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PARABOLE DES OUVRIERS DANS LA VIGNE

(Mt. xx, 4-16. — Evangile pour le dimanche de la Septuagésime.

Jésus avait terminé la parabole précédente par ces paroles : « Beaucoup de ceux qui avaient été les 'premiers seront les derniers, et ceux qui avaient été les derniers seront les premiers. » Il voulait, parla, confondre l'orgueil des Juifs, qui -s'autorisaient de leur descendance d'Abraham pour se croire le seul peuple élu et favorisé de Dieu, le seul peuple appelé aux bénédictions messianiques, et leur faire entendre que les publicams et les gentils, si méprisés par eux. les précéderaient dans le royaume messianique, et qu'eux-mêmes n'y seraient appelés, comme corps de nation, qu'A la fin dos temps, lorsque l'Evangile aurait été annoncé a toutes les nations, Il répandu un nouveau jour sur cette vérité par la parabole suivante :

« Le royaume des deux, » l'administration du royaume de Dieu, « est semblable » peut être comparée à celle « d'un père de famille qui sortit dès la première aube du jour, afin de louer des ouvriers pour sa vigne. Il convint avec eux d'un denier (environ 75 c. ou 1 fr.) par jour » (c'était alors le prix ordinaire de la journée d'un homme), « et il les envoya à sa vigne. »

« Vers la troisième lieure » du jour (a), c'est-à-dire, suivant notre manière de compter actuelle, environ vers neuf heures du matin, « le père de famille sortit de nouveau » pour aller visiter ses ouvriers, et s'assurer de leur assiduité au travail. En traversant la place publique « il aperçut d'autres ouvriers qui s'y tenaient sans rien faire; » (dans les villes agricoles de la Judée, ceux qui cherchaient de l'ouvrage se réunissaient sur la place publique afin que ceux qui pouvaient avoir besoin d'eux pussent les trouver) « et il leur dit: Allez, vous aussi, à ma vigne, et ce qui sera juste, je vous le donnerai. Ils obéirent, » et se joignirent aux premiers ouvriers. « II sortit vers la sixième et vers la neuvième heure, » à midi et vers les trois heures, « et il fit la même chose. Enfin, étant sorti vers la onzième heure, » vers les cinq heures de l'après-midi^ la dernière heure du jour et du travail, « il en trouva d'autres encore qui étaient oisifs, et il leur dit : Pourquoi restez-vous là

Mt. XX. t. Simile est regnum cœlorum homini patri familiâs, qui exiit primo mane conducere operarios in vineam suam. — 2. Conventions autem factâ cum operariis ex denario diurno, misit eos in vineam suam. — 3. Et egressus circà horam tertiam, vidit alios stantes in foro otiosos. — 4. Et dixit illis : Ite et vos in vineam meam, et quod justum fuerit dabo vobis. — 5. Illi autem abierunt. Iterùm autem exiit circà sextam et nonam horam, et fecit similiter. — 6. Circà undecimam vero exiit, et invenit alios stantes, et dicit illis : Quid hic statis

(a) Les Juifs, à l'instar des Romains, divisaient le jour, aussi bien que la nuit, en douze heures d'une durée inégaie, suivant l'inégale durée des jours euxmêmes, inégalité moindre en Palestine que dans nos climats situés plus au Nord : les plus longs jours étaient de quatorze heures douze minutes, les plus courts, de neuf heures quarante-huit minutes. — Ils partageaient aussi le jour et la nuit en quatre parties, dont chacune comprenait trois heures. La troisième heure, ou la neuvième heure du matin, était celle où la place publique commençait à se remplir de monde, pour la provision de la journée.

tout lejoîcr, sans rien faire? — Parce que personne ne nous a loués, répondirent-ils. Le chef de famille reprit .-Allez aussi, vous autres, dans ma vigne. » Bien qu'il soit tard, faites ce que vous pouvez, vous ne perdrez point vos peines. Et ils partirent, comme ceux qui les avaient précédés, pour la vigne.

« Le soir venu, le maître » de la vigne, « dit à son régisseur : Appelez les ouvriers, et payez-les, en commençant par les derniers venus, et finissant par les premiers. Ceux donc qui étaient venus vers la onzième heure s'approchèrent, et chacun d'eux reçut un denier. Les premiers » qui avaient travaillé tout ïe jour, « s'approchèrent à leur tour. » Voyant la libéralité du père de famille, « ils pensaient qu'eux aussi, ils recevraient plus qu'on ne leur avait promis, » et qu'il ne leur était strictement dû ; « mais il reçurent aussi chacun un denier. Or, en le recevant, ils murmuraient contre le père de famille, disant : Ces derniers ont travaillé » à peine « une heure, et vous les égalez a nous, qui avons porté le poids du jour et de la chaleur? » Gela n'est pas juste : chacun doit être payé en proportion de son travail.

