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LA FEMME ADULTÈRE, OU LA MISÈRE ET LA MISÉRICORDE

(Jérusalem, 23 Tischri, 22 octobre 29. — Sabbat). (J. VIII, 1-11).

« Jésus, » de son côté, « s'en alla sur la monta g ne des Oliviers, » ainsi appelée à cause des plants d'oliviers

J. VIII. I. Jésus autem perrexit in montem Oliveti;

Dehaut. L'Evang. — T. III. 16

dont elle était couverte, et située à l'orient de Jérusalem, à cinq stades ou environ un quart de lieue de cette ville, et y passa la nuit ou une partie de la nuit en prière. Parmi cette foule de Juifs assemblés à Jérusalem, il n'y avait que le Sauveur qui n'eût point d'abri, au milieu des dangers dont il était menacé, passant toutes ses nuits en plein air, et n'ayant point où reposer sa tête.

« A u point du jour, il retourna de nouveau au temple, et tout le peuple, » que ses discours ravissaient et qui ne pouvait se lasser de l'entendre, « vint » bientôt « à lui, et s' étant assis, il les enseignait. »

Ses ennemis saisirent cette occasion pour lui tendre de nouvelles embûches. « Sur ces entrefaites, les Scribes et les Pharisiens lui amenèrent une femme surprise en flagrant délit d'adultère, » et dont le complice, sans doute, s'était dérobé à leurs efforts pour le saisir, « et l 'a plaçant debout au milieu du peuple, ils dirent à Jésus : Maître, cette femme vient d'être surprise en adultère; or, Moïse, dans la loi » qu'il nous a. donnée, « nous a ordonné de lapider les adultères. Mais vous, » qui êtes plus que Moïse, du moins à ce que vous prétendez, et qui venez nous enseigner une loi plus parfaite, « que dites-vous » à cet égard? que voulez-vous que l'on fasse de cette femme? Ils « disaient ceci en le tentant, afin de pouvoir l'accuser. » — Le piège était bien dressé, et Jésus, suivant eux, pouvait difficilement s'y soustraire. S'il condamnait cette femme, il se rendait odieux par sa sévérité, dans un temps où ce crime était si commun qu'il restait impuni; ou bien, il fournissait un prétexte de l'accuser auprès des Romains comme un zélateur et un factieux, qui se donnait pour le Messie, le Roi des Juifs, et en cette qualité, faisait le législateur, en opposition aux lois romaines, qui ne reconnaissaient

2. Et diluculo iterùm venit in templum, et omnis populus venit ad eum; et sedens docebat eos. — 3. Adducunt autem Scribae et Pharisaei mulicrem in adulterio drprehensam; et statuerunt eam in medio. — 4. Et dixerunt ci : Magistcr, hœc mulier modo doprehonsa est in adulterio. — 5. In lege autem Moyses mandavit nobis hujusmodi lapidare. Tu ergè, quid dicis? — 6. Hoc autem dicebant tentantes eum, ut possent accusare eum.

pas la peine de mort pour le crime d'adultère. Mais non, pensaient-ils, il ne peut manquer d'absoudre cette femme, lui qui fréquente les pécheurs, qui souffre près de lui Madeleine, lui qui bouleverse l'ordre des choses qui existent, abaisse les grands, élève les petits; et alors, quelle magnifique occasion pour nous de l'accuser devant le Sanhédrin, comme violateur de la loi divine ! — « Si pro Boma/iis staret, » dit Hug, « contemptor legis (Uvin<B, si pro Moïse, improbus in Romanos, etnovarum rerum cupidus. »

« Jésus » garda le silence, puis « se baissant, il écrivit du doigt sur la terre, » traçant des caractères sur la poussière qui couvrait le pavé du temple. Qu'écrivait-il? Peut-être quelque sentence énergique, telle que cette parole de l'Evangile : « Hypocrites, ôtez d'abord la poutre qui est dans votre œil, avant de penser à ôter la paille que vous découvrez dans l'œil de votre frère. » Peut-être, et plus vraisemblablement encore, selon la supposition de S. Jérôme, écrivait-il les péchés des accusateurs eux-mêmes ; peut-être écrivait-il certaines dates mystérieuses, connues de ceux-ïà seuls qu'ellles couvraient de confusion, en leur rappelant de honteux souvenirs, en leur montrant que leur conscience criminelle était percée de part en part par l'œil de celui à qui ils ne craignaient pas de tendre des embûches, ou bien encore, selon la supposition assez vraisemblable de Hug, s'enréférant au droit romain qui accusait tout accusateur coupable du même crime que l'accusé, et permettait de le poursuivre lui-même, il écrivait le nom des accusateurs.

