‹ L'évangile expliqué, défendu, médité (volume 2)Chapitre 339 sur 359 · III. Les grâces particulières accordées à saint Pierre · texte numérisé non relu

III. Les grâces particulières accordées à saint Pierre

4) Jésus lui fournit l'occasion de réparer son triple reniement par une triple protestation de son amour pour lui : « Dicit Simoni Pelro Jésus : Simon Joannis diligis me jMs his? » — Amour a) humble : Pierre ne se permet pas de dire qu'il aime Jésus plus que les autres :

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« Ait illi : Etiam, Domine, tu scis quia amo te; » b) amour persévérant : Dicit ei iterùm, etc; » il persistera désormais jusqu'à la mort do l'Apôtre; — c) amour pénitent : « Contristatus est Pdrus, quia dixit ei tertio, amas me. » — Il se rappelle ses fautes précédentes et sa faiblesse, qu'il ne cessera de pleurer. — Notre amour pour Jésus- Christ a-t-il toutes ces qualités?

2) Jésus, pour récompense do son amour, l'établit chef suprême de son Eglise entière, lui donne le pouvoir de paître, non-seulement les simples fidèles, mais les pasteurs eux-mêmes : « Dicit ei : Posée agnos meos. Dicit ei : Pasce oves meas. » — Attachons-nous inébranlablement à la chaire de Pierre.

3.) Il lui prédit qu'il sera honoré de la couronne' du martyre, et qu'il expiera ainsi, par le sacrifice volontaire de sa vie, la pusillanimité qui lui avait fait renier son Maître; qu'il sera attaché à la croix comme son Maître : « Cùm autem senuerts, extendes manus tuas, et alius te cingel, et ducet quotu non vis... Hoc dixit, signifuans quâ morte clarificaturus esset Deum. » — Sommes-nous prêts à donner notre vie, s'il le faut, pour notre foi, pour Jésus-Christ?

4) Il l'honore d'un entretien particulier, comme un privilège de la dignité à laquelle il vient de l'éfev( r : « Et cùm hoc dixisset, dixit ei : Sequere me. » — Attachons-nous inviolablement à la suite du Sauveur : il nous parlera aussi secrètement au fond du cœur.

G. DERRIÈRE APPARITION ET DERNIÈRES INSTUCTIONS DE JÉSUS-CIIRIST A SES APOTRES. — SON ASCENSION GLORIEUSE.

(Mr. xvi, 44-20. — Evangile de la fête de l'Ascension.)

I. Jésus apparaît aux onze Apôtres lorsqu'ils étaient à table, et leur reproche leur incrédulité.

1) Jésus apparaît une dernière fois à ses Apôtres, pour les confirmer dans la foi en sa résurrection : « Novissimè, recumbentibus illis wulecim apparuit. »

2) Jésus leur reproche leur incrédulité et la dureté de leurs cœurs : « Et exprobavit incredulitatem eorum et duriliam cordis, quia Us qui videront eum resurrexisse, non crediderunt. » — Dieu a établi la certitude de sa résurrection sur des preuves tellement convaincante-, tellement décisives, que ceux qui refusent d'y croire sont sans excuses, et que leur incrédulité ne doit être attribuée qu'à l'opiniâtreté et à la corruption de leur cœur.

3) Croyons à la résurrection, et à la divinité de Jésus-Christ qui en est la suite, avec une foi inébranlable, mais joignons-y la pratique, si nous voulons que notre foi ne serve pas uniquement à notre condamnation : « Fides, si non habet opéra, mirlua est in semetipsâ. » (Jac. xi, M).

II. Jésus commande à ses Apôtres de prêcher l'Evangile à toutes les nations.

1) « Allez, leur dit-il : Et dixit eis : Euntes... » — Quel est celui qui donne à douze pauvres pécheurs la puissance de renverser

tous les obstacles qu'ils ont à vaincre, une intrépidité que rien n'arrête, le don des miracles et des langues? Reconnaissons ici la puissance divine de celui qui envoie.

