II. L'Ange dans le tombeau
Considérons :
4) Son apparence extérieure. Il se montre a) sous l'apparence d'un jeune homme : « Viderunt juvenem. » Dans le ciel, la vieillesse est inconnue ; les saints jouiront perpétuellement de l'éclat, de la vigueur, de la beauté de la jeunesse. « Erunt {justi) sicut angeli in cœïo (Matth., xxn, 30) » revêtu d'une robe blanche : « Cooperlum stolâ canduld; » symbole de la robe d'innocence, sans laquelle on n'est pas reçu dans le ciel : « Non intrabit in eam aliquod coinquinatum (Apoc, xxi, 27); » c) le visage brillant comme l'éclair : « M'. Erat aspectus ejus skut fulgur. » — Image de la lumière de gloire qui environne les élus dans le ciel : « Tune justi fulgebunt sicut sol (Matih., xm, 43); »
d) assis sur la pierre du sépulcre, « sedentem, » pour représenter le repos dans la joie, dans le séjour céleste.
2) Les paroles qu'il prononce. — a) Il apprend aux pieuses femmes que le Christ est ressuscité, comme il l'avait promis : « Jesum quœritis Nazarenum, cruci/ixum : surrexit, non est hic, ecce locus ubi posuerunt eum. » — Preuve invincible de la divinité de Jésus-Christ. — Quel est l'homme à qui il entrerait dans l'esprit de prédire qu'il ressuscitera trois jours après sa mort, et surtout qui pourrait tenir une telle promesse? — Jésus-Christ est donc plus qu'un homme : il est le maître de la vie et de la mort, il est le Fils unique et consubstantiel du Père éternel. — 6) Il prescrit aux pieuses femmes d'annoncer la résurrection de Jésus-Christ aux Apôtres, et, en premier lieu à Pierre, choisi par lui pour être le chef de son Eglise : « Sed ite, dicite diseipulis ejus et Petro, quia prœcedet vos in Galilœam : ibi eum videbitis, sicut dixit vobis. » Les Apôtres avaient abandonné le Seigneur; Pierre l'avait renié trois fois. Le Sauveur ne les abandonne pas pour cela; il les console et dissipe leur tristesse. — Ne perdons pas le souvenir de nos fautes, mais ne nous livrons pas au découragement. Nous avons un Sauveur plein de miséricorde, toujours prêt à nous pardonner. —
e) Madeleine, la grande pécheresse, Pierre, qui avait renié son Maître, ont été les premiers favori-és de l'apparition de Jésus ressuscité : « Appariât primo Mariœ Magdalmœ, de qud ejecerat septem dœmonia. » — « Surrexit Dominas verè, et appariât Simoni. » — Que les grands pécheurs renaissent à la confiance, qu'ils se rendent à la voix de l'Eglise, qui les appelle à la pénitence; une grande joie leur e-t encore réservée : ils peuvent encore, eux aussi, jouir de la présence du Seigneur, et participer au festin de l'Agneau.
b. meme jour. — conduite que doit tenir le pécheur avant et après la communion pascale.
I. Conduite du pécheur pour se disposer à la communion pascale.
Il doit, à l'exemple des pieuses femmes dont parle l'Evangile :
1) Sans différer, visiter et examiner sérieusement sa conscience, qui est comme le tombeau qui cache tous ses péchés et ses désordres : « Et valdè manè, unâ sabbatorum veniunt ad monument um. Unâ sabbatorum; » ne pas laisser passer la quinzaine : « Orto jàm sole; » pendant que Jésus-Christ, le vrai soleil de justice, fait sentir ses douces influences, pendant que la grâce agit et opère.
2) Sans se laisser rebuter par les difficultés. Les difficultés sont grandes : il trouvera en lui un coeur endurci comme une pierre : « Quis revolvet lapidem? » des habitudes invétérées à déraciner : « Erat quippè magnus vatdè. » Mais qu'il s'adresse à Jésus-Christ avec une vive confiance, et ces difficultés s'évanouiront : « Et respicientes viderunt revolutum lapidem. » Dieu l'a promis par le prophète Ezéchiel : « Auferam cor lapideum, et dabo ei cor carneum. »
3) Entrer dans le tombeau de sa conscience, pour y découvrir tous ses péchés : « Et introeuntes monumentum. » Qu'il aille les confesser à un prêtre avec douleur et contrition, et par l'absolution qu'il en recevra , son âme renouvelée et rajeunie sera toute rayonnante de beauté et de pureté : « Renovabitur ut aquila juventus tua (Ps. 102). » Elle sera revêtue de la robe nuptiale : « Introeuntes viderunt juvenem coopertum veste candidà. » Dans cet état de pureté et d'innocence, le pécheur se trouvera saisi d'admiration et de joie de se voir si heureusement changé en un autre homme : « Et obstupuerunt. »