« Et comme ils continuaient à l'interroger, Jésus se redressa et leur dit, » en leur montrant du doigt les caractères accusateurs tracés sur le pavé du temple : « Que celui d'entre vous qui est sans péclié, » que celui d'entre vous qui ne se reconnaît pas coupable du même crime dont il accuse cette femme, et de pire encore, que celui-là lève la main le premier et « lui jette la première

Jcsus autem inclinans se doorsùm, digito scribcbat intorrâ. — 7. Cùm ergb perseverarent interrogantes eum, erexit se, et dixit ois : Qui sine peccato est vestrùm, priinus in illam lapidem mUtat.

184 l'évangile expliqué, dépendu, médité.

pierre. » — « Et se haïssant de nouveau, il écrivait a terre; » il continuait à exposer aux yeux des accusateurs l'histoire scandaleuse de leurs désordres; peut-être inscrivait-il au-dessus de chaque nom celui des femmes avec lesquelles ils avaient péché (Hug).

C'est ainsi que la divine sagesse du Sauveur sut rendre vain le piège que lui tendaient ses ennemis, et le faire retomber sur eux-mêmes. Il ne dit pas, remarque S. Augustin : Je ne veux pas que cette femme soit lapidée; c'eût été s'opposer à la lettre de la loi. Il dit encore moins : Lapidez-la donc; car il n'était pas venu pour perdre, mais pour sauver les pécheurs repentants. Il se contente de leur dire : Que lap écheresse soit punie, puisque la loi le veut, je ne m'y oppose pas; mais crue celui qui, parmi vous, se reconnaît innocent du crime dont il l'accuse, lui jette la première pierre; mais non pas vous, qui êtes plus coupables qu'elle, qui vous déclarez les vengeurs de la loi, et n'en êtes que des prévaricateurs effrontés : « Puniatur peccatrix, sed non a peccatorïbus ; impleatnr lex, sed non à prœrarieatorïbus le gis. »

Abasourdis, dit S. Augustin, épouvantés, terrassés, transpercés comme d'un trait de la justice divine., accusés par leur propre conscience, et forcés de se reconnaître eux-mêmes plus coupables que celle qu'ils dénonçaient, ils n'osèrent plus articuler unseul mot, ni insister sur la condamnation de cette femme; mais, la rougeur sur le front, le silence sur les lèvres, humiliés, confondus, écrasés, « Us sortirent les uns après les autres, les plus vieux les premiers, «parce qu'ils se sentaient sans doute les plus coupables et les plus couverts de honte, et « Jésus demeura seul avec ta femme qui était là debout, » la misère de l'homme en présence de la miséricorde divine, la pécheresse en présence de son Sauveur. « Remansit peccatrix et Salvator, remansit œ g rota et medicus, remansit miseria et rnisericordia. » (S. Aug.).

— 8. Et iterùm se inclinans, scribebat in terra. — 9. Audientes autem unus post unum exibant, incipientes à senioribus; et remansit solus Jésus, et millier in niedio stans.

i. VIII. 1-11. — § LXXVII. LA FEMME ADULTÈRE. 185

« Alors Jésus se relevant, dit » à la pauvre pécheresse humiliée et tremblante devant lui, d'un ton plein de douceur et d'indulgence : « Femme, où sont ceux qui vous accusaient? personne ne vous a-t-il condamnée? — « Personne, Seigneur, répondit-elle. » — « Jésus lui dit : Ni moi non plus, je ne vous condamnerai. Allez-, et ne péchez plus. » Jésus, le seul qui fût sans péché, pouvait condamner la coupable; mais il n'était pas venu pour condamner, mais pour sauver, pour pardonner. Sa sentence condamne le crime et épargnera pécheresse.

POLÉMIQUE RATIONALISTE

La critique destructive, dont Strauss est le principal représentant, a élevé contre la certitude et l'authenticité de ce récit admirable plusieurs difficultés.

