‹ L'évangile expliqué, défendu, méditéChapitre 170 sur 419 · I. Devoirs du Pasteur · texte numérisé non relu

I. Devoirs du Pasteur

Il doit être, à l'exemple de Jésus-Christ :

a) Le pasteur de ses ouailles.

Comme tel, il doit : 4) connaître ses brebis, non pas seulement par leur nom, personnellement, mais connaître leurs inclinations, leurs passions, leurs faiblesses, leurs besoins, les dangers auxquels elles sont exposées, etc. : « Cognosco meas, et cognoscunt me meœ. »

2) Les paître : « Ego sum Pastor. » — « Pascite qui in vobis est gregem Dei (Petr., v, 2). » — Il remplira ce devoir : a) en leur rompant le pain de la parole divine dans ses prédications, ses catéchismes, etc. : « Prœdica, insta opportune, importuné, etc. » — « Non in solo pane vivit homo, sed in omni verbo quod procedit de ore Dei (M1., iv, 4). » — Il doit : aa) annoncer la parole de Dieu dans son intégrité, sa vérité, sans se soucier des vains éloges ou des vaines critiques du monde; bb) combattre les doctrines fausses et pernicieuses : « Sunt multi seductores... quos oportet redargui » (Tit., i, 40, 44). — b) Par le maintien de la discipline ecclésiastique, suivant l'exemple des Apôtres (Act. Apost.. xvi, 4). — c) Par l'administration des sacrements : « Sic nos existimet homo ut ministros Christi, et dispensatores mysteriorum Dei. »

3) Les protéger et veiller sur elles (Act., xx, 28). a) Défendre ses brebis contre les attaques des loups dévorants, tels que les héréti-

2ues, les incrédules, les séducteurs, les hommes de scandale, le émon, etc.; b) les mettre en garde contre les abus, les occasions dangereuses, les périls qui menacent leur salut, etc.

b) Un bon pasteur.

4) Bon en réalité et personnellement, c'est-à-dire : a) exempt de vices : « Oportet episcopum sine crimine esse » (Tit., i 7). — « Ut is qui ex adverso est, vereatur, nihil habensm aluni dicere de nobis » II, 8). — b) Orné de vertus : « Sobrium, prudentem, ornatum, pudiçum, hospitalem, etc. »

J. IX. 39-41. — g LXXX. PARABOLE DU BON PASTEUR. 249

2) Bon pasteur à l'égard de ses ouailles. — Il doit : a) les édifier par son exemple, en s'efforçant d'être le modèle de son troupeau : « Forma facti gregis ex animo{\. Petr., v, 3). » — b) Il doit bénir, consoler, encourager, secourir ses ouailles clans leurs besoins spirituels et corporels. — c) Il doit être toujours prêt, à chaque heure du jour et de la nuit, à répondre à leur appel, sacrifiant ses aises, exposant sa santé, sa vie, s'il le faut, pour venir à leur secours, de sorte qu'il puisse dire avec saint Paul : « Eece paratus sum ventre ad vos... Ego ipse libmtissime impendam, et superimpendar ipse pro animabus vestris » (II Cor., xn, 14, 15).

II. Devoirs des ouailles envers leur pasteur. Elles doivent :

1) Connaître leur pasteur : « Et cognoscunt me meœ, » considérant : a) le pesant fardeau de la charge pastorale, et l'effrayante responsabilité qui y est attachée. — A tant de soins, de peines, de dévouement, elles doivent répondre par l'amour, la reconnaissance, la prière : « Mementote prœpositorum vestrorum, qiai, vobis locuti sunt verbum Dei. » — b) La haute dignité du sacerdoce dont ils sont revêtus. — Le prêtre est le ministre, le représentant de Jésus-Christ, un médiateur entre Dieu et les hommes, etc.. — Elles lui doivent, pour cette raison, le respect et l'obéissance : « Qui benè prœsunt presbyteri duplici honore digni habcantur (I Tim., v, 17). » — c) Que le prê'tre, bien que revêtu d'une si haute dignité, n'est pourtant pas exempt des faiblesses de l'humanité : « Lcx homines constitua sacerdotes infirmitatemhabentes » (Heb., vu, 28). — Elles doivent excuser, supporter avec indulgence ses défauts personnels, qui ne l'empêchent point, malgré tout, d'être le ministre, le représentant de Jésus-Christ.

2) Ecouter sa voix. — a) Suivre avec empressement, avec attention, les instructions pastorales. Ce devoir leur est imposé : aa) par Jésus- Christ lui-même : « Qui vos audit, me audit... qui vos spernit, me spemit (L., x, 16)... » bb) par leur propre intérêt. — Une paroisse qui néglige les instructions de son pasteur, ne tarde pas à tomber dans l'état le plus déplorable... ce) par la nature même des choses... — Le devoir imposé aux pasteurs de prêcher la parole de Dieu implique nécessairement pour les ouailles l'obligation de l'entendre. — b) S'y conformer et la mettre en pratique. — C'est ce à quoi nous obligent : aa) Vobêissance que nous devons à Dieu : « Obedite prœpositis vestris et subjacete eis (Heb., xm, 17); » bb) l'amour et la reconnaissance pour notre pasteur, afin d'alléger son fardeau : « Utcum gaudio hoc faciant et non gementes [Ibid.); » ce) le soin de notre salut et le bien de notre âme : « Beati qui audiunt verbum Dei et custodiunt illud (L., xi, 28). »

3) Pourvoir à sa subsistance. C'est ce à quoi nous oblige : a) le commandement exprès de Dieu : (iv. Mos., 18) « Quis plantât vineam, et de fructu ejus non edit? Quis pascit gregem et de lacté gregis non manducatt (I Cor., ix, 7.) » — « Ità ei ) Dominas ordinavit iis, qui crangelium annuntiant, de evangelio vivere (Ibid., 17). » — b) La loi de la nature : un service en appelle un autre. N'est-ce pas un juste dédommagement pour le ministère si pénible auquel il se dévoue?...

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