‹ L'évangile expliqué, défendu, médité (volume 2)Chapitre 219 sur 359 · III. Les juges · texte numérisé non relu

III. Les juges

Ce sont les membres du Sanhédrin, les docteurs de la loi et les princes des prêtres, présidés par le grand prêtre Caïphe lui-même : « Et adduxerunt Jesum ad Calpham, ubi concenerunt omnes SœcerZ dotes, tt Scribœ, et Seniores: » — mais ce sont des juges iniques, car, \) Au lieu d'être, comme ils le devaient, les proti cteurs de l'innocence opprimée, nous ne voyons parmi eux que des hommes haineux, passionnés, altérés de sang," qui se servent du mantt au de la justice pour couvrir leurs pensées sanguinaires : « Erat autem Caïphas, qui

consilium dederat Judœis, quia expedit unum hominem mori pro populo. » — 2) Ils sont à la fois juges et accusateurs, ils repoussent tout moyen de défense, et cherchent partout de faux témoins ■ « Quœrebant testimonium contra Jesum, ut eum morti traderent » — 3) Ils abusent de la sainteté du serment, pour faire tomber Jésus-Christ dans leurs pièges : << Adjura te per Deum vivum, ut dicas nobis, si tu es Christus, Filius Dei. » — Ils traitent Jésus-Christ de blasphémateur, et sont eux-mêmes les premiers blasphémateurs, en traitant comme un vil criminel le Fils de Dieu lui-même : « Ecce nunc audistis blasphemiam : quid vobis videtur? » — 5) Ils se hâtent de condamner un innocent à la mort sans preuve, sans se soucier de connaître la vérité, n'attendant pas même la lumière du jour, et précipitant la condamnation, pour assouvir leur haine : « Qui omnes condemnaverunt eum esse reum mortis. » — 6) Après avoir condamné un innocent, ils l'abandonnent, sans le protéger, aux outrages et aux traitements les plus indignes d'une vile valetaille, et ils n'ont pas honte d'y prendre part eux-mêmes : « Tune expuerunt in faciem ejus, et colaphis eum ceciderunt. » — On voit ici à quel excès de perversité la passion peut conduire, quand elle s'est rendue maîtresse du cœur des nommes.

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