« Mais, répondant à l'un d'eux, » à celui qui parlait au nom de ces murmurateurs : « Mon ami, » lui dit le père de famille, vous avez tort de vous plaindre, car « je ne vous fais point de tort. N'êtes-vous pas convenu avec moi d'un denier? Prenez ce qui vous revient, et allez-vous-en. » Pour moi, « il me plaît de donner à ce dernier autant qu'a vous. Est-ce qu'il ne m'est pas permis de faire ce que je veux de mon lien? » Est-ce

tota die otiosi? — 7. Dicunt ci : Quia nemo nos eonduxit. Dixit illis ; Ite et vos in vineam meam. — 8. Cùm serb autem factum esset, dieit Dominus vineae procuratori suo : Voca operarios, et redde illis mercedem, incipiens à novissimis usque ad primos. — 9. Cùm venissent ergo qui circa undeciinam horam vénérant, acceperunt singulos denarios. — 10. Venientes autem et primi, arbitrati sunt quod plus essent accepturi : acceperunt autem et ipsi singulos denarios. — 11 . Et accipientes murmurabant adversùs patrem familiâs, — 12. Dicentes : Hi novissimi unâ horà fecerunt, et pares illos nobis fecisti, qui portavimus pondus diei et a^stùs. — 13. At ille respondens uni eorum, dixit : Amice, non facio tibi injuriam : nonne ex denario convenisti mecum? — 14. Toile quod tuum est, et vade : volo autem et huic novissimo dare sicut et tibi. — 1o. Aut non licet mib.i

que je ne suis pas libre dans mes dons? Est-ce que je vous fais tort, en donnant aux autres ce qu'il me plaît? « Votre œil doit-il être mauvais (5), parce que je suis Ion? » faut-il que vous portiez un œil d'envie et de jalousie contre votre frère, parce qu'il me plaît de lui faire du bien ?

« C'est ainsi, » conclut Jésus-Christ, « que les derniers seront les premiers , et les premiers seront les derniers; car beaucoup sont appelés, mais peu sont élus. »

L'explication de cette parabole offre de nombreuses difficultés, que les commentateurs ne parviennent pas toujours à applanir. — Que représente la vigne du père de famille? — Est-ce l'Eglise, le royaume de Dieu,, l'Evangile ou la loi mosaïque ? Toutes ces explications ont leurs défenseurs., et en môme temps, leurs difficultés. Que faut-il entendre par les diverses heures du jour où le père de famille appelle ses ouvriers? — L'opinion la plus commune est celle d'Origène, d'après laquelle il faudrait entendre par là les diverses époques de la loi mosaïque, Noé, Abraham, Moïse., les prophètes, etc.. Mais ceci ne nous explique pas comment les premiers appelés ont pu se plaindre de porter tout le poids du jour et de la chaleur, puisqu'après tout, ceux qui furent appelés dans les premiers temps n'avaient pas une plus longue carrière à parcourir, un plus lourd travail à supporter, que ceux qui vécurent après eux. — D'autres, avec saint Chrysostôme, y voient l'emblème des divers âges de la vie humaine, l'enfance, la jeunesse, l'âge mûr et la vieillesse, ce qui n'est pas non plus sans difficultés. Que désigne le denier du père de famille? — Suivant l'explication la plus commune, il serait le symbole de la béatitude céleste. Cette béatitude, dit saint Augustin, est égale dans son essence,

quod volo facere? an oculus tuus nequam est, quia ego bonus sum? — 46. Sic erunt novissimi primi, et primi novissimi : multi enim sunt vocati, pauci verb electi.

(b) L'œil mauvais, locution hébraïque qni signifie l'œil envieux, la jalousie. On la retrouve quelquefois avec ce sens dans les auteurs grecs et latins.

