I. Comment faut-il entendre cette vérité
1) Si le premier homme n'avait pas péché, le mal serait inconnu sur la terre. — 2) Si les afflictions sont une suite et une punition du péché, elles sont aussi, dans les desseins de la miséricorde divine, un moyen d'expiation pour les pécheurs et de sanctification pour les élus.
— 3) Les plus grands pécheurs ne sont pas toujours les plus éprouvés sur la terre... ; les âmes justes ont aussi leurs épreuves. Les afflictions ne sont donc pas nécessairement la suite de péchés personnels. Si la justice de Dieu s'exerçait sur la terre dans toute sa plénitude, il n'y aurait plus besoin d'une autre vie. ni d'un jugement général : « Putatis quod hi Galilœit »
IL Application de cette vérité.
4) De même que je ne dois pas regarder dans les autres les afflictions comme une preuve de culpabilité, je ne dois pas non plus me considérer comme juste par cela seul que Dieu m'a épargné jusqu'ici.
— 2) Quand nous voyons la main de Dieu s'appesantir si rigoureusement sur nos frères, nous devons nous confondre de ce que Dieu, malgré nos crimes, nous a traités avec tant de ménagement. — 3) Le temps de grâce aura sa fin, peut-être plus tôt que nous ne pensons; hâtons-nous donc de faire pénitence, si nous voulons éviter une perte certaine : « Si pœnitentitnn non egeritis, omnes similiter peribitis. »
b. la justice divine nous invite a une prompte pénitence
I. Par les exemples terribles qu'elle nous offre de morts subites et imprévues.
Ces exemples sont : 4) fréquents : « Nuntiantes illide Galilœis, quorum sanguinem Pilatus miscuit. » — « Sicut Mi decem et octo, suprà quos cecidtl iurris in Siloé. » — Tous les jours, nous les voyons se renouveler, et ils ne nous touchent pas. — %) Effrayants, — Un moment peut décider de l'éternité. — Voudrais-je mourir en l'état où je suis?
— 3) Instructifs. — Ce qui arrive aux autres peut m'arriver à moimèrae. Je veux vivre de manière à ne jamais craindre la mort : « Nisi pœnitentiam egeritis, omnes similiter peribitis. »
II. Par les importantes vérités que Jésus-Christ nous met sous les yeux.
Il nous rappelle : 1) les innombrables bienfaits dont Dieu nous a comblés : « Arborem fici habebat quidam plantatam in vineâ sua. » Dieu nous a fait naître au sein de son Eglise..., nous a prodigué tous les moyens de salut. — 2) Notre ingratitude envers Dieu : « Venit quœrens fructum in Ma, et non invenit. » — Où sont les fruits de salut que nous avons portés, les bonnes œuvres que nous avons faites, les vertus que nous avons pratiquées? — 3) La patience admirable de Dieu à notre égard : « Ecce anni très sunt ex quo venio, quœrens fructum. » — Ces trois années représentent la jeunesse, l'âge mûr, la vieillesse. — Voilà dix., vingt, trente ans, etc., que Dieu me supporte.
— Où en serais-je s'il m'avait frappé en telle ou telle circonstance?... à mon premier péché? — 4) La justice redoutable de Dieu et sa légitime indignation : « Succide ergo illam, nt quid terram occupât? » Voudrais-je la pousser à bout? — 5) L' intercession miséricordieuse de Jésus-Christ, de la Sainte Vierge, de nos saints patrons, des saints anges, des pasteurs de nos âmes : « Domine, dimitte illam et hoc anno. » — Quel cœur ai-jc donc, si je suis insensible à tant d'amour?
— 6) Le dernier terme de la patience divine ; « Sin aatem, in futurum succides eam. » — La colère de Dieu sera d'autant plus terrible que nous aurons plus abusé de sa patience. — Peut-être ce dernier terme est-il arrivé pour moi? — Peut-être la justice divine, poussée à bout, va-t-elle frappor son dernier coup ?