1) « Les Pharisiens dirent à Jésus-Christ crue la loi de Moïse ordonne de lapider la femme surprise en adultère ; mais ils ne pouvaient parler ainsi : car la loi de Moïse ordonne bien la peine de mort contre l'adultère, mais elle ne désigne pas le genre de mort; et, d'après le Thalmud, la femme surprise en adultère, était, non pas lapidée, mais étranglée : « Filia Israélite, si adultéra, cùm nuyta, strangulanda, cùm desponsata tantùm, lapidanda. » — Réponse. Il suivrait tout au plus de là, que la femme amenée devant Jésus était seulement fiancée et non encore mariée. Du reste, les meilleurs critiques, tels que Michaëlis, qui a fait l'histoire du droit mosaïque, attestent que, en dépit de l'assertion du Thalmud, et dans la pratique ordinaire, les femmes coupables d'adultère étaient réellement lapidées.

2 « On ne voit pas ce que la demande des Pharisiens pouvait renfermer de captieux, et quel piège elle ca-

10. Erigens autem se Jésus dixit ci . Mulier, ubi sunt qui te ao cusabant? nemo te condomnavit? — 11. Quac dixit : N<"nio, Domino. Dixit autem Jésus ; Nec ego te condemnabo. Vade, et jàm ampliùs noli peccare.

chait. » — Réponse. Cette difficulté se trouve précédemment résolue dans l'explication du texte. Nous y renvoyons.

3) « Le geste prêté à Jésus de se baisser et d'écrire sur la terre paraît bizarre et indigne de lui. » — Réponse. La plupart des interprètes, surtout parmi les protestants, prétendent que Jésus faisait semblant de tracer sur le sol des lettres imaginaires, et sans aucune suite, afin d'éluder la réponse qu'on lui demandait, comme un homme préoccupé, qui ne prête aucune attention à ce qu'on lui dit. Nous avouons que cette interprétation ne nous paraît pas assez conserver la dignité de notre-Seigneur Jésus-Christ, et semble lui attribuer quelque chose de bizarre et de ridicule. Nous ne pensons pas que l'on puisse faire le même reproche à l'explication que nous avons préférée.

4) « La décision de Jésus-Christ, « Que celui qui est sans péché jette la première pierre, » prise à la lettre, rendrait impossible toute justice humaine. Que deviendrait l'administration de la justice publique, s'il n'appartenait qu'à des hommes tout à fait innocents et saints de punir les coupables? Ne suffit-il pas que le magistrat prononce, d'après le texte des lois, et en applique les dispositions contre les accusés, pour que son arrêt soit réputé juste, et qu'il soit exécuté, quelle que soit sa conduite privée? » — Réponse. Oui, sans doute; mais ceux qui avaient amené cette femme devant Jésus-Christ n'étaient pas des juges, mais des accusateurs', n'étaient pas des hommes zélés pour la justice, mais des hypocrites, qui avaient besoin de scandale, et qui ne cherchaient que l'occasion de satisfaire leur haine contre Jésus-Christ; et le Sauveur avait bien raison de leur faire sentir que c'était de leur part une extrême et intolérable impudence d'appeler la mort sur celle dont ils avaient imité et surpassé la faiblesse et le crime.

p) « Mais est-il convenable à celui qui vient nous enseigner une morale si pure, de paraître atténuer et absoudre un crime aussi énorme, aussi destructif de la famille, etc., que l'adultère?» — Réponse. Nous répondons que Jésus-Christ n'excuse, n'atténue et n'absout

en aucune manière le crime de l'adultère. (.(.Allez, dit-il, et ne péchez plus; » il reconnaît donc qu'elle a péché; il n'excuse pas la faute passée, il la lui reproche, au contraire ; mais il pardonne au repentir et l'exhorte à ne plus recommencer.

G) « Mais l'histoire de la femme adultère n'appartient pas au texte original; c'est une légende apocryphe ajoutée au texte par une main téméraire et postérieure. Ce récit ne se trouve pas dans les manuscrits majuscules, A. B. G. L. T. X., en cinquante minuscules, dans l'ancienne version syriaque du Peschito; elle manque également dans la plupart des Pères grecs, Origène, Apollinaire, Théod. de Mopsueste, Cyrille d'Alex., saint' Ghrysostôme , saint Basile, Théophylacte, etc. » — Réponse. En revanche, ce récit se trouve dans plus de cent anciens manuscrits encore existants, entre lesquels on peut compter D. G. H. M. V. Saint Jérôme atteste qu'il le lisait de son temps dans un grand nombre de manuscrits grecs et latins; et il se trouve également dans les manuscrits et éditions des versions arabes, perses, éthiopiennes, slaves, anglosaxonnes, dans l'ancienne italique et dans la Vulgate, dans les institutions apostoliques, dans les œuvres de saint Jérôme, saint Ambroise, saint Augustin, saint Sédulius, saint Léon, saint Pierre Chrysologue, Cassiod., Euthyme, etc.