M1. XX. 1-16. — § XCVII. LES OUVRIERS DE LA VIGNE. A'Jl

bien qu'inégale dans le degré où chacun y participe ; elle consiste dans la possession du souverain bien, et apaise tous les désirs. Voilà qui est bien; mais ceci ne nous explique pas le murmure des premiers appelés; on ne murmure pas dans le ciel, on n'y envie pas le sort de ceux qui sont plus élevés en gloire, et chacun est content de la place que Dieu lui a assignée. Et puis, comment Jésus a-t-il pu conclure de là qu'il y a beaucoup d'appelés, et peu d'élus, puisque tous sont élus, tous reçoivent la récompense promise ou la béatitude céleste? — Faut-il ne voir dans ce denier, avec quelques interprètes protestants, que le symbole de la récompense temporelle, que Dieu accorde à ceux qui le servent? mais cette récompense n'est ni égale ni assurée pour tous ; et le serviteur de Dieu ne travaille pas pour une récompense temporelle; et puis cette explication n'a aucun rapport avec la conclusion de la parabole. Que faut-il entendre, enfin, par cette sentence, il y a beaucoup d'appelés, et peu d'élus?... faut-il l'appliquer seulement au peuple juif, ou à l'humanité en général? faut-il admettre l'explication de quelques protestants (Meyer, par exemple), qui veulent entendre par là ceux qui sont appelés à une récompense particulière, à une place privilégiée dans le royaume de Dieu?... Ce serait entièrement méconnaître le sens de la parabole. Enfin, quel dut Jésus-Christ s'est-il proposé, en donnant cette parabole? — A-t-il voulu simplement nous enseigner cette vérité morale, que Dieu est entièrement libre dans les distributions de ses grâces, et qu'il les donne à qui lui plaît ; ou bien, a-t-il voulu nous dépeindre dans un tableau symbolique Yliistoirc, du peuple juif par rapport au royaume messianique?

Nous sommes de ce dernier sentiment, et voici, selon nous, l'application véritable de la parabole précédente.

Le père de famille, c'est Dieu; la vigne, les œuvres de la loi, l'accomplissement de la loi de Dieu dans le sens de la loi mosaïque. La place publique, c'est le monde, dans le sens biblique, le monde incrédule, corrompu, éloigné de Dieu, les ouvriers sans ouvrage, sont les pécheurs dans l'état du péché; Yiuri/tuio/i du père

de famille, c'est la vocation divine; le régisseur, c'est Jésus-Christ ; le denier promis en récompense du travail de la journée, c'est le royaume messianique, dans le sens de l'Evangile. Recevoir le denier, signifie écouter la prédication évangélique et l'accueillir, croire en Jésus-Christ, et entrer dans son royaume. Les diverses heures où sort le père de famille, désignent les diverses périodes de la vie dans lesquelles s'est fait entendre la voix de Dieu,, qui appelle les hommes à le servir par l'accomplissement de la loi divine. Un grand nombre ont suivi cet appel dès leur plus tendre jeunesse, comme le jeune homme riche et les pharisiens. Ceux qui sont appelés plus tard, sont les pécheurs qui se convertissent, soit à la troisième heure, comme Matthieu, à la sixième., comme Magdeleine, à la neuvième, comme Zachée, ou à la onzième heure, comme le bon larron. Il est bon de remarquer que la masse des ouvriers dut être appelée à l'heure ordinaire du travail, c'est-à-dire dès le commencement du jour, et que quelques-uns seulement furent appelés aux autres heures de la journée. Les premiers désignent la masse du peuple juif, observateur de la loi, et à qui le denier, c'est-àdire, la participation du royaume messianique, est promis, comme prix de leur travail, comme récompense de l'observation fidèle de la loi; les autres désignent les pécheurs convertis, suivant la parole de Jésus- Christ : « Les publicains et les femmes publiques tous précéderont dans le royaume de Dieu. » — La douzième heure, est l'heure de la prédication évangélique, l'heure où Jésus invite les Juifs et les pécheurs à recevoir le denier, à entrer dans le royaume messianique, à faire partie de l'Eglise de Jésus-Christ. Lorsque les Pharisiens virent qu'on ne leur offrait pas plus à eux, si fiers de leur justice, qu'aux Publicains et aux pécheurs, qne Jésus, loin de les repousser, semblait les rechercher de préférence à eux-mêmes, qu'il se disait venu sur la terre pour chercher et sauver les pécheurs, ils furent indignés, et ils murmurèrent; ils méprisèrent le don qu'on leur offrait, et s'en allèrent mécontents. C'est ainsi que « les derniers furent les premiers, et les premiers furent les derniers ; » qu'une partie seulement du peuple juif

se convertit à la voix de Jésus-Christ,, et que la masse persista dans l'endurcissement et l'impénitence. Le denier, cependant, malgré leurs murmures, ne leur sera pas refusé, mais ils ne le recevront qu'après tous les autres. Les Gentils prendront la place des Juifs incrédules et endurcis ; ils seront admis les premiers dans le royaume messianique et ce ne sera qu'à la fin des temps, que la nation juive se convertira à la lumière de l'Evangile.

