II. Sa convenance et sa nécessité
1) Il est convenable qu'il y ait un jugement. — a) La dignité de la nature humaine le demande. Ce qui rend l'homme supérieur aux animaux, c'est que, doué de liberté, connaissant le bien et le mal, il est responsable de ses actions; or, cette responsabilité serait illusoire, s'il n'y avait pas un jugement pour décerner à tous les hommes la récompense ou la punition qu'ils méritent. — 6) La voix impérieuse de la conscience dit à tous qu'il faut que le juste soit récompensé et le méchant puni : « Vidi, sub sole, in loco judicii, impietatem, et in locojustitice, iniquilatem, et dixi in corde meo : juslum et impitim jitdicabit Dominas » (Eccles., m, 17). — 2) Il est nécessaire qu'il y ait un jugement général. — a) De même que la toute-puissance divine a été manifestée par la création, la bonté, par l'œuvre de la rédemption, il faut aussi que la justice divine soit manifestée à son tour devant tout l'univers, que l'apparente indifférence de la Providence divine à l'égard des bons et des méchants soit disculpée, de sorte que chacun soit obligé do s'écrier : « Justus es, Domine, et rectum judieium iuuni » (Ps. cxvm, 137). — b) Il faut que l'honneur et la gloire dus à Jésus-Christ lui soient publiquement rendus, et que les humiliai ions de son premier avènement soient réparées : u Qui spernit me, habet quijudicet eum » (Jo., xn, 48). — « Tune plongent omnes fines terrœ, et videbunt Filium hominis, etc. » (Matth., xxiv, 30). — c) Il est juste que chaque homme reçoive, en présence de ses semblables, l'honneur ou la houle qu'il a mérités. Le juste, sur la terre, est souvent nié-
risé, honni, persécuté...; l'impie, loué, exalté, charge d'honneurs; il 'aut que ce désordre soit réparé : « Quoniam non in finem oblivio erit
pauperis, patiens ero in pauperem, non peribit in finem » (Ps. ix, 49;
v. Eccli., m, 47).