On ne peut supposer qu'un copiste ait été assez hardi pour oser de lui-même insérer dans le texte sacré une histoire apocryphe et inventée à plaisir, et soit parvenu à faire admettre une telle addition par toute l'Eglise sans aucune réclamation. Une telle supposition n'est pas seulement impie, elle est absurde et matériellement impossible. Saint Augustin, au contraire, nous explique comment cette histoire a pu être retranchée par quelques esprits mal à propos timorés qui craignaient qu'on ne pût abuser des paroles du Sauveur pour excuser et défendre l'adultère, et comment ce retranchement a pu se perpétuer de manuscrits en manuscrits : « Ità ut nonnulli modiœ ftdei, metuentes peccandi impunitatem dari mulieribus suis, illucl quod de adultérai indulgentià Dominus fecit, me ferrent de codicibus suis,

quasi permissionem peccandi trïbiœrit, qui diœit : Jàm deinceps noli peccare. »

Il faut d'ailleurs avoir perdu le goût de ce gui est divin, pour ne pas sentir que cette histoire admirable, noble et touchante, a été écrite par la même plume inspirée qui a tracé l'Evangile attribué à saint Jean. Jamais homme n'a écrit comme cela. — Au reste, pour nous autres catholiques, l'Eglise a tranché la question, lorsqu'au Concile de Trente, elle a déclaré comme faisant partie de la parole de Dieu et de la révélation divine, toutes les parties de l'Ecriture sainte qui se trouvaient dans l'ancienne Vulgate, et, par conséquent, l'histoire de la femme adultère qui en fait partie.

ENSEIGNEMENTS PRATIQUES

J. VIII. v. 1. 2. « Jésus s'en alla sur la montagne des Oliviers. » « Et au point du jour il tint derechef au temple et s' étant assis, il enseignait. » — 11 est souvent nécessaire pour l'homme apostolique de prendre de nouvelles forces dans la retraite et dans la prière, pour se livrer ensuite avec un nouveau courage aux travaux si pénibles du saint ministère.

v. 3. « Les Scribes et les Pharisiens lui amenèrent une femme surprise en adultère. » — Tandis que Jésus passait la nuit en prière, les Pharisiens la passaient à ourdir de nouveaux complots contre lui, et à lui préparer des pièges. C'est bien là le caractère indélébile des faux dévots, aveugles sur leurs propres fautes, toujours prêts à accuser et à condamner les autres.

v. 3-5. « Et la plaçant débout, au milieu du peuple, ils dirent à Jésus : Maître, cette femme vient d'être surprise en adultère. Or, Moïse, dans la loi, nous ordonne de lapider les adultères. Vous donc, que dites-vous ? » — Ce n'est pas l'esprit de Dieu qui nous excite à publier au grand jour, avec bruit et scandale, les fautes et les faiblesses de nos frères : il ne nous inspire pour les pécheurs qu'une tendre compassion qui nous porte à tout faire pour les sauver. En appelant sur la tête de la coupable la rigueur de la loi mosaïque, les Pharisiens violaient le premier commandement, qui nous prescrit d'aimer notre prochain comme nous-mêmes. Le péché impur cherche les ténèbres; il rencontre souvent la publicité et la honte. Quelle confusion et quelles angoisses pour cette pauvre pécheresse, de voir sa honte étalée devant tout le peuple, et de paraître sous le coup d'une accusation capitale en présence de ce Prophète si renommé, dont la sainteté et la pureté étaient si grandes et qui jugeait sans ac-

ception de personnes ! Telle sera et bien plus vive encore notre confusion et notre angoisse, quand nous paraîtrons au tribunal du souverain Juge, et que nos fautes les plus cachées seront dévoilées devant tout l'univers. — Cette femme pécheresse est la figure de l'àme chrétienne qui, unie par la foi à Jésus-Christ son divin époux, l'a trahi et abandonné par le péché mortel, pour devenir l'esclave du démon.