ENSEIGNEMENTS PRATIQUES

M*. XX. v. 1. « Le royaume des deux est semblable à un père de famille qui sort à la première aube du jour, afin de louer des ouvriers pour sa vigne. » — Application morale. Le père de famille de la parabole c'est Dieu, le père de la grande famille qui compose le genre humain, dont il s'occupe toujours. La vigne où il nous appelle à travailler, c'est son Eglise, qui est le royaume du ciel, parce que Dieu y est connu, adoré, craint et aimé, et qui est en même temps une vigne, parce que c'est un lieu de travail, où personne ne doit rester oisif. C'est encore notre âme en particulier que nous devons cultiver, pour y faire germer les vertus chrétiennes, ha, journée de travail, c'est toute la vie présente, qui n'est qu'un jour très-court, comparée à l'éternité.

v. 2. « Or, étant convenu avec les ouvriers d'un denier par jour, il les envoya à sa vigne. » — Le denier que le Père de famille nous promet pour récompense, c'est la béatitude céleste, la possession de Dieu lui-même, égale pour tous, du moins dans son essence, puisqu'elle est infinie. — Que ce que Dieu demande de nous est peu de chose, si nous le comparons à la magnifique récompense qu'il nous réserve ! — «Il les envoya travailler 'à sa vigne. » — En quoi consiste ce travail? — Il consiste, a) à ôter les pierres et les mauvaises herbes qui épuisent la terre, en d'autres termes, à ôter de noire àme les péchés, les vices, les mauvaises habitudes, l'orgueil, l'avarice, l'amour des plaisirs, etc. ; — b) à bêcher, labourer profondément la terre, afin que les racines puissent la percer facilement et que les pluies du ciel puissent la pénétrer; c'est-à-dire, à secouer fortement notre conscience endurcie et insensible, afin que la grâce divine puisse pénétrer notre cœur, et y faire sentir sa divine influence; — c) à planter ou provigner les ceps de vigne, c'est-à-dire, à planter dans notre cœur les trois vertus théologales, la foi, l'espérance et la charité, d'où doivent sortir les autres rejetons des Dehact. L'Evang.— T. III. 37

vertus chrétiennes; — d) à effeuiller, ébourgeonner, tailler le cep, afin que les branches inutiles ne détournent pas à leur profit la sève qui doit faire croître et mûrir le raisin ; c'est-à-dire, à retrancher, par la mortification chrétienne, les soucis inutiles et exagérés pour la vie présente, afin que l'ânie puisse employer toute son application et tous ses efforts à la grande et importante affaire de son' salut; — e) à attacher le cep de vigne aux échalas, afin qu'il ne tombe pas à terre, ou qu'il ne soit pas emporté ou brisé par le vent; c'est-à-dire, à attacher fermement notre âme, par le lien de la foi et de la confiance, à Notre-Seigneur Jésus- Christ, et à la colonne inébranlable de l'Eglise catholique, afin qu'elle puisse surmonter les orages du doute, des tentations et des persécutions; — f) à entourer la vigne d'une haie forte et vive, qui puisse la défendre contre les violences et les irruptions des bêtes sauvages ; c'est-à-dire, à veiller sur notre âme et à recourir à la prière pour la défendre contre les attaques de ses ennemis acharnés : le monde, la chair et Satan. — Devoir du travail. — Sur quoi il s'appuie ? — Comment on doit travailler? — Comment rendre son travail saint et méritoire?

v. 3. « Et étant sorti de nouveau vers la troisième heure. » — Les heures diverses auxquelles le Père de famille invite les ouvriers sont les différents âges de notre vie où Dieu nous appelle à son service : l'enfance, la jeunesse, l'âge mûr, la vieillesse. A quelle heure avons-nous commencé à servir Dieu? — Quelle heure est-il maintenant pour moi?.. Peut-être, quoique jeunes, sommes-nous à la dernière heure. — Commençons donc, quelque heure qu'il soit, à travailler sérieusement, et ne différons pas. Nous n'avons été que trop longtemps oisifs.

