I. Dans Judas
1) Sa fausse pénitence. — a) Elle est causée, non par la détestation du péché, mais par la vue de ses suites funestes : « Tune videns Judas, quod damnatus esset. » b) Elle croit échapper à la justice divine en satisfaisant à Dieu par quelques œuvres extérieures, quelques œuvres de charité et de bienfaisance..., sans que le cœur soit véritablement changé : « Projectis argentis in templo. » c) Elle veut, en vain, arrêter les suites funestes de son péché; elle ne le peut pas : « Retidit triginta argenteos. » d) Elle manque de foi, de confiance et d'amour, et doit aboutir au désespoir.
2) Son désespoir. — 1) Il a pour cause, a) les artifices du démon, qui, avant le péché, en cache la difformité ; après qu'il est commis l'exagère et la montre dans toute son horreur : « Anté peclfatum, dicit : Spera..., post peccatnm, despera, » b) Le défaut d'énergie et de courage. Il se voit méprisé des Juifs, en horreur aux Apôtres, rejeté de Dieu..., la vie lui devient insupportable, c) Le manque de foi et de confiance en l'amour de Jésus-Christ, en la miséricorde divine. — 2 Par son désespoir, il met le comble à son crime, et le sceau à sa réprobation : « Et abiens, laqueo se suspendit. »
Il Dans les membres du Sanhédrin.
Nous voyons, I) leur cœur cruel et sans pitié. Ils repoussent avec mépris l'instrument dont ils se sont servi, quand ils n'en ont plus besoin : belle ir-çon pour ceux, qui se font les honteux ministres ou complices de passions, d'actions coupables : « At dli dixerunt : Quid ud tpqs? tu videns. » — 2) Leur endurcissement sans excuse. — a) Judas pressé par sa conscience, leur déclare qu'ils ont condamné un innocent; ils n'en persistent pas moins dans leurs projets sanguinaires : « Quid ad nos? b) Ils méprisent Judas, et son infâme trahison leur fait horreur.. ; et ils ne réfléchissent pas qu'ils sont plus coupables que lui. — 3) Leur basse hypocrisie, a) Ils attachent de l'importance à do vaines observances, et ils commettent, sans remords, le plus grand
des crimes « Non licet eos mittere in corbonam, quia pretium sanguinis est. » b) Ils veillent à procurer la sépulture aux corps étrangers, et ils laisseut se perdre les âmes de ceux avec lesquels ils vivent ; « Emerunt agrum figuli, in sepulturam peregrinorum. »