v. 6. « Ils disaient ceci en le tentant, afin de pouvoir l'accuser. » — ( Voy. l'explic). Qu'y a-t-il de plus vil et de plus odieux que de cacher sa haine sous le voile de la justice et du zèle pour la religion, et de dévouer à la mort une malheureuse femme uniquement pour atteindre un innocent? Que découvrons-nous dans la conduite des Pharisiens? a) Un calcul perfide : ils espèrent séduire Jésus-Christ par leurs respects hypocrites ; b) une hideuse hypocrisie ; ce n'est pas la haine du vice, ni le zèle de la loi qui les anime contre la coupable ; leur mobile secret, c'est le désir de faire tomber Jésus-Christ dans leurs pièges ; c) un cœur dur et impitoyable, qui appelle de sang froid la mort sur une femme moins coupable qu'eux; d) une effronterie qui ne rougit de rien : ils osent accuser cette femme d'un crime dont ils sont coupables eux-mêmes; e) une question pleine de malice et de ruse : ils veulent, ou accuser Jésus-Christ devant les Juifs comme prévaricateur de la loi mosaïque, s'il absout la coupable, ou l'accuser devant les Romains, comme violateur de la loi romaine, s'il la condamne; f) un aveuglement incroyable digne de pitié. Ils ne prévoient pas que la double condamnation qu'ils provoquent contre la femme adultère et contre Jésus retombera sur eux-mêmes ; g) un incurable endurcissement : bien que persuadés au fond du cœur de leur propre indignité, ils n'éprouvent aucun sentiment de repentir.

« Mais, Jésus se baissant, écrivit sur la terre avec le doigt. »

— Il écrivait, disent les SS. Pères, les péchés des accusateurs.

— Lorsque nous sommes tentés d'accuser ou de condamner nos frères, rentrons en nous-mêmes ; pensons à nos propres péchés, descendons au fond de notre conscience et voyons si le doigt accusateur de la justice divine n'écrit pas au fond de notre cœur notre propre condamnation. Il n'est point de faiblesse honteuse dont nous ne trouvions le germe en nous-mêmes.

v. 7. « Et comme ils continuaient à l'interroger, Jésus se redressa et leur dit : Que celui de vous qui est sans péché lui jette la première pierre. » — Sentence à jamais admirable et bien digne de Jésus-Christ, où il fait éclater sa sagesse toute divine, sa sainteté, la connaissance qu'il a du secret des cœurs, sa douceur, sa miséricorde par laquelle il évite le piège qu'on lui tend, déconcerte ses ennemis et les couvre de confusion, ménage la loi,

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sauve la femme coupable, confond l'artifice des méchants, sans violer ni la vérité, ni la charité, ni la mansuétude, ni la justice, et s'attire de plus en plus l'admiration, le respect et l'amour du peuple ! Les payens eux-mêmes out reconnu la vérité de cette sentence de Jésus-Christ :« Non est ferendus accusator qui, quod in altero vitium rejpre&encUt, in eo ipso deprehenditur. » (Cic. in Verr.j.

v. 9. « Ayant ouï cette parole, ils sortirent l'un après V antre. » — Puissance irrésistible de la conscience sur les pécheurs les plus endurcis ! Ils sont venus comme accusateurs et comme juges, ils s'en retournent accusés et condamnés. « Et Jésus demeura seul avec la femme qui était là débout • » — « Miseria et misericordia. » (S. Au g.).

v. 10. « Femme, où sont ceux qui vous accusaient? Personne ne vous a-t-il condamnée? Personne, Seigneur, répondit-elle. Jésus reprit : Ni moi non plus, je ne vous condamnerai. Allez et ne péchez plus . » — Oh ! mon Sauveur, c'est bien là ce que j'attendais de vous. Vous, condamner une âme pécheresse humiliée et repentante ! Oh ! loin de nous une pareille crainte. Et moi, Seigneur, me condamnerez-vous ? Je viens aussi à vos pieds, dans la confusion et la douleur, pleurer mes péchés. Le démon, mon accusateur, demande ma condamnation. Mais je sais, ô mon Sauveur, que vous êtes venu pour sauver et non pour condamner ; j'espère donc en votre miséricorde. — La douceur de Jésus n'est pas une complaisance coupable qui tolère le péché, mais une grâce victorieuse qui détruit le péché et qui purifie l'âme. La malice des Pharisiens aboutit en dernier lieu à ramener une brebis perdue entre les mains du Bon Pasteur.

. PROJETS HOMILÉTIQUES.

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