2) Où doivent-ils aller?... — Par tovte la terre : « Inmundum universum. » — Leur mission s'était bornée jusqu'alors aux Juifs, héritiers de la promesse : « Ile potius ad oves quœ perierunt domûs Israël. » — Ceux-ci s'étant rendus indignes par leur endurcissement et leur incrédulité d'entrer dans le royaume de Dieu, Jésus appelle les Gentils à leur place, et fonde une religion universelle, dont personne, n'est exclu. Remercions Dieu de la grâce inappréciable qu'il nous a laite en nous appelant à la lumière de la foi.

3) Que doivent-ils prêcher ? — Y Evangile : « Prœdicate Evangelium, » — c'est-à-dire, prêcher la pénitence à des cœurs corrompus, imposer à une raison orgueilleuse la foi en des mystères impénétrables, prescrire l'humilité, la douceur, la tempérance, la chasteté, l'amour des ennemis, à un monde plongé dans tous les vices, etc. — Et, d'un autre côté, annoncer la bonne nouvelle de la réconciliation do l'homme avec Dieu, de la rémission des péchés, etc.

4) A qui doivent-ils s'adresser? — A toute créature : « Omni creaturœ. » — Aux pauvres comme aux riches, aux grands et aux petits, aux souverains et a leurs sujets... Devant Dieu, tous les hommes sont égaux : il n'y a d'exclusion pour personne.

III. Jésus impose à ses disciples l'obligation de la foi et du baptême.

4) Jésus impose à tous les hommes l'obligation de croire à sa parole et de recevoir son baptême : « Qui crediderit et baptizatus fuerit, salvus erit. »

2) Par là, il prouve sa divinité : il n'y a qu'un Dieu qui puisse établir un tel précepte.

3) Il nous enseigne par là qu'il n'y a qu'une seule religion, la religion catholique établie par lui, en laquelle nous puissions nous sauver : « Qui vero non crediderit, condemnabitur. »

4) Il nous excite à une vive reconnaissance pour la grâce qu'il nous a faite de nous appeler à la foi véritable, et à prendre la résolution de nous en rendre dignes par nos œuvres : « Fruclus autem Spiritus est : charitas, gaudïum, pax,paiientia, benignitas, bonitas, longanimitas, mansuetudo, fides, modeslia, continentia, caslitas » (Gai. v, 22-23).

IV. Jésus accorde à ses Apôtres le pouvoir d'opérer des miracles.

1) Jésus accorde à ses Apôtres le don des miracles qui leur était nécessaire pour prouver aux Gentils la divinité de leur mission : « Signa autem eos qui crediderunt, hœc sequentur : In nominc meo doemonia ejicient, linguis loquentur novis, serpentes tolknt, etc. »

2) Cette promesse s'est littéralement accomplie, a) dans la personne des Apôtres; ils avaient le don des langues : témoin ce qui s'est passé le jour de la Pentecôte (Act. xi, 8). Saint Pierre guérit un boiteux à la porte du temple, et son ombre seule ou l'imposition de ses mains guérissent les malades; saint Paul, mordu d'un serpnnt, n'en éprouve aucun mal. b) Ce même pouvoir se perpétue dans l'Eglise, et se ma-

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nifeste en particulier, lorsqu'il s'agit de porter la foi parmi les infidèles : témoin, par exemple, les miracles opérés par saint François- Xavier.

3) Ces mêmes prodiges continuent à s'accomplir au milieu de nous d'une manière mystique et spirituelle. Par le baptême et la pénitence, nous chassons le démon de notre cœur,, nous rendons la vie à notre âme, nous la guérissons de ses maladies, de ses infirmités et de ses faiblesses ; nous devons en outre faire succéder aux imprécations, aux blasphèmes, aux médisances, le langage de l'édification, de la prière et de l'action de grâce, et parler ainsi comme une nouvelle langue : « Linguis loquentur noms; » étouffer dans nos cœurs les serpents des passions mauvaises : « Serpentes tollent, etc. »

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