus- Christ, avec lequel il ebt étroitement uni par la foi et la charité. h) Il est la vigne chérie que le père de famille cultive avec amour, c) Il est irai par le lien de la charité fraternelle, avec tous les fidèles avec lesquels il ne forme qu'une seule et même famille, la famille des enfants de Dieu, et il participe à tous les biens spirituels de l'Eglise, d) Il est appelé à régénérer, à sanctifier le monde, par les effets de son zèle, et l'exemple de ses vertus.
v. 1 et suiv. « Je suis la vraie vigne, et mon Père est le vigneron, etc. » — Ces paroles présupposent d) la nature humaine en Jésus-Christ, une même nature entre lui et nous, comme le sarment de la vigne est de même nature que le cep qui la supporte : « Je suis la vigne, vous êtes les sarments , » b) une intime union entre Jésu.ï-Chiist et nous, jusqu'à faire un corps avec lui, comme le sarment ne fait qu'un corps avec le cep ; c)
24. Si opéra non focissem in eis, qua3 nemo alius fecit, peccatum non haberent, nunc autem et viderunt, et oderunt et me et Patrem meum. — 25. Sed ut adimpleatur scrmo qui in lege eorum scriptus est : Quia odio habuerunt me gratis.
une influence intérieure de Jésus-Christ sur nous, telle que celle de la tige sur les branche», qui en tirent tout le suc dont elles sont nourries; d) une extrême dépendance de tous les fidèles à L'égard de Jésus-Chrisi. Séparés de lui, de l'influence de sa grâce, tels qu'un sarment séparé du cep, nous ne serons plus qu'un bois mort et inutile, uniquement propre à être jeté dans le feu. (D'après Bossuet) .
v. 2. « Celui qui porte du, fruit, il l'èmondera, afin qu'il en 'porte davantage. » — Nécessité de la mortification chrétienne.
v. 9-17. « L'amour de Jésus-Christ pour les siens. » — a) Grandeur de cet amour, qui va jusqu'au sacrifice entier de luimême; b) intimité de cet amour; c) liberté de cet amour. Il nous a choisis, parce qu'il l'a voulu, de préférence à tant d'autres, d) Ce que demande cet amour : il veut notre propre bonheur ; il veut que nous portions des fruits pour la vie éternelle.
« Comme mon Père m'a aimé, moi aussi je tous ai aimés. » — « Je ne vous appellerai plus mes serviteurs : je vous ai appelés mes amis. » — L'amitié est le charme de la vie, et un besoin pour le cœur de l'homme. « L'ami fidèle est une protection; celui qui l'a trouvé, a trouvé un trésor » (Eccli., vi, 14). Où le trouverons-nous, cet ami fidèle, si ce n'est en Jésus ? il nous a aimés jusqu'à mourir pour nous. Le Fils unique de Dieu, le Dieu de l'univers, n'est pas seulement notre Sauveur, notre Rédempteur ; il nous élève jusqu'à l'honneur de son amitié ; désormais, nous dit-il, vous n'êtes plus mes serviteurs; mais mes amis ? A quelle hauteur nous élève une telle parole ! Quelle gloire pour nous I de quelles consolations, de quelle joie ineffable elle inonde notre pauvre cœur? L'intelligence humaine succombe sous la grandeur d'une telle pensée. Comment ne pas consacrer tout notre amour à celui qui nous a aimés jusqu'à un tel excès !
v. 15. « Je ne vous appellerai plus mes serviteurs. » — Jésus- Christ ne veut pas de service forcé, d'esclaves tremblants et craintifs, mais il veut des frères, des amis, qui le servent par dévouement et par amour.
v. 16. « Ce n'est pas vous qui m'avez choisis. » — « La vocation à l'apostolat vient de Dieu. » — Elle ne doit pas être oisive, mais porter des fruits de salut.
v. 18. « Si le monde vous hait. » — Heureux celui que Dien aime, quand il serait en butte à la haine du monde entier.
v. 20. « Si vous étiez au monde, le monde aimerait ce qui est à lui. » — Le chrétien doit s'attendre à la bai no du monde, et regarder comme une bonne marque, d'en être persécuté.
v, 20. « S'ils m'ont persécuté, ils vous persécuteront aussi. *
— Le chrétien doit porter sa croix. — Le disciple doit se régler sur son maître. — Dans les desseins de Dieu, ce qui veut nous ruiner, sert à notre plus grand bien, ce qui veut nous perdre, nous affermit dans la foi et l'espérance.
v. 24. « Si je n'avais point fait parmi eux des œuvres que nul autre n'a faites. » — L'incrédulité des impies est sans excuse. — Plus on reçoit de grâces, plus on est responsable devant la justice divine. — « Ils ont vu, et ils ont haï, moi et mon Père. » — Le monde est naturellement ennemi de Jésus-Christ et de son Evangile.
v. 25. « Afin que soit accomplie la parole. » — Les persécutions des méchants servent aux desseins de Dieu.
PROJETS HOMILÉTIQUES.