— « Pourquoi Ues-vous ici tout le jour sans rien faire? » — Il faut concevoir une salutaire horreur du vice de l'oisiveté. — a) L'homme est né pour le travail, et celui qui ne travaille pas n'est pas un homme et ne mérite pas de vivre; b) tout travaille sur la terre et au ciel; c) l'oisiveté engendre la pauvreté, la pauvreté affaiblit le corps et le dispose aux maladies; d) l'oisiveté ne nuit pas seulement au corps, mais encore à l'âme, parce qu'elle est la mèi»e de tous les vices; e) l'homme oisif et paresseux devient un membre inutile à la société, et ne paie pas sa dette envers elle ; /) le paresseux perd la chose la plus précieuse qu'il soit au monde : le temps; g) l'Ecriture est pleine de menaces contre l'oisiveté. — Motifs de lien travailler. — a) L'exemple de Dieu lui-même, et du divin Sauveur; V) le commandement exprès de l'Evangile, qui défend l'oisiveté, et ordonne de faire de bonnes œuvres; c) les occasions que Dieu nous ménage de faire le bien ; d) la nécessité de profiter de la grâce, d'expier nos fautes, de remplir les devoirs de notre profession,

d'acquérir la science, la foi et les autres vertus; e) les récompenses que Dieu a promises au travail. —Il y a plusieurs maniérés d'être oisif : a) ne rien faire, h) faire autre chose que ce que Ton doit faire, c) mal faire ce que l'on fait.

v. 6. « Enfin, étant sorti vers la onzième heure, il en trouva d'autres, etc. » — On n'e \ en aucun temps de travailler

à son salut. — Quand bien même nous serions arrivés au soir de notre vie, à la dernière heure, ne nous désespérons pas pour cola. Nous pouvons encore obtenir la récompense promise aux élus...; mais, ne remettons pas au lendemain. — Travaillons tandis qu'il fait jour, bientôt la nuit viendra où nous ne pourrons plus rien faire.

v. 8. « Le soir étant venu, le maître de la vigne dit à son intendant : » Le soir désigne le moment de la mort, l'heure où Dieu nous citera devant lui, pour lui rendre compte de notre travail, pour nous récompenser ou nous punir. — Il faut travailler toute la journée et jusqu'au soir, c'est-à-dire, toute la vie et jusqu'à la moi t. Tout est travail devant Dieu, l'action, la souffrance, la maladie et le repos même, quand la nécessité et l'ordre de Dieu nous l'imposent.

«Appelez les ouvriers et paye:-les. » — Nous devons rendre à chacun ce qui lui est dû et ne pas retenir injustement le salaire de l'ouvrier,

v. 11. « En le recevant, ils murmurèrent. » — Il nous arrive souvent de murmurer contre Dieu et contre les. hommes. — 1) Sources de ces murmures. — a) L'intérêt, li) l'orgueil, c) l'envie.

— 2) Caractères de ce défaut. — a) Il est le signe d'une faible vertu, hj il est un acheminement aux fautes graves.

v. 15. « Est-ce qu'il ne m'est pas permis de faire ce que je veux? » — Dieu est le maître de répandre ses dons et ses faveurs sur qui il lui plaît ; il ne doit rien à personne. — Justice divine : Dieu donne à chacun ce qui lui est dû. — Bonté divine ; il donne à chacun plus qu'il ne mérite. — « Et votre ceil est-il ma» rais parce que je suis bon? » — L'envie est un vice odieux. C'est an péché, 1) contre Di un outrage fait, a) à la

toute-puissance divine. b) à la justice divine, c) à la bonté divine — 2) contre le prochain. — a) Il détruit la charité fraternelle; b) il conduit à de graves injustices ; c) il est une source d'aigreur, de haines, de dissensions, etc. — 3j contre soi-même.

— L'envieux, a) se rend malheureux du bonheur des autres, b) se rend odieux et méprisable, c) attire sur soi la vengeance divine.

v. 16. « Ainsi, les derniers seront les premiers, et les premiers les derniers. » — Dieu te plaît à humilier les superbes et à exulter les humbles. — Car beaucoup sont appelés, m :is peu sont

élus. » — Vérité effrayante, bien capable de détruire une confiance présomptueuse ! — Avons-nous l'espérance fondée d'être de ce petit nombre ? Faisons-nous ce qu'il faut uour cela V

PROJETS HOMILÉTIQUES.

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